Singapour : un étudiant français de 18 ans encourt la prison après avoir léché... une paille
Un étudiant français de l'Essec Singapour se retrouve au cœur d'une tourmente judiciaire après une vidéo jugée provocatrice, risquant la prison ferme pour avoir léché une paille dans un distributeur automatique.
Une inculpation pour une simple blague sur Instagram
Le 24 avril 2026, Didier Gaspard Owen Maximilien, un Français étudiant à l'antenne locale de la prestigieuse Essec Business School, a comparu sous escorte devant un tribunal de district de Singapour.
Les faits reprochés par la justice remontent précisément au 12 mars 2026. Ce jour-là, le jeune homme de 18 ans s'est filmé en train de lécher allègrement une paille dépassant d'un distributeur automatique de jus d'orange de la marque iJooz, installé au Goldhill Centre. Il a ensuite délibérément replacé l'objet dans la machine.
La circonstance aggravante réside dans la diffusion immédiate de cette séquence sur internet. Le prévenu a publié la vidéo sous forme de story sur son compte Instagram, accompagnée de la légende city is not safe (la ville n'est pas sûre). Selon l'AFP, cette provocation assumée a immédiatement déclenché la colère foudroyante des internautes locaux et poussé l'entreprise lésée à déposer une plainte officielle auprès de la Singapore Police Force (SPF).
Pourquoi la justice singapourienne voit rouge ?
Face à ce comportement, les autorités locales ont décidé de frapper fort en retenant deux chefs d'inculpation majeurs. Le premier concerne le délit de méfait, strictement encadré par la Section 426 du Code pénal de Singapour.
Selon les déclarations officielles de l'entreprise iJooz rapportées par Le Parisien, cette plaisanterie de très mauvais goût a causé un préjudice financier direct. La société a dû procéder en urgence à la désinfection complète de la machine et remplacer préventivement 500 pailles afin de garantir une sécurité sanitaire totale aux consommateurs.
Le second chef d'accusation relève de la nuisance publique, défini par la Section 268 de ce même code. Les enquêteurs locaux estiment que l'étudiant savait pertinemment que sa mise en scène causerait un désagrément profond au public. Cette fermeté absolue s'explique par l'obsession de la population pour la propreté, un véritable pilier de l'ordre public largement renforcé par le passage des crises sanitaires passées.
En réaction à ce scandale, la direction de l'Essec a confirmé au média La Nouvelle Tribune l'ouverture immédiate d'une enquête disciplinaire interne. Un représentant de l'établissement supérieur a d'ailleurs dû se porter caution pour libérer le jeune homme, réglant la somme de 5 000 dollars singapouriens (soit environ 3 400 euros).
Une lourde peine encourue
Les peines encourues par ce jeune ressortissant français s'avèrent particulièrement sévères au regard du droit européen. Pour le seul chef de méfait, l'accusé risque jusqu'à deux longues années de prison ferme. S'y ajoutent une amende salée de 2 000 dollars et trois mois de détention supplémentaires pour la charge de nuisance publique.
Le calendrier judiciaire s'accélère déjà, puisque la prochaine audience décisive est fixée au 22 mai 2026, indique la chaîne AsiaOne. À cette date précise, le prévenu devra formellement signifier son plaidoyer devant le juge et indiquer s'il plaide coupable ou non coupable des faits qui lui sont reprochés.
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