Spasfon et ALD : pourquoi le remboursement chute au 1er octobre 2026
Le couperet réglementaire vient de tomber pour les 13,8 millions d'assurés bénéficiant d'une affection de longue durée (ALD). Le gouvernement révise le périmètre des dépenses prises en charge intégralement par la Sécurité sociale pour freiner les déficits. Cette décision cible directement les produits prescrits pour soulager des symptômes annexes.
Le décret n° 2026-285 met fin au remboursement intégral de 171 médicaments
Publié au Journal officiel le 17 avril 2026, le décret n° 2026-285 acte la fin de l'exonération du ticket modérateur pour une liste précise de molécules. Dès le 1er octobre 2026, 171 spécialités pharmaceutiques classées PH2 basculent d'une couverture à 100 % vers le taux de droit commun fixé à 15 %.
Cette mesure frappe des références très courantes inscrites sur les ordonnances bizones. Le Spasfon (phloroglucinol), le Gaviscon, le Dexeryl, le Meteospasmyl ou encore la Bétadine perdent ainsi leur statut privilégié. L'impact financier se ressent immédiatement au comptoir : pour une boîte de Spasfon vendue à 3,16 euros ou de Gaviscon à 4,23 euros, l'Assurance maladie ne remboursera plus que quelques dizaines de centimes. Avec la franchise médicale obligatoire de 1,00 euro par boîte, la participation nette de la Sécurité sociale devient quasi nulle.
Le service médical rendu faible motive les économies sans menacer les traitements de fond
Cette rétrogradation s'appuie sur les critères techniques de la Haute Autorité de santé (HAS). L'institution évalue le service médical rendu (SMR) selon l'efficacité clinique et la gravité de la pathologie ciblée. Un SMR qualifié de faible n'indique pas un médicament dangereux, mais signale une efficacité modeste ou purement symptomatique à l'échelle d'une population. « Si un médicament est à 15 %, c'est qu'il a une efficacité limitée. Il n'y a pas de raison qu'on le prenne en charge à 100 % », soulignait Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam, lors d'une audition parlementaire rapportée par Egora. Cette réforme vise à récupérer entre 90 et 100 millions d'euros par an.
Le ministère de la Santé trace toutefois une frontière stricte pour préserver les pathologies lourdes. Les thérapies majeures restent remboursées à 100 % : insulines, anticancéreux, trithérapies ou antihypertenseurs ne subissent aucune modification. De même, les consultations de suivi, les analyses biologiques et les hospitalisations liées à l'affection demeurent totalement prises en charge sans reste à charge supplémentaire.
Le dialogue médical et la vérification des mutuelles limitent le reste à charge
Face à ce transfert financier de 85 % vers le patient, les assurés doivent faire le point avec leur praticien traitant dès la prochaine consultation de renouvellement. Le médecin peut réévaluer l'utilité réelle de ces traitements d'appoint, orienter la prescription vers des alternatives thérapeutiques dotées d'un meilleur SMR ou recommander des ajustements d'hygiène de vie. Le pharmacien d'officine joue également un rôle de repérage en identifiant les spécialités concernées au moment de la délivrance.
Il convient enfin d'interroger directement sa complémentaire santé. Tous les contrats responsables n'intègrent pas automatiquement la prise en charge du ticket modérateur sur les médicaments remboursés à 15 %. Examiner ses garanties permet de vérifier la présence d'un forfait pharmacie prescrite ou d'un renfort spécifique pour éviter des dépenses imprévues chaque mois.
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