Un maire menacé de mort par la DZ Mafia et mis sous protection policière

Publié par Matthieu Chauvin
le 17/07/2026
Enveloppe balle
Istock
Le maire d’Alès, Christophe Rivenq, a été placé sous protection policière renforcée après la découverte de tags explicites de mort signés par le gang marseillais de la DZ Mafia.

La tension est montée d'un cran dans le département du Gard face à l'influence grandissante du narcotrafic. Confronté à une tentative d'intimidation inédite, le ministère de l'Intérieur a répondu par l'envoi massif de forces de l'ordre pour quadriller la commune et rassurer la population. Cette situation met crûment en lumière le basculement préoccupant des villes moyennes, désormais dans le viseur des réseaux criminels de grande envergure.

Alès sous protection après des menaces directes contre son maire

Ces dernières 48 heures ont plongé la municipalité de près de 46 habitants dans la stupeur. Des tags explicites et de violents messages d'intimidation ciblant personnellement Christophe Rivenq ont été découverts sur les murs de son dimicile. Fait particulièrement inquiétant pour les enquêteurs, ces inscriptions portent clairement la signature de l'organisation criminelle marseillaise. 

Pire, il a reçu chez lui un courrier signé "DZ Mafia" contenant deux balles de calibre 9 mm. En réponse immédiate, un dispositif de sécurité exceptionnel a été activé. Les forces de police locales, appuyées par les services spécialisés de l'État, assurent désormais une protection rapprochée du premier magistrat d'Alès.

Tweet URL

Afin de saturer l'espace public et d'étouffer les points de deal identifiés, une compagnie de CRS a été déployée en urgence sur le terrain. Selon la presse locale, ces unités d'intervention quadrillent avec insistance les quartiers prioritaires tels que Les Cévennes ou encore le secteur sensible des Prés-Saint-Jean. L'édile, de son côté, refuse catégoriquement de courber l'échine.

Vous avez aimé cet article ?

Interrogé par les médias locaux, l'entourage du maire relaie sa fermeté : "On ne reculera pas, on ne peut pas laisser une bande de voyous terroriser une ville et ses élus." La préfecture soutient cette fermeté, soulignant par voie de communiqué que le préfet du Gard garantit un "Soutien total et indéfectible au maire d'Alès et mobilise tous les moyens nécessaires pour identifier les auteurs."

Tweet URL

Pourquoi la puissante DZ Mafia cible la ville d'Alès

Cette offensive spectaculaire illustre la détermination de la DZ Mafia à asseoir son emprise en dehors de la cité phocéenne. Selon les experts de la police judiciaire cités par Le Figaro, le gang marseillais déploie une stratégie d'expansion agressive. La méthode consiste à s'emparer de nouveaux territoires dans le sud de la France pour écouler la drogue en toute tranquillité et faciliter le blanchiment de l'argent sale. 

La commune gardoise possède une position géographique très convoitée. Nichée à un carrefour entre Nîmes, Montpellier et le Massif central, Alès s'impose comme une plaque tournante logistique redoutable pour la redistribution des stupéfiants.

Cibler directement un élu républicain marque néanmoins un nouveau palier dans la stratégie de la terreur de ces réseaux. Les traditionnelles vendettas entre bandes rivales laissent progressivement place à une intimidation frontale des dépositaires de l'autorité publique. Cette dérive s'apparente à une forme de narcoterrorisme visant à paralyser l'action publique pour protéger un commerce illicite très lucratif. Rappelons que le bilan macabre avoisine près d'une centaine d'homicides liés au narcobanditisme dans les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur sur la période 2023-2024.

Pour contrer ce phénomène grandissant, l'appareil judiciaire et sécuritaire resserre ses mailles. La coopération opérationnelle entre la police judiciaire et les effectifs de terrain monte en puissance. Sur le plan pénal, l'État promet une riposte impitoyable. L'article 433-3 du Code pénal est formel : formuler des menaces de mort à l'encontre d'un élu de la République expose ses auteurs à des peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.

Google News Voir les commentaires