Triple Meurtre d'Angers en 2022 : condamnation à perpétuité pour l'ex-réfugié soudanais

Publié par Matthieu Chauvin
le 21/03/2026
Tribunal Angers
Istock
La cour d'assises du Maine-et-Loire a condamné vendredi 20 mars 2026 Al Khawad Al Zine Sulaymane à la réclusion criminelle à perpétuité pour le triple meurtre ayant traumatisé Angers à l'été 2022.

L'attente a pris fin pour les proches des victimes de cette tragédie qui a profondément marqué la région angevine. Après plusieurs jours de débats intenses et éprouvants, la justice a tranché sur le sort de cet homme jugé pour des actes d'une rare violence. Ce procès a permis de retracer le fil macabre de cette funeste soirée estivale et de se pencher longuement sur la santé psychiatrique de l'assaillant.

La peine maximale pour Al Khawad Al Zine Sulaymane

La cour d’assises de Maine-et-Loire a prononcé la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans à l'encontre de l'ex-réfugié soudanais de 36 ans. À l'énoncé solennel du verdict, l'accusé a gardé un visage totalement impassible dans le box vitré. Juste avant le retrait de la cour pour les délibérations, il avait pris la parole pour déclarer : "Je ne me le pardonnerai jamais, Dieu ne me le pardonnera jamais" comme le souligne CNews.

Cette décision judiciaire apporte un immense soulagement aux parties civiles. Représentant les familles endeuillées, Maître Pascal Rouiller a fermement indiqué qu'une "peine autre que la perpétuité était inenvisageable", relève Libération.

Une nuit de violence inouïe le 16 juillet 2022

Le drame trouve son origine sur l'esplanade du port Ligny, où l'accusé, sous l'emprise massive de l'alcool, agresse sexuellement plusieurs jeunes filles. Face à cette menace, des jeunes s'interposent pour les protéger, ce qui déclenche une première altercation violente, détaille TV5Monde. Après l'arrivée et l'intervention des secours, l'homme quitte les lieux de l'incident.

Il prémédite son retour sanglant et réapparaît une heure plus tard, muni d'un couteau doté d'une lame de 20 centimètres. Le massacre se déroule alors en quelques secondes. L'assaillant ôte la vie à trois jeunes hommes âgés de 16, 18 et 20 ans (Ismaël, Atama et un de leurs amis) en ciblant systématiquement des zones létales, lors de cette attaque d'une fulgurance redoutable. L'avocate générale a dénoncé une véritable "logique guerrière", affirmant face aux jurés : "C'est un tueur, il a appris à tuer." Comme le rappelle son avocat, Me Alexis Garo cité par Le Monde, le Soudanais a "vécu un nombre incalculable de chocs. Dès l’enfance, il a été violenté par son père de manière quotidienne."

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Le discernement et la responsabilité au cœur des débats

Lors des audiences, les experts psychiatres ont diagnostiqué une altération du discernement chez l'accusé, provoquée par un syndrome de stress post-traumatique sévère. Toutefois, en vertu de l'article 122-1 du Code pénal, la cour a usé de sa prérogative pour refuser la diminution de peine réclamée par la défense, explique Libération.

L'avocate générale a fermement maintenu la totale responsabilité pénale de l'homme, estimant qu'il s'était volontairement "mis en situation de tuer" par sa consommation excessive d'alcool, précise La Gazette France. Elle a martelé lors de ses réquisitions : "Ces faits hors norme ne méritent qu'une seule réponse, altération ou non, la perpétuité." Dès la clôture de l'audience, l'homme, dont le statut de réfugié avait été révoqué sept mois après les meurtres selon Sud Ouest, a annoncé par la voix de ses avocats son intention de faire appel de ce jugement. 

"Non pas pour ajouter à la douleur des familles (…) mais parce que la cour n’a pas retenu la diminution de peine à laquelle il avait le droit de prétendre du fait de son altération de discernement", affirme son autre avocate Valérie Castel-Pagès, relate Le Monde.

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