Crise du logement : comment Marine Le Pen s'attaque à l'angle mort du quinquennat Macron

Publié par Stéphane Leduc
le 09/10/2026
Marine Le Pen et Jordan Bardella
abacapress
© Lafargue Raphael/ABACA
Face à une crise immobilière historique, Marine Le Pen structure une équipe dédiée pour transformer le logement en arme politique contre Emmanuel Macron.

Alors que le secteur immobilier traverse une tempête sans précédent sur tout le territoire, le Rassemblement national accélère sa structuration technique. La chute continue des chantiers et le blocage de l'accès à la propriété offrent au parti d'opposition un terrain idéal pour capter le mécontentement des classes moyennes.

Le Rassemblement national se met en ordre de bataille sur l'immobilier

Pour combler son manque historique de doctrine sur le secteur, le groupe parlementaire confie les rênes de son pôle logement au député de l'Aude Frédéric Falcon. Ce dernier a déjà déposé la proposition de loi n° 278 à l'Assemblée nationale afin de limiter le durcissement des normes énergétiques imposé aux propriétaires bailleurs. Il travaille en étroite coordination avec Frédéric-Pierre Vos, avocat d'affaires et député de l'Oise, chargé de piloter les aspects juridiques et l'urbanisme.

En coulisses, cette équipe de travail consulte activement des promoteurs, des investisseurs privés et des représentants du logement social. L'état-major lepéniste a également engagé des échanges avec plusieurs figures du secteur, à l'image de Didier Camandona, ancien président de la FNAIM du Grand Paris, pour nourrir sa copie technique.

Cette stratégie d'influence s'est concrétisée lors d'un grand oral préparé au siège du groupe Particuliers à Particuliers (PAP). Devant un parterre d'une quarantaine de décideurs du bâtiment et de l'immobilier, réunis sous la houlette de l'économiste Robin Rivaton et de Bertrand Moine, les représentants du mouvement ont cherché à asseoir leur crédibilité économique.

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Une stratégie électorale ciblée face aux faiblesses du pouvoir

Dans l'entourage du ministre du Logement Vincent Jeanbrun, on reconnaissait récemment que « le logement est au cœur de toutes les fractures françaises ». Le Rassemblement national exploite directement ce talon d'Achille de la majorité présidentielle, marqué par la baisse des constructions neuves et l'attrition du parc locatif, pour séduire les ménages modestes et périurbains exclus des centres urbains.

Pour relancer le marché, le mouvement défend un vaste programme de dérégulation. Ses propositions clés prévoient l'abrogation des quotas de 20 à 25 % de logements sociaux imposés aux communes par la loi SRU, ainsi que la fin du calendrier de la loi Climat et Résilience interdisant la location des passoires thermiques classées G et F. Le projet entend également geler le principe du Zéro Artificialisation Nette (ZAN), instaurer un prêt à taux zéro universel sans conditions de ressources et remplacer l'IFI par un impôt sur la fortune financière.

Cette ligne programmatique suscite néanmoins des débats internes. L'opportunité d'encadrer les loyers divise selon les réalités territoriales, tandis que le coût budgétaire de déductions fiscales non plafonnées interroge les économistes du parti. L'encadrement des meublés touristiques impose aussi des arbitrages délicats : « Il faudra faire quelque chose pour soutenir fiscalement les propriétaires de gîtes ruraux qui sont aussi souvent des agriculteurs en difficulté », plaide Frédéric Falcon, soucieux de préserver l'électorat rural.

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