Menaces contre le maire d’Alès : la DZ Mafia publie une vidéo et nie toute implication

Publié par Matthieu Chauvin
le 23/07/2026
DZ Mafia
Capture Twitter
© Twitter
Après l'exfiltration spectaculaire de Christophe Rivenq par le RAID, le clan marseillais DZ Mafia a publié une vidéo inédite pour nier toute implication dans les menaces de mort visant le maire d'Alès.

L'affaire a pris une tournure inattendue quelques jours après l'intervention des unités d'élite dans le Gard. Alors que les services de renseignement redoutaient une action ciblée et imminente, la sphère du crime organisé a choisi de communiquer publiquement sur cet incident. L'enquête prend désormais une nouvelle direction pour identifier les véritables auteurs de ces intimidations d'une rare violence.

Un démenti inattendu de la criminalité organisée

Le 22 juillet 2026, une vidéo très surprenante a fait son apparition sur internet. Des individus cagoulés et lourdement armés, se revendiquant du gang marseillais de la DZ Mafia, y prennent la parole de manière extrêmement encadrée pour affirmer qu'ils ne ciblent pas les représentants de l'État. Selon 20 Minutes, le message diffusé condamne fermement cette tentative d'intimidation à l'encontre de l'édile

Les auteurs de la séquence déclarent : "Nous n'avons rien à voir avec ces menaces, s'en prendre à un élu est un acte lâche qui ne fait que ramener la police sur nos points de vente." Ils dénoncent : "Un acte lâche et odieux fait par des personnes voulant nuire à la société, rabaissant la moralité française."

Et de poursuivre : "Pourquoi chercherions-nous à menacer quelque maire ? D’autant plus en laissant notre signature DZ. Nous acceptons d’être traité comme des trafiquants, ne niant pas l’impact du trafic mais ne sommes en aucun cas responsables de cet acte qui nuit à notre affaire. Nous faisons passer le bien de nos affaires avant toutes affaires politiques, guerre de gang ou vengeance. Nous nous efforçons de savoir qui se trouve derrière cela et espérons que vous comprenez le message."

Vous avez aimé cet article ?

Tweet URL

Cette intervention met parfaitement en lumière la stratégie des narcotrafiquants. Les grandes organisations criminelles cherchent avant tout à ne pas attirer l'attention des forces de l'ordre, notamment des unités spécialisées comme le RAID ou la Brigade de recherche et d'intervention (BRI). Le déploiement de ces forces de sécurité verrouille complètement les quartiers concernés et perturbe gravement l'économie souterraine au quotidien. La crédibilité de ce démenti reste examinée de près par les enquêteurs, qui n'excluent pas une manœuvre de manipulation pour desserrer l'étau policier actuel sur la ville.

Les enjeux d'une protection judiciaire exceptionnelle à Alès

Cette prise de parole fait suite aux événements de la nuit du 20 au 21 juillet, durant laquelle le RAID a procédé à l'exfiltration d'urgence de Christophe Rivenq. Cette opération impressionnante a été déclenchée sur la base de renseignements territoriaux jugés très inquiétants. Le maire d'Alès présente le profil d'un élu fortement engagé dans la lutte contre le trafic de stupéfiants et le radicalisme, un positionnement ferme qui lui a déjà valu plusieurs pressions par le passé. Lors d'une conférence de presse tenue le 22 juillet, il a déclaré : "Je ne céderai rien face à la terreur, mais la situation a franchi un palier d'une extrême gravité."

Si la piste marseillaise est finalement écartée, la question de la logistique se pose : qui possède les moyens d'inquiéter les services de renseignement au point de justifier l'intervention du RAID ? Le parquet d'Alès explore désormais d'autres pistes. Les investigations s'orientent vers l'hypothèse de loups solitaires, de groupements délinquants locaux rivaux ou d'une forme d'intimidation à visée politique.

Les autorités de l'État maintiennent un dispositif de sécurité renforcé autour de l'élu pour assurer la pérennité de son mandat dans les prochaines semaines. La préfecture rappelle sa volonté de sanctuariser la fonction de maire, dans un contexte national tendu où le ministère de l'Intérieur signale une hausse de 32 % des violences envers les élus l'année précédente. L'article 433-3 du Code pénal punit d'ailleurs les menaces de mort contre une personne investie d'un mandat électif public d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.

Google News Voir les commentaires