Face à la flambée du carburant, quels pays ont décidé d'alléger la facture ?
L'envolée des cours du pétrole bouscule les économies du continent européen et fragilise le pouvoir d'achat des ménages de manière significative. Face à une inflation énergétique qui s'installe durablement, les gouvernements adoptent des stratégies radicalement différentes pour protéger leurs automobilistes. Si la France maintient sa stricte ligne budgétaire en refusant une baisse généralisée des taxes, qui lui coûterait 17 milliards d'euros, et qui entraînerait une pénurie, selon les propos de la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, d'autres nations ont fait le choix d'un allègement fiscal immédiat et massif.
L'Italie et l'Espagne choisissent la ristourne directe
Rome a rapidement réagi face à l'urgence de la situation économique. Le gouvernement italien a instauré une réduction des taxes sur les carburants à hauteur de 25 centimes d'euro par litre, selon les informations rapportées par l'agence de presse Reuters. Initialement prévue pour un mois, cette aide a été prolongée à plusieurs reprises face à la persistance des prix élevés, indique l'AFP. Cette mesure permet d'absorber le choc tarifaire initial à la pompe pour les millions de conducteurs transalpins.
De l'autre côté des Pyrénées, l'Espagne a déployé une subvention d'État financée en collaboration avec les opérateurs pétroliers. Selon le quotidien espagnol El País, le gouvernement garantit une remise directe de 20 centimes par litre pour l'ensemble des consommateurs. L'État finance directement 15 centimes de cette somme, tandis que les distributeurs prennent à leur charge les 5 centimes restants, une mécanique destinée à soulager la mobilité sans vider totalement les caisses publiques.
L'Allemagne et le Royaume-Uni taillent dans les accises
La première puissance économique européenne a également actionné le levier fiscal pour soutenir ses concitoyens. La coalition gouvernementale allemande a appliqué une baisse drastique des taxes sur l'énergie. D'après les analyses publiées par Le Monde, cette initiative s'est traduite par une chute de 30 centimes par litre pour le sans-plomb et de 14 centimes pour le gazole.
Ce choix a replacé temporairement l'Allemagne parmi les marchés les plus compétitifs à la pompe en Europe. Outre-Manche, le Royaume-Uni a suivi une trajectoire similaire sous la forte pression des syndicats de transporteurs. Le ministère des Finances a annoncé une coupe de 5 pence par litre sur les droits d'accise, une baisse qualifiée d'historique. La BBC souligne que le gouvernement britannique n'avait pas consenti à un tel effort fiscal sur les hydrocarbures depuis plus de vingt ans.
La Suède et la Hongrie bouleversent leur cadre légal
Au nord, la Suède, pourtant pionnière en matière de fiscalité écologique, a dû s'adapter à la grogne sociale. Le Parlement suédois a voté une réduction exceptionnelle de la taxe sur l'essence et le diesel de 1,30 couronne par litre, soit environ 12 centimes d'euro. D'après le quotidien Dagens Nyheter, les élus ont justifié ce revirement par les difficultés immenses rencontrées par les travailleurs résidant dans les vastes zones rurales du pays. À l'est, la Hongrie a fait le choix d'une intervention gouvernementale directe sur les marchés.
Budapest a purement et simplement bloqué le litre d'essence à 480 forints (environ 1,20 euro), rapporte la chaîne Euronews. Cette mesure de plafonnement s'applique exclusivement aux véhicules immatriculés sur le territoire national, afin de stopper net le tourisme à la pompe des automobilistes frontaliers. Ces différentes politiques soulignent la diversité des réponses européennes face à une crise de l'énergie globale.
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