Meurtre d'Alexia Daval : les confidences de la profileuse Audrey Renard sur les aveux de Jonathann
À l'occasion de la parution de son ouvrage Profileuse, cosigné avec Christophe Dubois et publié ce 1er avril 2026 aux éditions Albin Michel, la cheffe du Département des sciences du comportement (DSC) de la Gendarmerie nationale brise le silence.
Cette experte basée au Pôle judiciaire de Pontoise revient sur son intervention décisive dans le dossier Daval. Entre la macabre découverte du corps en octobre 2017 et le dénouement policier de janvier 2018, ses analyses ont orienté toute la stratégie des enquêteurs.
Un témoignage télévisuel sur les méthodes de la gendarmerie
Invitée sur le plateau de l'émission Quelle époque ! ce samedi, la commandante a détaillé la stratégie d'audition employée par ses équipes. Elle a d'emblée tenu à dissiper les fantasmes véhiculés par les fictions télévisées.
L'analyste comportementale a décrit une méthode scientifique, lente et millimétrée. L'enjeu reposait sur la gestion psychologique de l'interrogatoire pour faire flancher un mari barricadé derrière ses mensonges et son masque de veuf éploré.
La bascule tant attendue s'est produite à un instant précis : la 46e heure de la garde à vue, à la fin du mois de janvier 2018. Après près de deux jours de dénégations acharnées face aux questions pressantes des gendarmes, le suspect a fini par s'effondrer.
Les indices de la scène de crime pointent vers un drame intime
Pour faire avancer l'enquête, Audrey Renard a expliqué comment les éléments purement physiques découverts sur place traduisent une réalité psychologique profonde.
Le corps d'Alexia Daval, retrouvé partiellement recouvert dans les bois, indiquait ce que les spécialistes nomment un acte de réparation. Cette protection dérisoire post-mortem désigne presque invariablement un auteur intime, tenaillé par le remords immédiat. Un autre détail a frappé la profileuse : l'agencement illogique des lunettes de la victime.
Repositionnées de manière improbable pour une agression violente par un rôdeur, elles ont permis d'écarter très vite la piste d'un prédateur sexuel inconnu. Le mode opératoire, qui mêlait strangulation et tentative d'incendie, correspondait à un schéma précis.
Associé au comportement général de Jonathann Daval, dont le visage "apeuré et enfantin" a marqué la commandante, ce tableau esquissait le profil d'un individu totalement submergé par ses émotions et incapable de les maîtriser.
La psychologie criminelle pour déjouer les manipulations
L'intervention du DSC de la gendarmerie ne se limite pas à brosser des portraits théoriques. Ce service très spécialisé, qui traite en moyenne 60 dossiers complexes par an comme des homicides ou des disparitions inquiétantes, guide les enquêteurs en temps réel.
En ajustant constamment le ton et le rythme des questions face à la personnalité évitante du principal suspect, les gendarmes ont réussi à arracher la vérité. Les confidences de l'analyste illustrent la manière dont cette approche technique aide directement les juges d'instruction.
Elle leur permet de saisir la mécanique interne et le pourquoi d'un passage à l'acte. Le traitement de cette enquête a véritablement marqué une évolution dans l'appréhension des féminicides et des dynamiques de couple toxiques par la justice.
La rigueur scientifique déployée par la gendarmerie prouve sa capacité à faire éclater les faits, et ce malgré des mois de manipulations médiatiques intenses opérées par le meurtrier.
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