Narcoguerre sur la Riviera : un week-end de fusillades et de terreur

Publié par Matthieu Chauvin
le 11/05/2026
Dealer armé
Istock
Photo d'illustration
Nice affronte une vague de violence extrême liée au narcotrafic après un week-end marqué par des fusillades et une attaque à l'explosif, forçant les autorités à intervenir en urgence.

La capitale azuréenne fait face à une flambée d'insécurité alarmante. Entre le vendredi 8 mai 2026 et le dimanche 10 mai 2026, plusieurs secteurs de la ville ont sombré dans la terreur des règlements de comptes. Face à cette escalade de la criminalité, l'État déploie des moyens exceptionnels pour rétablir l'ordre dans ces zones sous haute tension.

Une explosion de violence inouïe frappe les Moulins et les quartiers Est

Vendredi 8 mai 2026, vers 22h50, la terreur s'empare des Moulins. Des individus cagoulés ciblent une supérette située sur le boulevard Paul Montel. Selon les constatations de la police judiciaire, les assaillants ouvrent le feu avec des armes de calibre 9 mm avant de projeter un engin explosif à l'intérieur du commerce. L'explosion détruit les installations et sème la panique avant que les suspects ne prennent la fuite.

La tension gagne ensuite le secteur Briga et Fenoglio dans la nuit de samedi à dimanche. De nouvelles fusillades éclatent et font deux blessés légers. Ces adolescents subissent les tirs croisés d'un règlement de comptes lié aux réseaux de stupéfiants.

Ce lundi matin, la préfecture annonce une riposte sécuritaire d'envergure pour saturer l'espace public. Le préfet Laurent Hottiaux déclare dans les colonnes de Nice-Presse : "Les événements survenus ce week-end à Nice dans le quartier Fenoglio de Briga ainsi qu'aux Moulins appellent une réponse immédiate et d'une très grande fermeté de l'État."

Une narcoguerre ravivée par le contrôle des derniers points de deal

Le quartier des Moulins cristallise ces affrontements meurtriers. Le bilan préfectoral publié en avril 2026 indique que les opérations policières ont réduit le nombre de points de vente locaux de 12 à 5, dont seulement 2 demeurent actifs au moment des tirs. 

Cette diminution drastique assèche les revenus criminels et pousse les bandes rivales à s'entretuer pour monopoliser ces zones lucratives. La police relève d'ailleurs l'usage d'armes de guerre, dont des kalachnikovs tirant des munitions de 7-62 mm.

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Pour endiguer ce fléau, le gouvernement et les magistrats s'appuient sur la loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic. Ce texte renforce les sanctions contre les trafiquants et les jeunes guetteurs recrutés par les réseaux.

Les criminels mutent leurs méthodes face à ce durcissement pénal. Les points de deal fixes cèdent du terrain à la narcolivraison. Les revendeurs gèrent les commandes des clients via des messageries cryptées, déstabilisant les techniques de surveillance classiques de la police.

Des mesures de protection d'urgence déployées pour les riverains niçois

Le préfet sollicite des renforts pour pacifier les rues. La compagnie républicaine de sécurité CRS 82, implantée localement, vient épauler les effectifs de la police nationale afin de boucler les quartiers sensibles.

Les habitants de ces secteurs subissent les conséquences de cette guerre des gangs. Les autorités déploient des cellules médico-psychologiques pour soutenir les riverains traumatisés par les détonations. Des patrouilles spécifiques sécurisent les abords des écoles et des commerces pour rassurer la population.

Alors en place, Christian Estrosi avait interpellé le gouvernement . Lors de son meeting de campagne, l'ancien maire de la ville martelait : "Ce n'est pas le moment de faire preuve d'amateurisme ou d'angélisme. Nous sommes en guerre contre le narcoterrorisme." Eric Ciotti, son sucesseur, va-t-il en venir à bout ?

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