SEQE 2 : jusqu’à 15 centimes de plus au litre dès 2028
Les automobilistes européens voient se profiler une nouvelle donne budgétaire pour leurs déplacements quotidiens. Réunis à Strasbourg, les eurodéputés ont adopté les modalités d'application d'un filet de sécurité tarifaire pour accompagner l'extension des quotas d'émission aux transports. Cette réforme d'envergure redéfinit la fiscalité écologique continentale tout en tentant d'éviter une dérive brutale des prix à la distribution.
Une entrée en vigueur calée sur 2028 avec un bouclier voté à Strasbourg
Le 15 septembre 2026, le Parlement européen a voté l'activation d'un mécanisme d'atténuation tarifaire pour préparer l'arrivée du SEQE 2, le système d'échange de quotas d'émission de deuxième génération. Initialement programmé pour 2027, le déploiement a été décalé à 2028 afin de laisser aux États membres et aux ménages le temps d'absorber le choc et de prévenir les tensions inflationnistes.
Selon l'Agence européenne pour l'environnement, le cadre vise à instaurer « un signal-prix afin de favoriser des mobilités moins dépendantes des énergies fossiles, notamment l'électrification, les transports collectifs et les gains d'efficacité énergétique ». L'ambition communautaire impose une baisse de 42 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 2005, dans un secteur des transports qui repose encore à 93 % sur les énergies fossiles.
La répercussion mécanique du marché carbone sur les prix à la pompe
Cette régulation ne prend pas la forme d'un prélèvement fiscal direct réclamé au conducteur. Comme le précise le Ministère de la Transition écologique, l'obligation légale s'applique directement aux metteurs à la consommation, c'est-à-dire les distributeurs de carburants (essence, gazole, GPL et E85), contraints d'acquérir des quotas d'émission pour chaque tonne de CO2 mise sur le marché.
En aval, les compagnies pétrolières répercuteront l'intégralité de ces coûts d'acquisition sur les totems des stations-service. Pour modérer cette flambée, Bruxelles a prévu une réserve de stabilité : si le cours du carbone franchit le seuil indicatif de 45 euros par tonne, des volumes supplémentaires de quotas seront injectés sur le marché. L'Association des utilisateurs de transport de fret (AUTF) note ainsi que ce dispositif « devrait générer un impact moyen estimé autour de 15 centimes par litre de gazole ».
Un impact financier direct et des mesures d'amortissement pour les ménages
Pour le portefeuille des ménages, la facture s'annonce salée. Une augmentation de 10 à 15 centimes par litre représente un surcoût immédiat de 5 à 7,50 euros pour un plein de 50 litres. Pour un usager effectuant deux pleins par mois, la dépense additionnelle oscillera entre 120 et 180 euros par an.
Cette charge financière pèsera plus lourdement sur les ménages des zones rurales et périurbaines privés d'alternatives en transports collectifs et dépendants de leur véhicule thermique. Pour atténuer cette disparité, l'Union européenne mobilisera le Fonds social pour le climat, destiné à financer des aides directes, le leasing social ou des chèques ciblés.
Les usagers devront également adapter leurs habitudes par l'écoconduite, l'optimisation des trajets et le covoiturage afin de contenir l'envolée des dépenses.
Voir les commentaires
- Le prix du carburant ne cesse d'augmenter : peut-on fabriquer le sien soi-même ?
- Prime carburant 2025 : les conditions pour en bénéficier
- Nouvelle opération carburant à prix coûtant vendredi et samedi dans toute la France : les enseignes concernées
- Carrefour : des promotions sur le carburant grâce à un nouveau programme de fidélité