Depuis près de deux ans, l’Etat loue un immeuble de neuf étages pour la somme de 100 000 euros mensuels. Mais à cause de la réforme territoriale, le bâtiment est resté vide.  Plus de détails.

L’affaire a de quoi faire bondir les contribuables. Depuis près de deux ans, l’Etat loue un immeuble pour rien. Une location qui coûte 100 000 euros par mois. Constitué de neuf étages, entièrement rénové, offrant une surface de 11 000 m2 et disposant de 210 places de parking, ce grand bâtiment baptisé Le Concorde était censé accueillir les bureaux de plusieurs directions administratives dispersées dans différents immeubles de la ville. L’objectif étant alors de regrouper les services pour faire des économies.

Au total, plus de 2 millions d’euros dépensés pour rienJusqu’en 2009, Le Concorde accueillait la direction régionale de France Télécom. Cette même année, l’Etat a signé un bail et deux ans plus tard, de vastes travaux ont été entrepris. "Dès l'engagement des travaux, en 2011, des divergences sont apparues entre le bailleur et le locataire liées à des retards ou encore au non-respect d'obligations réglementaires ou contractuelles, notamment en matière d'amiante", a expliqué mercredi à l'Agence France-Presse le directeur de cabinet du préfet de la Haute-Normandie, Jean-Marc Magda. Si bien que l’Etat n’a payé son premier loyer qu’en février 2014. Mais quelques mois plus tard, de nouvelles traces d’amiante ont été trouvées et dans la foulée, la réforme territoriale a été lancée. Si bien que le projet a été suspendu, notamment par crainte de changements dans le rattachement des directions administratives.

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"Mais pas de suspension possible des loyers dans un État de droit", précise Le Point. Aussi, depuis 21 mois, l’Etat loue donc chaque mois cet immeuble pour 100 000 euros et ce, sans qu’aucun bureau de fonctionnaire ne s’y soit transféré. Au total, l’Etat aurait déjà dépensé plus de 2 millions d’euros pour rien, rapportent certains médias locaux dont Paris Normandie. Aucune action en justice n’a été entreprise mais plusieurs cabinets d’avocats plancheraient actuellement sur "la meilleure solution possible pour les deux parties, qui comprend les conditions financières", a précisé Jean-Marc Magda.

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