Éric Ciotti dépose plainte contre le ministre Philippe Tabarot pour "menaces de mort"
L'affrontement politique local prend une dimension nationale inédite. Mercredi 17 juin 2026, le maire de Nice a actionné un levier judiciaire majeur contre le ministre des Transports. Cette affaire secoue les fondations du gouvernement de Sébastien Lecornu et relance la bataille pour le contrôle politique de la Côte d'Azur. Les accusations portées par l'élu obligent désormais les hautes sphères de l'État à réagir face à ce séisme politique.
Une plainte pour menaces de mort déposée devant la justice
Après un premier signalement au procureur de la République de Nice, Éric Ciotti a déposé plainte ce 17 juin 2026 devant la Cour de justice de la République. Cette instance demeure la seule juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans l'exercice de leurs fonctions.
L'incident initial remonte au dimanche 14 juin 2026, lors du salon international "Bharat Innovates" organisé au Palais des expositions de Nice. En présence du président Emmanuel Macron et du Premier ministre indien Narendra Modi, Philippe Tabarot aurait publiquement traité le maire de Nice de "nabot" révèle le Canard enchaîné.
L'élu azuréen affirme ensuite avoir reçu cette intimidation directe à l'oreille : "Je vais te faire disparaître, je vais t’envoyer des Géorgiens ", selon les propos relatés par Le Canard Enchaîné et le signalement transmis aux autorités. Face à cette situation, le président de l'UDR exige le limogeage immédiat de son adversaire.
Dans un courrier adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu, cité par TF1, Éric Ciotti dénonce des "comportements d’une gravité exceptionnelle" incompatibles avec les responsabilités gouvernementales. Il explique que Philippe Tabarot lui aurait également lancé "Tu n’as rien à faire ici, tu n’es pas macroniste". Puis il affirme : "Il était dans ses fonctions, il m’a menacé de mort. C’est d’une extrême gravité, j’attends une réponse du premier ministre et j’attends que ce personnage soit exclu du gouvernement."
L’entourage du ministre des Transports dément formellement ces accusations. D'après l'AFP, le camp de Philippe Tabarot affirme : "le Ministre a répondu dans le cadre d’un échange personnel avec Éric Ciotti, qu’il connaît depuis 30 ans, à une énième provocation de celui-ci, qui, en marge du déplacement du Président (Macron), lui a indiqué 'vouloir (le) faire disparaître du Sénat' et maintenant du gouvernement."
Un duel fratricide aux lourdes conséquences pour le gouvernement
Ce dossier judiciaire s'ancre dans une violente rivalité historique. Autrefois figures de la même famille politique (LR), les deux hommes se livrent une guerre ouverte depuis la victoire d'Éric Ciotti à la mairie de Nice en mars 2026, face à Christian Estrosi. Cette plainte représente l'apogée d'une lutte acharnée entre la droite traditionnelle et la droite nationaliste dans les Alpes-Maritimes.
Le calendrier électoral attise les tensions, avec les élections sénatoriales prévues le 27 septembre 2026. Philippe Tabarot, ancien sénateur, pourrait vouloir reprendre son siège. "S’il veut défendre ses intérêts, il a qu’à se présenter au Sénat. Et puis on verra bien le résultat électoral, je doute qu’il le fasse" a d'ailleurs ironisé le maire de Nice.
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