18 septembre : le jour où la France abolit la peine de mort… et où le lait détrôna le vin à l’école

Démontage d'une guillotine en bois et métal.
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En ce 18 septembre, jour de la Sainte Nadège, tandis que l’Assemblée nationale réduisait enfin la guillotine au silence et qu'un nageur quadri-amputé défiait les flots tumultueux de la Manche, le destin brisait la légende électrique de Jimi Hendrix. Au cœur de ces tourments se cache également une décision gouvernementale insolite, venue bousculer la troublante habitude des écoliers français de boire du vin à la cantine.

18 septembre 1981 : L'abolition historique de la peine de mort votée à l'Assemblée nationale

Le 18 septembre 1981, une atmosphère de solennité quasi religieuse règne dans l'hémicycle du Palais-Bourbon. La veille, le ministre de la Justice Robert Badinter a prononcé l'un des discours les plus vibrants de l'histoire parlementaire française, appelant à rompre avec une justice qui tue. Porté par la volonté sans faille du président François Mitterrand, qui avait fait de ce combat impopulaire une promesse de campagne, le projet de loi est soumis au scrutin des députés. Contre toute attente, le texte rassemble bien au-delà de la majorité de gauche, séduisant des figures de l'opposition telles que Jacques Chirac ou Philippe Séguin.

Le résultat tombe avec éclat : 363 voix pour, 117 contre. En adoptant ce texte à une écrasante majorité, la France tourne le dos à deux siècles d'usage ininterrompu de la guillotine, héritée de la Révolution de 1789. Ce scrutin historique scelle la fin des exécutions capitales sur le territoire métropolitain, la dernière remontant à celle de Hamida Djandoubi en septembre 1977. Promulguée le 9 octobre suivant après son adoption au Sénat, la loi hisse définitivement la France au rang des nations résolument engagées pour les droits fondamentaux de l’être humain.

Mais bien avant que la Nation ne fasse triompher le droit à la vie dans la paix des prétoires, d’autres héros avaient dû reconquérir la liberté arme au poing sur les routes dévastées de l’Europe en guerre.

18 septembre 1947 : L'inauguration solennelle de la « Voie de la Liberté » à Fontainebleau

Le 18 septembre 1947, trois ans après les combats acharnés qui ont brisé le joug nazi, la France rend un hommage monumental à ses libérateurs. À Fontainebleau, en présence d'officiels français et américains, est inaugurée la " Voie de la Liberté". Imaginée par Guy de la Vasselais, ancien officier de liaison français auprès du haut commandement américain, cette route mémorielle longue de 1 147 kilomètres retrace avec exactitude l’incroyable épopée de la 3ᵉ armée américaine menée par le légendaire et impétueux général George Patton durant l’été 1944.

De Sainte-Mère-Église en Normandie jusqu'à Bastogne en Belgique, le parcours est jalonné de bornes kilométriques dessinées par le sculpteur François Cogné, chacune ornée d’un flambeau surgissant des flots, évocation directe de la statue de la Liberté. Dans une France en pleine reconstruction économique et morale, cet itinéraire célèbre le courage des GI’s et cimente l’amitié transatlantique face aux prémices de la guerre froide. De nos jours encore, ces sentinelles de ciment rappellent aux automobilistes le lourd tribut payé pour la démocratie.

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Si cette voie pérennisait le souvenir d'une liberté chèrement acquise, cette même ferveur allait, des décennies plus tard, être terrassée dans l'univers vibrant de la contre-culture musicale.

18 septembre 1970 : La mort tragique et prématurée de l'icône du rock, Jimi Hendrix

Jimi Hendrix jouant de la guitare électrique sur scène à Woodstock.
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Le matin du 18 septembre 1970, une onde de choc foudroie le monde de la musique. Dans une chambre du Samarkand Hotel à Londres, le corps sans vie de Jimi Hendrix est découvert. Âgé de seulement 27 ans, le virtuose américain succombe à une asphyxie consécutive à l'ingestion massive de somnifères mélangés à de l'alcool. En quelques heures, la nouvelle plonge la jeunesse mondiale dans une immense stupeur, mettant brutalement fin à une carrière fulgurante qui n'aura duré que quatre petites années au sommet.

