Depuis plusieurs mois court une rumeur dite du "9-3" selon laquelle plusieurs élus des quatre coins d’Hexagone auraient reçu de l’argent de la part du Conseil général de Seine-Saint-Denis pour accueillir des familles d’immigrés ou d’origine étrangères. Les maires visés crient au scandale.

A l'approche des prochaines élections municipales, l’affaire faire tache. Une folle rumeur, surnommée "9-3", court en effet depuis plusieurs mois maintenant. Circulant notamment à Limoges, Le Mans, Niort, Poitiers, Reims, Châlons-en-Champagne et Soissons, celle-ci consiste à faire croire aux administrés que leurs élus sont payés pour accueillir des familles de Seine-Saint-Denis. Composées d’immigrés ou de personnes d’origine étrangère, celles-ci serviraient alors à remplir les logements vacants de ces villes. En échange de cet "accueil", les communes recevraient de coquettes sommes d’argent de la part du Conseil général de Seine-Saint-Denis.

"Nous réfléchissons à un moyen d’action pour la contrer"Conscients que cela pourrait sérieusement leur porter préjudice et dénonçant une affaire diffamante, plusieurs élus visés par cette folle rumeurs ont décidé de monter au créneau. "Nous nous sommes rencontrés à Paris avec Xavier Bertrand voici quinze jours et il m’a confié que lui-même était victime de cette rumeur depuis peu",  a ainsi indiqué à L’Union Benoist Apparu, le maire adjoint UMP de Châlons-en-Champagne  qui a récemment porté plainte contre X pour diffamation. Celui-ci a par ailleurs prévenu : "Nous réfléchissons à un moyen d’action pour la contrer". Selon lui, le risque représenté par une telle rumeur est d’autant plus grand pour les élections de 2014 qu’elle a déjà fait perdre deux points à son parti lors des dernières  législatives.

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"Une pure rumeur collective"Et alors que des édiles de droite et de gauche sont visés par la "rumeur du 9-3", Benoît Apparu a également confié à Libération : "Je ne crois pas qu'il y ait aucun parti politique suffisamment efficace pour propager ce type de rumeur avec cette puissance-là. Que ce soit repris et accentué localement, c'est probable, mais il s'agit d'une pure rumeur collective". Quant à l’ampleur qu’a pris ce bruit qui court auprès des populations, Benoît Apparu a regretté que "ce qui est sous-jacent malheureusement, c’est que ces personnes, dans l’imaginaire, elles font peur, elles sont forcément délinquantes, et si elles viennent du ‘9-3’, l’image est encore pire !".

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