Disparitions d’enfants : en moyenne, 112 enfants disparaissent chaque jour en France

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 26/05/2026
enfant de dos
Istock
Photo d'illustration
Face à un bond de 6,4 % des disparitions de mineurs en 2025, avec 112 cas quotidiens, la Haute-commissaire à l'Enfance alerte sur une urgence qui impose de revoir nos réflexes de sécurité.

Les statistiques récemment dévoilées par les autorités judiciaires marquent une rupture brutale dans notre pays. Depuis 2021, la tendance globale s'orientait heureusement à la baisse concernant les alertes pour des enfants perdus ou en fuite. Pourtant, l'année 2025 dessine une toute autre réalité sur l'ensemble du territoire national. Les services de l'État soulignent une dégradation rapide de la situation, exigeant une mobilisation générale des familles et des institutions.

Un bilan 2025 marqué par une forte hausse des disparitions de mineurs

La trajectoire rassurante observée lors des dernières années s'est définitivement brisée. Selon les données communiquées par le ministère de l'Intérieur, les forces de l'ordre ont enregistré 40 953 signalements au cours de l'année 2025. Ce chiffre préoccupant représente une hausse globale de 6,4 % en l'espace de douze petits mois. Ce volume impressionnant traduit un quotidien particulièrement sous tension pour les policiers et les gendarmes chargés de ces dossiers.

En moyenne, ce sont près de 112 enfants qui disparaissent chaque jour en France, un rythme effréné. Cette recrudescence massive s'explique majoritairement par une poussée des fugues. Celles-ci concentrent 38 706 cas recensés, soit une progression notable de 6,2 %. Cependant, les experts du gouvernement notent également une explosion des dossiers directement qualifiés de dangereux, exigeant des déploiements de recherches immédiats et massifs sur le terrain.

Les raisons d'une aggravation sévère chez les plus jeunes

Les disparitions dites inquiétantes progressent de façon spectaculaire, affichant une augmentation de 18,6 % pour atteindre 1 629 signalements en 2025. Ces situations extrêmement sensibles concernent désormais principalement des mineurs âgés de moins de 15 ans. Ce rajeunissement s'accompagne de nouveaux facteurs de vulnérabilité identifiés par les enquêteurs spécialisés.

Vous avez aimé cet article ?

Les rapports pointent systématiquement du doigt l'emprise de tiers, les troubles psychiques naissants et les lourds risques d'exploitation sexuelle. Cette dernière menace est présumée ou avérée dans un tiers des dossiers visant spécifiquement des jeunes filles. Selon Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l'Enfance, "une fugue n’est jamais un simple 'caprice d’adolescent'".

L'experte gouvernementale met en lumière l'influence grandissante des mauvaises rencontres, qu'elles soient physiques ou virtuelles, et la profonde détresse à l'origine de ces départs soudains. "Ce chiffre est un véritable signal d’alarme et devrait tous nous empêcher de détourner le regard", ajoute-t-elle dans son bilan officiel. Par ailleurs, les statistiques montrent que près de 38 % des fugues impliquent aujourd'hui des enfants de moins de 15 ans, une proportion alarmante en hausse constante depuis 2020 avec un bond de 3,8 %.

Les conséquences directes et les bons réflexes à adopter sans attendre

Face à l'angoisse indicible d'un enfant introuvable, certaines idées reçues dangereuses persistent dans les esprits. Il faut absolument détruire le mythe du délai légal. Les services du réseau 116 000 Enfants Disparus martèlent qu'il ne faut jamais patienter 24 ou 48 heures pour prévenir les forces de l'ordre en cas d'absence anormale.

Le signalement officiel doit se faire "sans délai". La loi française stipule en effet que toute disparition de mineur est systématiquement présumée inquiétante. Ce cadre juridique strict permet aux enquêteurs de déclencher les investigations sur-le-champ. En parallèle, le numéro européen 116 000 joue un rôle central dans le processus d'alerte.

Cette ligne téléphonique d'urgence gratuite, dont les appels reçus ont bondi de 18,2 %, offre un accompagnement juridique, psychologique et administratif très dense aux familles désemparées. Enfin, la sécurité des mineurs passe par une politique de prévention active au quotidien. Les parents doivent s'efforcer de repérer les signaux faibles, comme un isolement soudain, et sensibiliser leur entourage proche aux immenses risques liés à l'emprise numérique.

Google News Voir les commentaires