Le patrimoine complet des ministres sera rendu public ce lundi en fin d’après-midi. Une initiative du gouvernement qui fait suite à l’affaire Cahuzac et suscite nombre de critiques tant dans l’opposition qu’au sein même de la majorité.

A 17 heures, le patrimoine des ministres sera connu de tous. Rassemblées depuis jeudi dernier par le secrétariat général du gouvernement, les listes des biens possédés par les 37 ministres seront mises en ligne sur le site www.gouvernement.fr. Ces informations s’ajouteront ainsi  aux déclarations d’intérêts établies par les ministres au moment de leur prise de fonction.  Mais certains membres du gouvernement n’ont pas attendu la date limite pour faire connaître l’étendue de leur patrimoine. Première à dévoiler ses biens, Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux Personnes handicapées, a annoncé qu’elle possède entre autres, de deux appartements, l'un à Marseille, l'autre en Haute-Corse, ainsi que d'une maison dans l'Hérault, d'une valeur totale de 565.000 euros. Elle a ensuite été suivie par plusieurs autres de ses collègues comme Arnaud Montebourg, Cécile Duflot et Pascal Canfin.

"Des éléments privés rendus publics"Mais alors que c’est une première en France, l’opération transparence voulue par le gouvernement pour regagner la confiance des Français ne fait pas l’unanimité. En effet, même si plus de six Français sur dix estiment nécessaire la publication du patrimoine des hommes politiques,  sept sur dix seraient toutefois indifférents s'ils apprenaient qu'un ministre ou un député était très riche, selon un sondage IFOP dans le Journal du Dimanche. "Lorsqu'une mesure de transparence est prise, il y a toujours une hésitation légitime à avoir, car ce sont des éléments privés rendus publics", admet-on à Matignon. Mais, ajoute-t-on de même source, "dans toute une série de pays, cette transparence existe et est entrée dans les moeurs".

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"Du voyeurisme"Et tandis que l’exécutif espère ainsi reprendre la main et tourner la page douloureuse de l’affaire Cahuzac, l’entourage du Premier ministre Jean-Marc Ayrault a expliqué : publier les patrimoines n'aurait pas suffi pour découvrir le compte caché de Jérôme Cahuzac, mais cela "permet de renforcer les contrôles et de procéder à d'éventuels recoupements". De son côté, Claude Bartolone, le président PS de l’Assemblée nationale s’est opposé à cette initiative. Selon lui, "déclarer, contrôler, sanctionner, c'est de la transparence" alors que "rendre public, c'est du voyeurisme". Un avis partagé par la droite. L’ancien ministre UMP Luc Chatel redoute en effet que le chef de l'Etat jette "l'opprobre" sur la classe politique pour masquer le fait qu'il y avait un "voyou" au PS. 

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