France télévisions : une éditorialiste compare Eric Ciotti à Mussolini

Publié par Matthieu Chauvin
le 16/03/2026
Nathalie Saint-Cricq
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© Urman Lionel/ABACA
Le dérapage de Nathalie Saint-Cricq lors de la soirée électorale des municipales 2026 marque un tournant pour l'éditorialiste de France Télévisions. Elle a été suspendue une semaine en attendant de connaître son sort.

Le 15 mars 2026, la tension était palpable sur les plateaux de télévision pour le premier tour des élections municipales. Alors que les projecteurs étaient braqués sur les résultats de Nice, une phrase murmurée en coulisses a suffi à provoquer un séisme médiatique. Une figure emblématique du commentaire politique s'est retrouvée prise au piège de son propre micro.

Les coulisses d'un dérapage retentissant

L'incident s'est produit en plein direct sur FranceInfo. Pensant son micro éteint, Nathalie Saint-Cricq a réagi à la première place d'Éric Ciotti, le candidat UDR, allié du Rassemblement National en lâchant un laconique "Alias Benito", comme le rapporte Le Parisien. Un silence pesant s'est immédiatement abattu sur le plateau, tandis que la séquence s'embrasait sur les réseaux sociaux. 

Consciente de la gravité de son écart, la journaliste, qui est pourtant réputée pour ne pas être particulièrement ancrée à gauche, contrairement à la plupart de ses collègues de l'audiovisuel public, a rapidement présenté ses excuses en plateau. "J’ai tenu tout à l’heure à l’antenne des propos qui étaient inappropriés et déplacés, qui relèvent d’un manque de discernement de ma part", a-t-elle déclaré un peu plus tard, toujours en direct. Sa direction a fait de même sur X (ex-Twitter).

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Une sanction immédiate pour préserver la neutralité

La réaction de la direction ne s'est pas fait attendre. Dès le lendemain, l'éditorialiste a écopé d'une suspension d'antenne d'une semaine, révèle nos confrères, la privant de pouvoir commenter le second tour. Cette mise au point intervient dans un climat particulièrement inflammable. En septembre 2025, Éric Ciotti réclamait déjà "une commission d’enquête sur la neutralité de l’audiovisuel public", souligne la RTS. Celle-ci, démarré le 28  octobre, est toujours en cours, menée par son président Jérémie Patrier-Leitus (Horizons et Indépendants – député de la 3e circonscription du Calvados) et son rapporteur Charles Alloncle (Union des droites pour la République – député de la 9e circonscription de l’Hérault.

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Le piège redoutable du micro ouvert

Sur les plateaux, la routine pousse parfois les experts à oublier la vigilance technique. Pourtant, Delphine Ernotte rappelait en décembre 2025 que l'impartialité reste une "exigence absolue", précise La Gazette France. Ce faux pas fragilise considérablement l'éditorialiste star du groupe.

Elle venait à peine de traverser une lourde polémique autour du "vote musulman", qui avait généré une pétition de 16 000 signatures, rappelle TRT Français. L'usage du surnom "Benito", renvoyant directement à Mussolini, réveille par ailleurs un lourd passif médiatique. Dans la presse française, ce type de comparaison historique a souvent mené à des contentieux judiciaires épineux pour les chaînes.

Un avenir en suspens pour la star du commentaire

Cette affaire laisse des traces profondes sur l'image de la journaliste. Pour de nombreux observateurs, cette sortie en coulisses illustre une "totale partialité", estime Entrevue. La situation s'avère d'autant plus paradoxale qu'elle avait été propulsée directrice de la rédaction nationale par intérim en mars 2025, mentionne Libération.

Les spécialistes de la communication s'interrogent désormais sur sa capacité à incarner le visage du service public. La confiance des téléspectateurs reste une mission sérieusement compromise par cette sortie sans filtre.

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