Alain Juppé, ancien candidat malheureux à la primaire de la droite, a récemment complimenté la politique européenne d’Emmanuel Macron et évoqué une liste commune. Si ce rapprochement est loin de surprendre, il recèle plusieurs avantages. 

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence, le monde politique français n’a toujours pas retrouvé le nord de sa boussole. Avec son puissant mouvement En Marche et sa politique du ni droite, ni gauche, Emmanuel Macron a "disrupté" les modes de lecture classique, et certains comptent bien en profiter, dont Alain Juppé.

Le maire de Bordeaux, en marge d’un déjeuner, a récemment fait les éloges du nouveau président de la République, saluant sa politique européenne et envisageant même un grand mouvement avec La République en Marche pour les élections européennes de mai 2019. Des déclarations rapportées notamment par Le Figaro. Rapidement, Alain Juppé a tenu à apporter quelques clarifications, mais le ton est donné.

 

  

De ton, Alain Juppé marque surtout sa différence et sa prise de distance avec sa famille Les Républicains. L’édile ne cache plus depuis quelques semaines son hostilité à la ligne de Laurent Wauquiez, donné gagnant pour prendre la tête de LR. Ce dernier a d’ailleurs réagi assez rapidement et jugé que l’idée d’une liste commune était "une erreur", ainsi que la rapporte La Dépêche.

Interrogé, par Le Figaro, le journaliste David Desgouilles estime qu’Alain Juppé songe peut-être à briguer des responsabilités au sein de l’UE. "Alain Juppé se voit-il tête de liste? Guigne-t-il par ce biais un rôle dans les institutions européennes - présidence de la Commission, présidence du conseil européen? Peut-être. Il doit lui être désagréable aujourd'hui de voir ses partisans promus tandis qu'il est resté à quai à Bordeaux", assure-t-il.

Engranger des soutiens

Du côté du gouvernement, les déclarations d’Alain Juppé ne peuvent être vues que de manière positive. En continuant à diviser aussi bien à gauche qu’à droite, Emmanuel Macron affaiblit l’opposition à La République en Marche.

Si pour l’instant, les proches du maire de Bordeaux assurent qu’il n’est pas question de rejoindre le parti de la majorité présidentielle, certains dans l'entourage du président assurent que la dynamique n’est pas prête de s’arrêter. "Sa réserve est à droite, pas à gauche. Raffarin et Bussereau vont s'engouffrer. Et ça va obliger Bertrand et Pécresse à bouger", assure un habitué de l’Elysée dans Le Parisien.

Outre Emmanuel Macron, les élections européennes s’annoncent comme un bon exercice pour LREM. La formation qui ne dispose actuellement que d’une majorité à l’Assemblé nationale, pourra s’implanter encore un peu plus en France et espérer former un groupe au parlement de Strasbourg. Une alliance avec certains membres de la droite serait alors un avantage.

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Enfin, un large plébiscite aux européennes permettra à LREM d’engranger pour les municipales, où la formation politique devra prouver qu’elle est notamment capable de s’emparer de grandes villes.

Vidéo : Juppé se rapproche de Macron : ira-t-il jusqu'à faire listes communes aux européennes ?

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