C’est un coup dur pour les ministres. Désormais, plus d’échanges de textos ou de tweetings effrénés pendant un Conseil un peu trop fastidieux ou sur les bancs de l’Assemblée. La missive, en provenance de Matignon, est très claire : le smartphone est désormais paria au sein du Gouvernement. 

L’incompatibilité chronique entre nouvelles technologies de communication et confidentialité semble, au fil du temps, de plus en plus avérée. Pour preuve : même la politique de haut niveau n’est pas épargnée par les risques de fuite, et est contrainte de s’adapter à ces nouvelles menaces. Ainsi, le 19 août dernier, le bras droit de Jean-Marc Ayrault, Christophe Chantepy, a-t-il fait parvenir une lettre adressée aux membres du gouvernement qui les enjoint de rayer purement en simplement les moyens de communication standards, smartphones notamment, au profit de systèmes aux dispositifs de sécurité plus élaborés.  

Un climat d’insécurité

Les révélations d’Edwards Swonden concernant le programme d’écoute et d’espionnage Prism mis en place par la National Security Agency américaine avait, en juin dernier, fait l’effet d’un éléctrochoc au sein de l’Elysée. D’autant plus que les documents en question mentionnaient clairement la France comme faisant partie de la quarantaine de pays mis sous surveillance. Des "atteintes à la sécurité" évidentes, que le Premier Ministre a décidé de parer en recommandant notamment à ses collaborateurs l’utilisation systématique du réseau Intranet Isis et du téléphone crypté Teorem, deux moyens de communication imperméables à toute intrusion et agréés par l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI), pour tout échange de données confidentielles. Un changement d’habitudes certain pour les ministres, dont la dissociation désormais totale entre vie privée et vie professionnelle les contraint, par exemple, à proscrire l’envoi de textos ou à limiter leurs communications sur un territoire étranger, susceptibles d’être écoutées.

Une réprimande qui se veut rassurante

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A la suite de la divulgation le 1er septembre dernier des actes d’espionnage à l’encontre de la Présidente Brésilienne et de son homologue Mexicain, l’Elysée et Matignon veulent, par ce recadrage, éviter tout risque de divulgation de données qui, en période de troubles notamment avec le dossier Syrien, pourraient nuire à la sûreté nationale. Un renforcement de la sécurité qui continue d’être approfondi, avec l’élaboration constante de nouveaux systèmes de cryptage.

 

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