En un éclair de temps, Hendrix a pourtant réinventé la guitare électrique comme personne avant lui. Délaissant les conventions, il a transformé les larsens, la distorsion et les pédales wah-wah en un langage poétique d'une puissance inouïe, marquant l'histoire à Monterey comme à Woodstock avec son interprétation incendiaire de l'hymne américain. Sa mort tragique inaugure funestement la légende noire du "Club des 27", où le rejoindront bientôt Janis Joplin et Jim Morrison, laissant orpheline une génération marquée au fer rouge par son génie psychédélique.

Tandis que les solos envoûtants d’Hendrix continuaient de traverser les décennies, une autre révolution, cette fois technologique et domestique, s'apprêtait à métamorphoser le quotidien des foyers hexagonaux.

18 septembre 2002 : Free bouscule les télécoms avec la première Freebox

Le 18 septembre 2002 marque l'an zéro de l'Internet moderne en France. Ce jour-là, Xavier Niel et son fournisseur d'accès Free dévoilent un petit boîtier noir d'apparence modeste, mais à la technologie révolutionnaire : la première Freebox (V1). Il s'agit de la toute première passerelle multimédia au monde à matérialiser le concept de "triple play". Pour un tarif unique de 29,99 euros par mois, les abonnés ont désormais accès simultanément à une connexion Internet à haut débit en ADSL, à des communications téléphoniques fixes illimitées et à un bouquet de télévision numérique.

Ce lancement provoque une déflagration sans précédent chez les opérateurs historiques comme France Télécom, alors habitués à facturer la moindre minute de communication à prix d'or. En divisant drastiquement les coûts et en simplifiant l'équipement domestique, la Freebox démocratise le web à grande vitesse à travers tout le pays et propulse la France parmi les nations les plus avancées du monde en matière de connectivité. Ce coup de maître a redéfini pour toujours notre relation au divertissement et au numérique.

Pourtant, si les barrières technologiques ont souvent semblé infranchissables avant de céder, certains exploits rappellent que les frontières corporelles peuvent elles aussi voler en éclats face à une volonté hors du commun.

18 septembre 2010 : Philippe Croizon dompte la Manche à la force du courage

Philippe Croizon
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© Fuller Gareth/PA Photos/ABACA

Le 18 septembre 2010, les falaises de Folkestone en Angleterre sont le théâtre d'un défi que beaucoup jugeaient purement suicidaire. Philippe Croizon, un ouvrier métallurgiste français amputé des quatre membres à la suite d'un terrible accident par électrisation en 1994, s’élance dans les eaux glaciales et hostiles de la Manche. Équipé de prothèses spécialement conçues prolongées de palmes en carbone, il ne dispose que de la force de ses cuisses et du balancement de ses moignons d'épaules pour affronter les forts courants marins et le trafic maritime incessant.

Après 13 heures et 26 minutes d'une lutte acharnée contre la douleur, l'épuisement et les méduses, le nageur touche terre au cap Gris-Nez, dans le Pas-de-Calais, sous les acclamations d'une foule en larmes. En reliant les deux nations par la seule puissance de sa volonté, il signe un exploit planétaire qui dépasse largement le cadre sportif. Sa traversée est devenue une leçon universelle de résilience, offrant un nouveau regard sur le handicap et démontrant que la vie triomphe toujours lorsque l'esprit refuse d'abandonner.

Cette stupéfiante démonstration de vitalité contraste singulièrement avec une époque où, pour insuffler de l'énergie aux plus jeunes, les autorités françaises comptaient sur un breuvage bien différent des boissons sportives modernes.

