La société William Saurin est en mauvaise posture. Certaines marques du groupe "Financière Turenne Lafayette" pourraient être vendues. Retour sur la vie de Monique Piffaut, la femme qui a construit cet empire. 

Récemment, le groupe Financière Turenne Lafayette a dû faire face à plusieurs scandales dont une affaire de comptes truqués. A cela s'ajoute le décès de la patronne de l'empire, Monique Piffaut, fin 2016. Il se pourrait que certaines entreprises du groupe soient vendues. Revenons sur l'histoire de sa gérante, une femme mystèrieuse et influente.

Plutôt discrète, la dirigeante de la maison-mère de William Saurin est décédée le 30 novembre dernier à l’âge de 78 ans. Elle est née à Bagnolet en banlieue parisienne le 24 avril 1938. Son père était exploitant des Comptoirs du chocolat et alcools (CCA). Elle est issue d’une famille de riches autrichiens. Selon le quotidien Sud-Ouest, elle était diplômée d’HEC. Elle commence à travailler à Monoprix au service achats. "Elle fait ensuite de la restructuration financière, aux côtés du comptable (décédé) Claude Colombani, ancien dépeceur d’entreprises en difficultés dans la bande à Bernard Tapie. Une mise en bouche, en quelque sorte", d’après Capital

Elle multiplie les acquisitions

Monique Piffaut monte son empire petit à petit en acquérant en 1991 Les délices du palais (une unité de plats cuisinés) en Dordogne. Elle s'oriente aussi dans le secteur du fois gras à Muller dans les Landes. Certaines de ces entreprises sont en faillite et ces acquisitions ne sont pas toujours des réussites. En 2001, elle acquiert William Saurin puis créé la holding Financière Turenne Lafayette. La concurrence l’oblige à miser sur un autre secteur. Elle rachète donc en 2004, Paul Prédault (secteur de la charcuterie). Puis en 2009, elle acquiert Les Salaisons de l’Arrée dans le Finistère puis Madrange en 2011.

Une femme influente

A la tête du groupe Financière Turenne Lafayette, Monique Piffaut était considérée comme une femme influente. La société regroupe en effet beaucoup d’entreprises : William Saurin, Madrange, Garbit, PetitJean, Soulié, Montagne noire, le traiteur Ecochard, les jambons Paul Prédault et la Lampaulaise de salaisons. En 2016, sa fortune est estimée à 400 millions d’euros par le magazine Challenge faisant d’elle la 166e fortune française.

Une femme de caractère

Elle est surnommée "Mamie" par ses proches collaborateurs d'après Capital. Monique Piffaut menait ses affaires "d’une main de fer" selon Jean-Luc Feillant, secrétaire général de la CFDT agroalimentaire de Bretagne. "C’était une femme très dure qui avait du mal à accepter de partager les informations", a-t-il avoué. En 2003, elle renvoie le directeur général de William Saurin, Olivier Picot "à qui elle reproche un goût trop prononcé pour les réunions professionnelles ronflantes."

Des problèmes au sein du groupe

La Financière Turenne Lafayette a subi l’affaire de la viande de cheval retrouvée dans des lasagnes au bœuf ce qui l’a obligée à engager plusieurs restructurations. De plus, le groupe a dû fermer l’usine à jambon Germanaud, en 2016. Par ailleurs, la société aurait pris des risques à plusieurs reprises la mettant en difficulté. De plus, le groupe avait des difficultés financières d'où les fausses factures destinées à gonfler les chiffres du groupe.

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Monique Piffaut était aussi connue pour ne jamais se séparer de son caniche, Gaëtan. Ce dernier la suivait jusque dans les négociations avec les syndicats ou les réunions stratégiques avec des banquiers. "Elle était à la fois fantasque tout en semblant avoir les pieds sur terre", se souvient le syndicaliste Frédéric Huon, interrogé par Capital.

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