Le président de la commission d’enquête parlementaire portant sur l’affaire Cahuzac a assuré ce mercredi que le président François Hollande a été informé de toute cette affaire avant qu'elle éclate et ce, dès le mois de décembre dernier.

Deux mois après l’éclatement de l’affaire Cahuzac, une commission d’enquête parlementaire tente actuellement de déterminer les responsabilités de chacun, notamment au sein du gouvernement.  Et alors que trois ministres ont été auditionnés mardi (Christiane Taubira, Manuel Valls et Pierre Moscovici), Charles de Courson, le président de la commission d’enquête a affirmé ce mercredi au micro de France 2 qu’au vue des derniers éléments qui lui ont été apportés : "Nous avons la preuve que le président a été parfaitement informé" de l’existence d’un compte en Suisse non-déclaré et appartenant à l’ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac.

"Il le sait le 15 décembre"Assurant détenir des "preuves" de ce qu’il avance, Charles de Courson a poursuivi en expliquant que c’est l’ancien maire RPR de Villeneuve-sur-Lot, Michel Gonelle – qui détenait l'enregistrement dans lequel on entend Jérôme Cahuzac parler de son compte en Suisse - "a informé le directeur adjoint du cabinet du président (Alain Zabulon, ndlr) le 15 décembre qui est immédiatement allé voir le secrétaire général de l'Elysée (Pierre-René Lemas), et tous les deux, ils sont allés voir le président dans son bureau". Et d’insister : "Donc, il (ndlr : François Hollande) le sait le 15 décembre.

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Pourquoi François Hollande n’a-t-il rien fait ?Fort de ces "preuves", le président de la Commission a également rappelé qu’Edwy Plenel, le directeur de Mediapart – le média qui a révélé l’affaire Cahuzac -, est "un ami personnel du président" et qu’ "ils ont même écrit un bouquin ensemble", avant de préciser : "Le18 (décembre, Ndlr), Edwy Plenel informe l'Elysée qu'ils ont toutes les preuves". Mais alors que Charles Courson s’interroge sur les éventuelles mesures envisagées par François Hollande après avoir été informé de cette affaire, il ne pourra cependant pas s'entretenir avec lui à ce sujet et ce, en raison "du principe de séparation des pouvoirs". Il songe donc à questionner le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Jérôme Cahuzac contraint de démissionner après l'éclatement de l'affaire :