18 septembre 1954 : Le jour où Pierre Mendès France voulut sevrer les écoliers du vin avec un verre de lait

Écoliers en tablier buvant du lait à leur pupitre en bois vers 1950.
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Le 18 septembre 1954, les auditeurs de la radio nationale découvrent une allocution pour le moins déroutante lors de la "causerie du samedi" du président du Conseil, Pierre Mendès France. S'adressant affectueusement à ses "petits amis" à quelques jours de la rentrée scolaire, le chef du gouvernement annonce une mesure inédite : la distribution quotidienne et gratuite d'un verre de lait doux et sucré dans toutes les écoles primaires. Assortie du slogan "Pour être studieux, solides, forts et vigoureux, buvez du lait !", l’initiative cache en réalité un problème de santé publique majeur.

Dans la France d'après-guerre, l'eau courante est encore considérée avec une immense méfiance par les familles, qui la jugent insalubre. Il est donc coutumier de glisser dans le cartable des enfants une fiole de cidre, de bière ou un "petit rouge" coupé d’eau pour accompagner le déjeuner. L'alcool est alors perçu comme un antiseptique naturel et un fortifiant indispensable au développement des petits Français. Mendès France décide de déclarer la guerre à cet alcoolisme infantile précoce, tout en cherchant un débouché aux surplus de la filière laitière.

L'accueil réservé à cette croisade hygiéniste est houleux. Le puissant lobby viticole crie au scandale et les opposants politiques s'en donnent à cœur joie à l'Assemblée, affublant le président du Conseil des quolibets moqueurs de "Mendès-Lait" ou de "ministre du biberon". Malgré les sarcasmes, la distribution de lait entrera durablement dans les mœurs de la communale, amorçant une prise de conscience salutaire qui aboutira, en août 1956, à l'interdiction officielle de toute boisson alcoolisée dans les cantines scolaires pour les enfants de moins de 14 ans.

18 septembre : Sainte Nadège

Sainte Nadège vécut à Rome au IIe siècle, sous le règne de l'empereur Hadrien. Fille de sainte Sophie, une veuve chrétienne fervente, elle grandit aux côtés de ses deux sœurs, Foi et Charité. Le prénom Nadège est issu du mot slave Nadejda, qui traduit le mot grec Elpis, signifiant l'Espérance.

Dénoncée aux autorités impériales en raison de sa foi, la famille refusa catégoriquement de renier le Christ et d'offrir des sacrifices aux idoles païennes. Malgré son jeune âge, Nadège fit preuve d'un immense courage face aux persécutions. Elle subit le martyre avec ses sœurs, sous les yeux de leur mère qui les encourageait à persévérer dans la prière. Sainte Nadège demeure le symbole de l'espérance chrétienne inébranlable face à l'adversité.

Les saints du jour

En ce 18 septembre, l'Église célèbre également d'autres figures spirituelles :

  • Saint Joseph de Cupertino, religieux franciscain italien célèbre pour ses extases, ses lévitations mystiques et reconnu comme le saint patron des étudiants et des aviateurs.
  • Saint Ferréol de Vienne, tribun militaire romain mort en martyr pour avoir refusé de persécuter les chrétiens en Gaule.
  • Sainte Richarde, impératrice carolingienne et épouse de Charles le Gros, fondatrice de l'abbaye d'Andlau en Alsace.
  • Saint Méthode d'Olympe, évêque et martyr du IVe siècle, grand théologien et auteur d'écrits spirituels.

Les célébrités portant ce prénom

Voici quelques personnalités notables portant le prénom Nadège :

  • Nadège Beausson-Diagne, actrice, chanteuse et chroniqueuse française, remarquée notamment dans la série Plus belle la vie et le film Bienvenue chez les Ch'tis.
  • Nadège Bobillier, patineuse artistique française, double championne de France dans les années 2000.
  • Nadège Trebal, réalisatrice et scénariste française, auteure de documentaires salués par la critique et du film de fiction Douze mille.
  • Nadège Lacroix, comédienne et animatrice de télévision suisse.
  • Nadège August, actrice et productrice américaine d'origine haïtienne, apparue dans diverses productions télévisées et cinématographiques.
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