Disparition de Manon Relandeau : le chauffeur de taxi écroué après des aveux partiels

Publié par Matthieu Chauvin
le 30/04/2026
Gendarmes à cheval
Istock
Photo d'illustration
L'enquête sur la disparition de Manon Relandeau s'est accélérée ce 29 avril 2026 avec le placement en détention provisoire d'un chauffeur de taxi ayant livré des aveux partiels, peu après l'arrestation en Algérie du conjoint de la jeune femme.

Les recherches se poursuivent sans relâche en Loire-Atlantique pour retrouver l'éleveuse mystérieusement disparue depuis fin mars. Alors que les enquêteurs tentent de démêler le vrai du faux dans un dossier particulièrement opaque, l'étau se resserre nettement autour des différents protagonistes de cette sinistre affaire.

Le chauffeur de taxi face aux juges et l'accélération de l'enquête

Ce mercredi 29 avril 2026, l'individu ayant véhiculé Manon Relandeau peu de temps avant qu'elle ne se volatilise a été officiellement écroué. D'abord entendu par les forces de l'ordre sous le statut de simple témoin, l'homme se trouve désormais placé en détention provisoire. Face à la pression des interrogatoires, le suspect a signifié son intention de finalement "dire ce qu'il savait" concernant le sort tragique de la jeune femme, rapporte le procureur de la République de Nantes.

Ces nouvelles déclarations modifient lourdement la trajectoire du dossier judiciaire. Le magistrat Antoine Leroy annonce ainsi que le conducteur est mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime" et pour "modification des lieux d'un crime." Cette qualification pénale particulièrement sévère éloigne définitivement la thèse initiale du départ volontaire.

De la disparition inquiétante au possible féminicide

Pour bien comprendre cette évolution, il faut remonter au 27 mars 2026, date à laquelle Manon Relandeau, gérante d'une pension équine située à Saint-Étienne-de-Montluc, a cessé de donner des nouvelles. Ses proches n'ont déclenché l'alerte que le 3 avril, profondément troublés par le silence inhabituel de cette femme décrite comme "solaire" et "viscéralement attachée à ses animaux" selon les informations des radios RCA et Alouette. Le parquet précise par ailleurs que la victime présumée devait se rendre le 3 avril dans une structure d'accueil pour femmes victimes de violences, un rendez-vous auquel elle ne s'est jamais présentée.

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Les soupçons se concentrent très vite sur son compagnon, Abdelkarim B., âgé de 41 ans. Selon les quotidiens Presse Océan et Libération, ce père de famille a pris la fuite le 2 avril depuis l'aéroport de Nantes-Atlantique. Il a finalement été arrêté le 27 avril en Algérie, dans la région d'El Affroun. Les antécédents de l'homme alarment les autorités : d'après Ouest-France, il a déjà été condamné à Nantes en 2019 pour des violences conjugales infligées à une ancienne compagne. Les gendarmes s'efforcent maintenant d'établir si le chauffeur de taxi a uniquement favorisé l'évasion du suspect ou s'il s'est rendu complice d'éventuelles violences physiques.

Les conséquences pour la suite des investigations

Les opérations menées par les 15 enquêteurs de la cellule spéciale devraient s'orienter vers des fouilles inédites. La gendarmerie de Loire-Atlantique indique que le passage au peigne fin de 65 hectares et le sondage de multiples points d'eau n'ont pour le moment abouti à aucune découverte. Les récents aveux partiels du chauffeur pourraient enfin fournir des indications géographiques fiables pour localiser le corps de l'éleveuse.

La situation du principal suspect soulève d'autres interrogations d'ordre juridique. Bien qu'il soit incarcéré par la police algérienne, le contexte diplomatique tendu entre Paris et Alger rend son éventuelle extradition vers la France très incertaine. L'autre urgence absolue concerne Inaya, la fillette de 15 mois du couple. Le procureur de Nantes rassure en affirmant qu'au moment de l'interpellation en Afrique du Nord, l'enfant "était avec lui" et qu'elle se trouve actuellement "en bonne santé et en sécurité." 

Les autorités travaillent activement à son rapatriement immédiat sur le territoire national pour la confier à sa famille. Afin de faire toute la lumière sur ce drame, la gendarmerie maintient son appel à témoins au 0 800 877 668. Les enquêteurs rappellent que la jeune mère mesure 1,60 m, possède une corpulence mince et de longs cheveux châtains. Toute information peut s'avérer déterminante pour l'enquête.

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