Nantes : agression sexuelle d'une professeure par un élève de 12 ans
La rentrée scolaire s'ouvre sous une vive tension dans le quartier Bellevue à Nantes. Deux mois après l'agression violente subie par une professeure au sein de l'établissement, le personnel éducatif dénonce l'absence de réaction de sa hiérarchie. Face à ce blocage, les agents ont décidé d'engager un bras de fer avec les autorités administratives.
Un préavis de grève pour le 8 septembre : le personnel du collège La Durantière pose un ultimatum
L'équipe éducative du collège La Durantière a formellement déposé un préavis de grève pour la journée du mardi 8 septembre 2026. Réunis en assemblée générale, les enseignants de cet établissement nantais entendent dénoncer la dégradation continue de leurs conditions de travail et le manque de sécurité au quotidien. Les personnels ont fait le choix de rendre publics les faits survenus en fin d'année scolaire précédente afin d'alerter sur une situation devenue intenable.
"Ça fait quand même un moment qu'on alerte sur cette tension et sur les incidents. On avait peur de l'incident majeur. Et il est arrivé", témoigne une enseignante de l'établissement, citée par Le Figaro.
Cette mobilisation fait suite à une lettre envoyée le 3 juillet au ministère de l'Éducation nationale pour demander des mesures de protection immédiates. Ce courrier est resté sans la moindre réponse. "On était persuadé qu'on aurait des réponses, compte tenu de la gravité de l'agression", déplore Sylvain Marange, co-secrétaire départemental du SNES-FSU, auprès du quotidien.
Enquête judiciaire et revendication du statut Rep+ : les racines d'une crise annoncée
L'agression s'est produite le 22 juin dernier dans l'enceinte du collège. L'auteur des faits est un élève âgé de 12 ans, ce qui encadre strictement la réponse judiciaire applicable. Comme l'a indiqué le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, le collégien ne peut faire l'objet de poursuites pénales avec détention en raison de son âge, mais a été placé sous le régime de la retenue pour des investigations et des mesures éducatives adaptées. La victime s'est vue délivrer une incapacité totale de travail (ITT) de 10 jours et bénéficie d'un suivi psychologique.
Sylvain Marange, professeur d’histoire-géographie et secrétaire départemental du syndicat SNES FSU explique à RMC: "C’est un élève qui manifestement avait prévu son acte puisqu’il est remonté dans la classe après la période de cours. Cette agression était d’une brutalité extrême. Ma collègue s’est vue mourir.”
Sur BFM TV Antoine Leroy a narré le déroulé des faits terrifiants : "Le jeune, seul dans la classe avec sa professeure, qui était assise, lui a proposé un massage, ce qu'elle évidemment refusé ; il a alors, par l'arrière, placé les mains sur les seins de l’enseignante, en lui passant ensuite les bras autour du cou et en lui mettant la tête contre le bureau; aux cris de l'enseignant, celui-ci a arrêté."
Pour la communauté scolaire, cet acte illustre l'épuisement d'un collège qui réclame depuis 7 ans son intégration dans le dispositif d'éducation prioritaire renforcé (Rep+). L'établissement, qui accueille 350 élèves, fonctionne actuellement sous le régime REP standard. Un passage en Rep+ permettrait de diminuer le nombre d'élèves par classe, de fidéliser les équipes grâce à des revalorisations financières et d'obtenir des postes supplémentaires.
Les enseignants réclament l'affectation immédiate d'assistants d'éducation, de surveillants et de professionnels médico-sociaux pour assurer la prévention des violences scolaires et garantir la sécurité des personnels de l'État.
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