Les "disparues de l'Aveyron" retrouvées mortes, fin de cavale pour le suspect
L'enquête sur les disparus de l'Aveyron vient de basculer dans l'horreur absolue. Alors que le principal suspect fuyait la justice française, les autorités lusitaniennes ont mis fin à sa fuite en avant. Ce drame familial soulève de nombreuses interrogations sur la prévention des violences et l'efficacité des dispositifs de surveillance transfrontaliers.
Une cavale européenne tragiquement stoppée
Cédric Prizzon, ancien policier et ex-rugbyman de 42 ans, a été stoppé net le mardi 24 mars 2026 au soir. Selon les informations transmises par la police portugaise (GNR), son arrestation s'est déroulée lors d'un banal contrôle routier à Mêda, dans le nord-est du pays. La suite des événements a plongé les enquêteurs dans la consternation. Dès le mercredi 25 mars, à l'issue des premières auditions, les agents ont fait une macabre découverte.
La police judiciaire portugaise précise dans un communiqué que les corps de deux femmes, Audrey C. et Angela, ont été retrouvés "enterrés dans un lieu isolé." Il s'agit respectivement de l'ex-compagne et de la conjointe actuelle du suspect. Fort heureusement, les deux enfants présents dans le véhicule, Elio âgé de 13 ans et un bébé d'un an et demi, ont été récupérés sains et saufs. D'après le quotidien Midi Libre, l'adolescent aurait indiqué aux policiers que son père était l'auteur de ces actes irréparables.
Le profil violent d'un père privé de garde
Le parcours de Cédric Prizzon révèle un historique particulièrement lourd. Comme le rapporte Libération, le mis en cause avait déjà fait l'objet d'une condamnation en 2021 pour des faits de non-représentation d'enfant et de harcèlement sur son ex-conjointe. Cette même année, un premier enlèvement parental en Espagne avait alerté les services sociaux. Le déclencheur de ce nouveau passage à l'acte semble intimement lié à la perte de la garde de son fils aîné.
L'alerte avait été donnée le vendredi 20 mars, jour où Audrey C. n'a pas rejoint son poste de travail situé à Vailhourles. Le journal Le Monde décrit un individu en perpétuelle rébellion contre les institutions. Se positionnant systématiquement en victime du système, il multipliait les manifestations et les coups d'éclat avant de sombrer dans l'irréparable.
Des poursuites imminentes et un contexte alarmant
Le parquet de Montpellier a immédiatement ouvert une information judiciaire, initialement pour enlèvement et séquestration. Face à l'évolution du dossier, une requalification en double meurtre ou féminicide est désormais attendue. Pour assurer son retour rapide, la justice française s'appuie sur les articles 695-11 et suivants du Code de procédure pénale. Ce texte encadre le mandat d'arrêt européen, permettant une remise aux autorités françaises sous 20 jours avec le consentement de l'intéressé, ou 60 jours s'il s'y oppose.
Cette affaire met en lumière la hausse constante des violences conjugales sur le territoire. La Miprof )Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains) rappelle qu'en 2024, "107 femmes ont été victimes de féminicides au sein du couple, contre 96 en 2023." Un tiers de ces victimes avaient d'ailleurs déjà signalé des violences. Roxana Maracineanu, secrétaire générale de l'instance, souligne la réalité derrière ces chiffres : "Ils ne sont pas abstraits : ce sont des vies brisées, des familles traumatisées, des enfants marqués dans leur chair."
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