11 septembre : le jour où l'Amérique fut frappée en plein cœur… et où naquit la séparation entre gauche et droite
11 septembre 1789 : Quand une dispute d'hémicycle inventa la gauche et la droite
Si le 11 septembre évoque immédiatement les tragédies contemporaines du XXIe siècle, c'est pourtant un 11 septembre également que vit le jour le clivage idéologique le plus universel de la planète. En ce début d'automne 1789, au sein de l’Assemblée nationale constituante réunie à Versailles, une question cruciale déchire les esprits : faut-il accorder au roi Louis XVI un droit de veto absolu lui permettant de suspendre ou d'annuler les lois votées par les représentants du peuple ?
Dans la salle des Menus-Plaisirs, les débats sont d'une violence inouïe. Le tumulte tourne rapidement au pugilat verbal, rendant tout décompte des voix impossible dans le brouhaha général. Pour clarifier la situation et savoir qui soutient quelle motion, les députés décident de se regrouper physiquement dans l'espace. Spontanément, les partisans de la monarchie, de la tradition et du maintien de l'autorité royale choisissent de s’asseoir à la droite du président de séance. À l’opposé, les partisans des réformes radicales, de la limitation des pouvoirs du monarque et de la souveraineté populaire s'installent à sa gauche.
Ce simple aménagement d'urgence, dicté par une acoustique défaillante et l'exaspération des tribuns, n'avait rien d'une doctrine philosophique préméditée. Pourtant, cette géographie parlementaire improvisée a traversé les siècles et les frontières pour devenir la boussole incontournable de la vie démocratique moderne.
11 septembre 1917 : L'ultime envol du "héros des As", Georges Guynemer
Cent vingt-huit ans après les clameurs de Versailles, c'est le fracas assourdissant de la Grande Guerre qui endeuille la France dans les brumes de Flandre. Ce matin-là, le capitaine Georges Guynemer, prodige de l’aviation de chasse âgé de seulement 22 ans, s’envole depuis le terrain de Saint-Pol-sur-Mer aux commandes de son SPAD XIII baptisé "Le Vieux Charles". Silhouette frêle et santé fragile, ce jeune homme tuberculeux rejeté à plusieurs reprises par l'armée s'était imposé par son audace pure comme une légende vivante, totalisant 53 victoires aériennes homologuées au sein de la prestigieuse escadrille des Cigognes.
Parti en patrouille au-dessus des lignes ennemies vers Poelkapelle, en Belgique, Guynemer engage le combat à travers une épaisse couche nuageuse. Quelques instants plus tard, son avion disparaît des radars visuels de ses coéquipiers. Malgré d'intenses recherches, ni sa carlingue broyée ni sa dépouille ne seront jamais formellement récupérées dans un no man's land pilonné sans relâche par l'artillerie lourde. Cette absence de sépulture a immédiatement forgé le mythe : pour tout un peuple meurtri, l'aviateur prodige était "monté si haut qu’il n’avait jamais pu redescendre".
Érigé en demi-dieu dans les tranchées et dans les écoles de la République, Guynemer laissa à la postérité sa devise personnelle, devenue l'étendard officiel de l'Armée de l'air française : "Faire face". Quinze ans après la disparition de cet ange des cieux, c'est un tout autre spectacle, bien plus festif et résolument terrestre, qui allait captiver les foules sur les pelouses d'un pays en pleine modernisation.
11 septembre 1932 : Le coup d'envoi du premier championnat de France professionnel de football
En ce dimanche ensoleillé de 1932, les pelouses françaises assistent à une révolution culturelle majeure : la naissance officielle du football rémunéré. Après des décennies de faux amateurisme et de débats passionnés entre puristes de l'olympisme et partisans du spectacle de masse, les dirigeants du ballon rond, emmenés par Emmanuel Gambardella et Gabriel Hanot, franchissent enfin le pas. La "Division Nationale", ancêtre directe de notre Ligue 1 contemporaine, organise ce jour-là sa toute première journée de compétition.
