Affaire des viols de Mazan : le site controversé "Coco" réapparaît sous un nouveau nom

Publié par Sarah Martin
le 29/04/2026
Affaire Pelicot : le site controversé "Coco" réapparaît sous un nouveau nom
Istock
Photo d'illustration
Coco, désormais rebaptisée Cocoland, est à nouveau dans le viseur des autorités, qui enquêtent sur la réapparition de cette plateforme fermée par la justice en 2024. Elle est soupçonnée d’avoir facilité des agressions sexuelles, notamment dans l’affaire Pelicot, ainsi que des guet-apens à caractère homophobe.

Moins de deux ans après son démantèlement historique par la justice, le sulfureux site de tchat Coco fait sa réapparition sous le nom de Cocoland, déclenchant une riposte immédiate du parquet de Paris.

Ce retour inattendu sur la toile suscite une vive inquiétude au sommet de l'État et chez les associations de protection de l'enfance. Autrefois identifié comme un facilitateur de crimes graves, ce portail anonyme représente un danger direct pour les internautes les plus vulnérables. Face à cette menace numérique, les pouvoirs publics se mobilisent en urgence pour tenter de neutraliser cette nouvelle adresse.

L'ouverture d'une enquête judiciaire sur le nouveau site Cocoland

Depuis la mi-avril 2026, la plateforme a refait surface sous une identité visuelle et technique légèrement modifiée, se faisant désormais appeler Cocoland. La réponse judiciaire ne s'est pas fait attendre face à cette réouverture illégale. Selon une dépêche de l'AFP, le parquet de Paris a officiellement annoncé l'ouverture d'une enquête ce 28 avril 2026. Les investigations techniques et judiciaires sont confiées à l'unité nationale cyber de la gendarmerie nationale, chargée de débusquer les administrateurs dissimulés derrière ce nouveau nom de domaine.

Sarah El Haïry, haute-commissaire à l'Enfance, a vivement réagi au micro de RMC le 18 avril 2026. La représentante politique dénonce une situation inacceptable pour la sécurité des mineurs : "Le retour du site Coco, c'est une vraie gifle à la promesse de protection qu'on fait". 

Les raisons d'une traque sans relâche contre un repaire de prédateurs

Le passif de cette plateforme d'échanges s'avère particulièrement lourd sur le plan judiciaire. Le ministère de la Justice rappelle un chiffre édifiant : l'ancienne version était mentionnée dans plus de 23 000 procédures pénales en France. Le portail est mentionné dans le dossier des viols de Mazan impliquant Dominique Pelicot

Il servait également de repaire pour organiser de multiples guet-apens homophobes et hébergeait de vastes réseaux pédocriminels. Toujours d'après l'AFP, le fondateur historique, Isaac Steidl, a d'ailleurs été mis en examen le 9 janvier 2025 pour complicité de pédopornographie et corruption de mineurs.

Vous avez aimé cet article ?

Malgré le changement d'adresse, le fonctionnement délétère de la plateforme reste totalement inchangé. L'absence d'inscription préalable, l'anonymat absolu et l'outil de géolocalisation intégré continuent de faciliter une mise en relation dangereuse entre adultes malintentionnés et adolescents. L'absence de modération crée un espace de non-droit assumé.

Les enquêteurs français se heurtent toutefois à un obstacle de taille. Afin d'échapper à la juridiction nationale, les créateurs ont délocalisé l'hébergement de ce nouveau site en Ukraine. Cette stratégie d'évasion complique considérablement les procédures de blocage et de saisie de serveurs, lesquelles avaient pourtant été couronnées de succès en juin 2024 lors de la précédente fermeture.

Comment identifier et bloquer l'accès à ces plateformes ?

Pour protéger vos enfants, la première ligne de défense consiste à reconnaître les signes caractéristiques de ces espaces non régulés. L'interface visuelle apparaît souvent simpliste et trompeuse. Aucune vérification d'âge rigoureuse n'est exigée lors de la connexion, et les salons de discussion portent régulièrement des noms très explicites, parfois astucieusement dissimulés sous des thématiques d'apparence banale

Google News Voir les commentaires