Affaire Quentin Deranque : l’avocat de la famille dénonce un "lynchage médiatique" et une "inversion accusatoire"

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 10/03/2026
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Près d'un mois après le décès de Quentin Deranque, lynché à Lyon, l'avocat de ses parents brise le silence pour dénoncer le harcèlement de la famille et la volonté de salir la mémoire de la victime.

Le drame s'enlise dans une polémique délétère qui dépasse largement le cadre des tribunaux. Alors que l'enquête judiciaire se poursuit activement pour faire toute la lumière sur la mort violente de ce jeune étudiant, ses proches font face à une pression extérieure devenue insoutenable. Me Fabien Rajon décide de monter au créneau publiquement pour rétablir des faits précis sur ce dossier extrêmement sensible.

Le cri de colère de l'avocat face au lynchage de la mémoire

Ce 10 mars, l'avocat des parents de Quentin Deranque prend la parole dans les colonnes du quotidien Le Figaro pour fustiger une indécence généralisée. Le pénaliste oppose avec force l'agression mortelle subie par le jeune homme le 12 février à une seconde attaque verbale. "Après le lynchage physique de Quentin, voici donc le lynchage de sa mémoire", déplore-t-il, selon des propos également rapportés par le magazine Valeurs Actuelles.

Cette sortie médiatique vise à défendre fermement l'honneur de la victime. La famille, meurtrie, s'efforce de dépeindre la véritable personnalité d'un étudiant en mathématiques de 23 ans, passionné par ses études. Ses proches assurent qu'il portait des convictions strictement pacifiques et non-violentes, à l'opposé des caricatures esquissées par ses détracteurs. Pour appuyer ce portrait, son conseil rappelle avec insistance que le jeune homme présentait un casier judiciaire totalement vierge avant la tragédie.

Entre rixe et guet-apens, le décryptage judiciaire du drame

Ce terrible événement survient le soir du 12 février 2026 dans les rues de Lyon, en marge d'une conférence publique tenue par l'eurodéputée Rima Hassan. Quentin Deranque est sauvagement roué de coups sur la voie publique avant de succomber à un lourd traumatisme crânien deux jours plus tard. 

La violence inouïe de l'assaut est tragiquement illustrée par les constatations médicales. Les urgentistes signalent à la famille endeuillée la présence d'empreintes de semelles de chaussures directement incrustées sur la boîte crânienne de la victime, comme l'indique Le Nouveau Détective.

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Les investigations poussées, menées sous l'égide du parquet de Lyon, permettent l'interpellation rapide puis la mise en examen de neuf suspects pour homicide volontaire. Parmi ces individus aujourd'hui écroués se trouvent plusieurs membres du groupuscule d'ultragauche la Jeune Garde, ainsi que deux assistants parlementaires. 

Face à ces éléments accablants, Me Rajon fustige l'utilisation du terme de rixe, souvent repris pour qualifier un simple affrontement entre deux groupes rivaux. Le pénaliste martèle qu'il s'agit bel et bien d'un guet-apens méthodique, orchestré contre une cible isolée.

Une famille traquée dénonce le harcèlement et l'inversion accusatoire

Face à cette surexposition, l'avocat s'alarme d'un concept redoutable qu'il nomme l'inversion accusatoire. "Aujourd'hui, l'inversion accusatoire est telle qu'on exige de la famille d'un jeune de 23 ans lynché à mort qu'elle rende des comptes", s'indigne le juriste lors de son entretien accordé à Valeurs Actuelles. Les proches du défunt subissent une violation constante de leur vie privée. 

Des individus malveillants, incluant des internautes acharnés et certains journalistes, n'hésitent pas à traquer les employeurs respectifs des parents. Ces mêmes personnes contactent les anciens établissements scolaires de Quentin Deranque et effectuent des rondes régulières aux abords directs du domicile familial.

Pour endiguer ce harcèlement intolérable, la défense annonce une vigilance absolue sur l'ensemble des plateformes numériques. L'avocat confirme le dépôt systématique de plaintes pour apologie de crime. 

La loi française punit sévèrement ce délit d'une peine de cinq années d'emprisonnement assortie de 45 000 euros d'amende pour toute personne justifiant ou minimisant ce meurtre sur internet.

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