Vingt clubs pionniers, répartis en deux poules de dix équipes, s'élancent dans l'aventure. On y retrouve déjà les bastions historiques du football hexagonal : l'Olympique de Marseille, le Red Star, le FC Sochaux ou encore l'Olympique lillois. Loin des tactiques cadenassées d'aujourd'hui, le spectacle offert aux dizaines de milliers de spectateurs massés dans les tribunes est un festival offensif : pas moins de 43 buts sont inscrits au cours de ces dix premières rencontres inaugurales.
Au printemps suivant, l'Olympique lillois décrochera le tout premier titre de champion de France de l'ère moderne, scellant l'avènement du sport-spectacle dans l'Hexagone. Mais l'insouciance des grandes arènes populaires et les exploits sportifs allaient, trente-six ans plus tard, être obscurcis par l'un des mystères aéronautiques les plus troublants de la Ve République.
11 septembre 1968 : La tragédie de la Caravelle Ajaccio-Nice et l'ombre du secret-défense
À 10 h 09, la Caravelle SE-210 assurant le vol Air France 1611 décolle de l'aéroport d'Ajaccio à destination de Nice avec 95 personnes à son bord, dont de nombreux enfants revenant de vacances. Vingt minutes plus tard, alors que l'appareil amorce sa descente au-dessus de la Méditerranée, la situation vire à la catastrophe. À 10 h 30, l'équipage émet un message de détresse signalant un feu à bord et des difficultés de contrôle insurmontables. Trois minutes plus tard, à 10 h 33, l'avion de ligne percute violemment la mer à une quarantaine de kilomètres au large du cap d'Antibes. Le choc est d'une telle violence qu'aucun occupant ne survit.
Très rapidement, les conclusions officielles des enquêteurs imputent le crash à un départ de feu accidentel dans les toilettes de l'appareil. Pourtant, cette version est immédiatement contestée par les familles des disparus, qui mettent en avant de troublantes anomalies : des enregistrements sonores mystérieusement amputés, des pages de registres de bord déchirées et des témoignages décrivant la présence d'exercices militaires dans la zone. Dès lors, une thèse clandestine s'installe : la Caravelle aurait été percutée par un missile d'exercice français égaré, tiré depuis l'île du Levant par la Marine nationale.
Malgré la levée partielle de documents classifiés secret-défense ordonnée des décennies après la tragédie par le président Emmanuel Macron, le dossier judiciaire reste un traumatisme ouvert, symbole de la raison d'État face au deuil des citoyens. Cette même violence des institutions et des secrets militaires allait, cinq ans plus tard, frapper un continent tout entier à des milliers de kilomètres de là.
11 septembre 1973 : Le bombardement de la Moneda et la fin tragique de Salvador Allende
Ce matin-là, les rues de Santiago du Chili résonnent du grondement des blindés et des bottes militaires. À l’aube d'un coup d'État orchestré par les forces armées chiliennes avec le soutien discret de la CIA américaine, le général Augusto Pinochet passe à l'offensive pour renverser le président socialiste Salvador Allende, élu démocratiquement trois ans plus tôt. Retranché dans le palais présidentiel de la Moneda avec une poignée de fidèles, Allende refuse obstinément de capituler ou de négocier un exil doré.
En fin de matinée, des chasseurs bombardiers Hawker Hunter de l'armée de l'air chilienne pilonnent le palais néoclassique avec une précision chirurgicale, transformant le siège du pouvoir en brasier. Casque militaire sur la tête et arme au poing, Salvador Allende prononce en direct sur les ondes grésillantes de Radio Magallanes son testament politique : "On m'assassinera, mais sachez-le, plus tôt que tard, s'ouvriront de grandes avenues où passera l'homme libre." Quelques minutes plus tard, alors que les putschistes investissent les couloirs dévastés, le président se donne la mort d'une balle dans la tête pour ne pas tomber vivant aux mains de ses geôliers.
La junte militaire inaugure alors dix-sept années de dictature sanglante, marquée par la torture, les camps de prisonniers et des milliers de disparitions forcées. En France, le choc est immense : la gauche unie autour de François Mitterrand prend fait et cause pour la mémoire d'Allende, tandis que le pays accueille plus de 15 000 réfugiés chiliens fuyant les persécutions. Mais cette date funeste devait encore inscrire, vingt-huit ans plus tard, son nom au panthéon noir de l'Histoire dans un fracas inimaginable.
