Au Paraguay, Kylian Mbappé est devenu "l'homme le plus détesté" : son effigie brûlée en place publique !

Publié par Matthieu Chauvin
le 09/07/2026
Kylian Mbappé
abacapress
© ZUMA/ABACA
Quelques jours après l'élimination du Paraguay au Mondial 2026, Kylian Mbappé continue de subir un déferlement de haine sans précédent dans la capitale Asunción, mêlant effigies brûlées et racisme politique.

La victoire de l'équipe de France a laissé des traces profondes hors des pelouses nord-américaines. Depuis le coup de sifflet final, la rue paraguayenne s'embrase contre le buteur tricolore, transformant une rancœur sportive en un véritable incident diplomatique. Le joueur du Real Madrid se retrouve au centre d'une tempête qui mêle traditions détournées et attaques racistes décomplexées.

Mbappé pris pour cible par une sénatrice paraguayenne 

Tout a commencé le 4 juillet, sur la pelouse du stade de Philadelphie. Après une longue intervention de l'assistance vidéo, Kylian Mbappé transforme un penalty décisif à la 70e minute, scellant l'élimination des Sud-Américains. La fin de la rencontre, dont l'ensemble a été marquée par des coups et de l'antijeu de la part des adversaires des Bleus, mais aussi par la passivité d'un arbitre inexpérimenté, dégénère rapidement. Le gardien paraguayen Orlando Gill déclenche un début de bagarre générale en jetant violemment le ballon dans le dos de l'attaquant français, furieux d'avoir été ignoré pour une poignée de main.

L'hostilité franchit d'abord un cap politique. La sénatrice Celeste Amarilla publie des messages racistes d'une violence inouïe sur le réseau social X (ils ne sont plus accessibles depuis). L'élue "tweete", à propos du capitaine de l'équipe de France : "Cet abruti n’a même pas appris à écrire. Au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco, et les êtres les plus instruits qu’il ait jamais entendus étaient des chimpanzés."

Puis elle reprend : "Un Camerounais issu de la colonisation, s’efforçant désespérément de passer pour un Français, rancunier, nouveau riche, arrogant et laid. Il était nerveux et mort de peur pendant tout le match, à l’image de toute son équipe. Ils n’ont même pas réussi à marquer un but, ils ont gagné grâce à un coup de chance."

Vous avez aimé cet article ?

La réaction ferme du gouvernement français

L'élue va d'abord s'excuser, voyant les proportions que prend sa réaction au niveau diplomatique direct et mondial. Le gouvernement paraguayen va faire de même, allant jusqu'à envoyer un courrier à Emmanuel Macron, qui a apporté son soutien à Kylian Mbappé ("Un but de plus pour Kylian Mbappé. Contre le racisme cette fois" a-t-il réagi sur X), comme la ministre des Sports Marina Ferrari, et bien d'autres personnalités, du monde entier. 

Tweet URL

Kylian Mabppé extradé vers le Paraguay : la farce de trop ?

Mais la sénatrice va récidiver, devant son parlement, traitant Kylian Mbappé de "Fils de pute", puis affirmant, "Cela n’est pas Français, un Français n’aurait jamais fait ça, jamais !". Ce matin, on apprenait par Le Parisien, que l'avocat de la femme politique et sa cliente envisageaient des poursuite contre le joueur ! 

Facebook

"Comme les faits ont également eu des conséquences au Paraguay, ce qu’a écrit Mbappé peut effectivement faire l’objet d’un jugement ici au Paraguay ; ce qui, pour nous, constitue une diffamation ou une calomnie est également érigé en infraction pénale en France, et nous pouvons engager une procédure contre Mbappé ici, et il peut être extradé pour comparaître devant la justice ici, au Paraguay."

Du terrain au bûcher dans les rues d'Asunción

Sur le sol sud-américain, la colère populaire prend une forme alarmante. Durant la nuit du 7 au 8 juillet, à l'occasion des fêtes traditionnelles de la San Juan, des supporters incendient des poupées de paille représentant le capitaine de l'équipe de France. Cette pratique locale, nommée "Judas kái", sert initialement de justice populaire symbolique pour punir les personnalités les plus détestées de l'année écoulée. Elle cristallise ici une haine tenace.

Tweet URL

 

Un climat délétère et une riposte juridique

Cette explosion de haine s'inscrit dans un contexte délétère préexistant. L'ancien gardien mythique José Luis Chilavert avait déjà allumé la mèche en affirmant que son pays allait affronter "une sélection d'Afrique" en réponse à Christophe Dugarry (devenu consultant, qui l'avait affronté en 1998 lors de la Coupe du Monde) qui affirmait que la France battrait facilement le Paraguay. Face à ces agressions répétées, la contre-attaque des instances françaises est immédiate et extrêmement ferme.

La Fédération Française de Football saisit officiellement la justice et annonce un signalement immédiat au parquet. "Ces propos déshonorent ceux qui les tiennent et ceux qui les diffusent. Les joueurs de l'Équipe de France représentent la France, c'est notre pays qui est insulté", fustige son site officiel de la FFF, ajoutant que les mots de l'élue sont "totalement abjects." Le Pôle national de lutte contre la haine en ligne ouvre une enquête, même si l'immunité parlementaire de la politicienne risque d'entraver la procédure.

Google News Voir les commentaires