2027 : une élue écologiste appelle à la "désobéissance" en cas de victoire du RN

Publié par Matthieu Chauvin
le 24/08/2026
Marine Tondelier
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© Huchot-Boissier Patricia/ABACA
En brandissant la menace d'une désobéissance si le Rassemblement national accède au pouvoir en 2027, Marine Tondelier marche dans les pas du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko.

La secrétaire nationale des Écologistes durcit nettement le ton face à la perspective d'une élection de Marine Le Pen. Cette prise de position d'une potentielle candidate à la présidentielle bouscule les règles du jeu démocratique traditionnel et provoque une onde de choc au sein de la classe politique. La gauche cherche ainsi une parade d'une extrême radicalité face à un Rassemblement national systématiquement donné favori dans les enquêtes d'opinion à l'approche de la prochaine échéance de 2027. 

Un appel inédit à la sédition face aux urnes

Lors des universités d'été des Écologistes organisées à Grenoble le 22 août 2026, Marine Tondelier a sciemment franchi une ligne rouge institutionnelle. La dirigeante plaide ouvertement pour des actes de désobéissance si Marine Le Pen parvient à s'installer à l'Élysée en 2027. Interrogée sur le plateau de LCI par Darius Rochebin concernant la nature anti-démocratique de cette posture, elle a rétorqué de manière cinglante : "Ah ben vous pensez qu'ils sont républicains ?"

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Selon elle, une victoire du Rassemblement national ne constituerait pas une alternance politique classique, mais une menace nécessitant une riposte hors norme. La secrétaire nationale assume pleinement cette volonté de résistance active et prévient ses adversaires : "Moi je sais que je sais le faire et qui sait le faire.". Une déclaration qui pose inévitablement la question de la compatibilité d'une telle posture avec son statut d'élue de la République. Jusqu'ici, seul le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko avait osé appelé à la désobéissance civile dans pareille configuration, juste après son élection.

Pourquoi une telle radicalisation maintenant

Ce virage rhétorique s'inscrit dans un contexte particulièrement alarmant pour les forces de gauche. Selon un sondage IFOP commandé par Le Figaro et publié en juillet 2026, Marine Le Pen recueille entre 34 % et 36 % des intentions de vote au premier tour, caracolant en tête de tous les scénarios envisagés pour le second tour. Pour justifier sa position de rupture, Marine Tondelier s'appuie explicitement sur le modèle belge. Elle cite en exemple la charte de la RTBF, véritable cordon sanitaire médiatique qui bannit l'extrême droite des antennes.

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La patronne des Écologistes juge ce bannissement indispensable, tout en regrettant l'impossibilité de l'imposer dans le paysage audiovisuel français. Cette surenchère verbale trahit également une féroce bataille de leadership au sein d'une gauche profondément fragmentée. D'après une enquête Ipsos de juin 2026, Jean-Luc Mélenchon capte 15 % des intentions, devant Raphaël Glucksmann et ses 10 %. Les Écologistes tentent ainsi d'exister médiatiquement en fustigeant la prétendue lâcheté de ceux qui considèrent le Rassemblement national comme une formation politique ordinaire.

Vers une crise de légitimité et un pays ingouvernable

En appelant à rejeter le verdict des urnes avant même le passage des citoyens dans l'isoloir, la leader écologiste fait planer le risque d'une véritable sédition civile. Si une frange de l'élite politique, suivie par des fonctionnaires, refuse l'autorité d'un gouvernement issu des élections, l'appareil administratif entier risque la paralysie par le biais de grèves ou de refus d'appliquer des décrets. 

Cette stratégie frontale nourrit immédiatement les accusations d'extrémisme. Sur l'antenne d'Europe 1 le 24 août 2026, l'animateur Pascal Praud a notamment dénoncé une inacceptable "contestation du suffrage universel." Pour le grand public, ce scénario annonce un climat de tensions sociales permanentes. L'opposition politique déserterait les bancs de l'Assemblée nationale pour investir la rue et les tribunaux, rendant toute réforme ou stabilité institutionnelle caduque après 2027. Ce pari de la tension absolue risque paradoxalement d'alimenter la dynamique électorale du parti à la flamme, en lui offrant un puissant argument de victimisation face à un système qui refuserait de se soumettre au choix des électeurs.

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