11 septembre 2001 : L'apocalypse à New York et le basculement du XXIe siècle
À 8 h 46, sous le ciel bleu azur d'une fin d'été new-yorkaise, le vol American Airlines 11 s'écrase contre la tour nord du World Trade Center. Alors que les chaînes de télévision du monde entier retransmettent en direct ce que l'on croit d'abord être un accident aérien aberrant, un second avion de ligne, le vol United Airlines 175, transperce la tour sud à 9 h 03. Le doute n'est plus permis : les États-Unis subissent l'attaque terroriste la plus coordonnée et dévastatrice de l'Histoire moderne. Dix-neuf pirates de l'air affiliés au réseau djihadiste Al-Qaïda ont détourné quatre appareils civils pour frapper le cœur financier et militaire de la superpuissance.
Une demi-heure plus tard, un troisième appareil éventre l'aile ouest du Pentagone à Washington, tandis que le quatrième s'écrase dans un champ de Pennsylvanie après la révolte héroïque des passagers refusant de laisser leur avion atteindre le Capitole. À Manhattan, l'effondrement successif des tours jumelles plonge des dizaines de blocs d'immeubles dans une obscurité sépulcrale de poussière et d'amiante. Le bilan humain est effroyable : 2 977 victimes innocentes issues de 90 pays perdent la vie au cours de cette seule matinée.
En France et partout sur le globe, la sidération laisse place à une solidarité viscérale, incarnée dès le lendemain par la célèbre une du journal Le Monde : "Nous sommes tous Américains". De la traque planétaire d'Oussama ben Laden aux guerres interminables d'Irak et d'Afghanistan, en passant par le bouleversement durable des libertés publiques et des contrôles aéroportuaires, ce cataclysme en temps réel a inauguré le XXIe siècle en redéfinissant à jamais les équilibres géopolitiques de notre planète.
11 septembre : Saint Adelphe
Saint Adelphe vécut au VIIe siècle dans l'est de la France. Issu d'une noble famille et petit-fils de saint Romaric, il choisit de consacrer sa vie au service de Dieu et entra au monastère d'Habend, situé dans le massif des Vosges (site qui donnera plus tard naissance à la ville de Remiremont). Élevé dans la piété et l'étude des saintes Écritures, il devint historiquement le troisième abbé de cette célèbre communauté monastique double, succédant ainsi à saint Amé et saint Romaric. Reconnu pour sa douceur, sa sagesse pastorale et son esprit de prière, Adelphe guida la communauté avec dévouement, veillant au respect de la règle et au soulagement des pauvres des environs. Il s'éteignit paisiblement vers l'an 670. Ses reliques, vénérées pour les grâces et les guérisons qui leur étaient attribuées, ont fait de lui une figure spirituelle marquante de la Lorraine médiévale.
Les saints du jour
En plus de saint Adelphe, la liturgie chrétienne honore le 11 septembre d'autres saints et bienheureux :
- Saint Jean-Gabriel Perboyre, prêtre lazariste français et martyr en Chine au XIXe siècle.
- Saints Prote et Hyacinthe, martyrs à Rome au IIIe siècle sous les persécutions de l'Empire romain.
- Saint Patient de Lyon, évêque de Lyon au Ve siècle, loué pour sa grande générosité lors des famines en Gaule.
- Sainte Théodora d'Alexandrie, pénitente d'Égypte ayant vécu au Ve siècle.
- Saint Paphnuce, évêque et confesseur de la foi en Égypte au IVe siècle.
Les célébrités portant ce prénom
Le prénom Adelphe, d'origine grecque et signifiant "frère", demeure d'une rareté absolue dans l'histoire moderne et contemporaine. En raison de cette rareté insigne à l'état civil moderne, le prénom s'est surtout perpétué à travers la toponymie et le patrimoine religieux en Alsace et en Lorraine, où plusieurs églises et chapelles perpétuent le souvenir de l'abbé vosgien.
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