L'État réclame la saisie du Parquet antiterroriste pour le double meurtre commis par Cédric Prizzon
L'arrestation d'un père de famille en pleine cavale européenne vient de prendre une dimension inattendue. L'affaire secoue la justice française et pourrait marquer un précédent d'envergure. Alors que les corps de deux femmes ont été retrouvés lors de la fuite de cet ancien fonctionnaire de police, les motivations de ses actes interpellent directement les instances gouvernementales. Une autorité nationale exige désormais de traiter ce drame non plus comme une succession de crimes intimes, mais bien sous le prisme strict de l'idéologie radicale. Une démarche qui pos question.
Un double crime aux confins de l'idéologie
Le 2 avril 2026, le Haut Conseil à l'Égalité (HCE) a créé la surprise en formulant une requête officielle pour confier ce dossier complexe au Parquet national antiterroriste (Pnat). Cette intervention exceptionnelle fait suite à la fin de cavale de Cédric Prizzon. Cet ancien policier de 42 ans a été intercepté par les forces de l'ordre le 25 mars 2026 sur le territoire portugais. Quelques jours plus tôt, les autorités découvraient avec effroi les corps sans vie de son ancienne conjointe, Audrey Cavalié, ainsi que de sa compagne du moment, Angela Logobien Cadillac.
Selon les éléments d'enquête rapportés par Le Parisien, le suspect organisait sa fuite à travers la péninsule ibérique en compagnie de ses deux enfants, âgés respectivement de 12 ans et 18 mois. Ces mineurs auraient été les témoins directs de la mort des deux victimes et des tentatives de dissimulation des cadavres dans la région isolée du district de Bragança. L'homme se trouve actuellement sous la juridiction des magistrats portugais et demeure poursuivi pour "homicide aggravé, enlèvement et profanation de cadavre", comme le précise le quotidien national.
Les raisons d'une requalification en acte terroriste
L'attention des enquêteurs se focalise particulièrement sur le parcours atypique du mis en cause. Régulièrement présenté comme un "papa militant" très ancré dans les revendications des droits des pères, le suspect affiche un profil jugé radical. Il cumule déjà des condamnations antérieures pour non-représentation d'enfant et assume publiquement des prises de position profondément virilistes, selon le HCE. En se basant sur cette trajectoire, l'organisme justifie les conclusions de son rapport publié en janvier 2026.
Le document qualifie formellement le masculinisme de système idéologique structuré, agissant comme une véritable menace pour la sécurité publique en France. Cette démarche vise à inscrire le "terrorisme misogyne" dans les doctrines opérationnelles des forces de l'ordre. La justice a d'ailleurs initié ce mouvement le 1er juillet 2025. À cette date, le Pnat mettait en examen Timoty G., un individu identifié dans la mouvance "incel", pour l'élaboration d'un projet d'attentat de masse. Mais ne serait-ce pas là qu'un épiphénomène ? Le HCE ne va-t-il pas trop loin, alors que dans partout dans monde, comme en France, les femmes sont massivement victimes de l'islamisme radical ?
Les conséquences pour la justice et la protection des femmes
Une implication du Pnat bouleverserait complètement la gestion de l'instruction en cours. Ce changement de méthode ferait passer l'événement du rang de fait divers criminel à celui d'acte politique prémédité. Une telle classification légale permettrait de débloquer des moyens d'investigation massifs. Les services spécialisés, dont la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), pourraient intervenir pour infiltrer et surveiller les réseaux masculinistes clandestins. Les associations d'aide aux femmes saluent cette initiative, espérant une pleine reconnaissance du continuum des violences. Mais là encore, une question se pose : nos services n'ont-ils pas d'autres menaces bien plus inquiétantes à appréhender, surtout dans le conteste géopolitique actuel ? Ce même si les féminicides et violences faites aux femmes sont intolérables ?
Ce nouveau concept englobe le cybersexisme, les campagnes de dénigrement et les menaces numériques qui annoncent souvent la violence physique. Pour endiguer ce phénomène, l'État envisage le déploiement d'une stratégie nationale dédiée à la lutte contre la radicalisation masculiniste. Bérangère Couillard, présidente du HCE, rappelait l'urgence de la situation lors d'un entretien accordé à Sud Ouest : "À partir du moment où on développe une haine des femmes, il peut y avoir des violences, des actes terroristes." Les statistiques ne mentent pas, les faits sont là. Mais en parlant de "terrorisme", on peut se demander si les mots ontencore un sens.
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