Crans-Montana : le comptable du couple Moretti visé par plusieurs plaintes pour trafic d’armes et blanchiment d’argent

Publié par Sarah Martin
le 08/06/2026
Incendie Crans-Montana
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Six mois après l'incendie tragique du bar "Le Constellation", l'enquête bascule d'un drame par négligence vers un vaste scandale de blanchiment d'argent et de trafic d'armes impliquant le comptable de l'établissement.

Le 1er janvier 2026 à 1h26 du matin, l'embrasement tragique du "Constellation" à Crans-Montana fauchait 41 vies, dont une moitié de mineurs, et causait 115 blessés graves, selon le bilan officiel du Ministère public valaisan. Alors que les gérants affrontent déjà la justice pour les failles de sécurité, la justice traque d'importants flux financiers suspects gravitant autour de la discothèque.

Le comptable des gérants visé pour mercenariat et trafic d'armes

L'instruction s'accélère avec l'enregistrement de multiples plaintes pénales réparties entre Berne, Sion et Paris. Celles-ci visent directement Daniel Donnet-Monay, l'homme à la tête de la fiduciaire chargée de gérer les affaires du couple Moretti. Les accusations rapportées sont d'une extrême gravité, pointant vers des activités de trafic d'armes et de mercenariat en Afrique.

Selon les éléments versés au dossier, les enquêteurs examinent une potentielle collaboration avec un criminel de guerre présumé, dans le but d'orchestrer un blanchiment de fonds à grande échelle. La société financière située à Martigny aurait servi de plaque tournante pour faire transiter du matériel militaire. Ce schéma illicite jette une lumière trouble sur la véritable origine des capitaux utilisés pour développer le bar "Le Constellation". De nombreux plaignants, dont des familles françaises ayant saisi la justice à Paris, réclament des réponses sur ce montage financier.

Face à ces lourdes charges, le mis en cause rejette toute implication criminelle. Daniel Donnet-Monay certifie que ses prestations de sécurité privée et de conseil ont toujours été « exercées de manière normale et conforme au droit », selon des propos relayés par le quotidien Blick.

Du drame par négligence à un vaste réseau criminel

Le basculement de l'enquête s'est opéré le 5 juin lors d'une longue audition de Jessica et Jacques Moretti à Sion. Le parquet a placé le couple face à des messages prouvant qu'ils appréhendaient le danger d'incendie de leur établissement bien avant l'accident. La situation de Jessica Moretti s'aggrave avec une nouvelle inculpation pour faux dans les titres. La gérante est soupçonnée d'avoir falsifié une facture justifiant l'achat, en 2015, de la mousse acoustique en polyuréthane, un matériau hautement inflammable responsable de l'embrasement éclair. Cette falsification aurait eu lieu après que l'enseigne Hornbach a publiquement nié avoir fourni ce revêtement.

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« Où est le respect des victimes ? Quand arrêteront-ils de produire des documents faux ? », s'insurge Me Romain Jordan, avocat des plaignants, sur les ondes de la RTS. Un avis corroboré par Me Pierre-François Vuillemin, avocat des parties plaignantes, qui estime que « le Ministère public tisse sa toile » pour mettre en lumière la responsabilité de chacun.

Pour les victimes, la mise à jour de ce grand banditisme ouvre la voie à d'éventuelles saisies de comptes internationaux, offrant ainsi un réel espoir d'indemnisation pour les 115 rescapés et les familles endeuillées par cette tragédie.

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