17 septembre : le jour où Robert Badinter a fait vaciller la guillotine… et où McDonald's a réécrit son histoire française

Discours Badinter Assemblée
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© Keystone USA/Zuma/ABACA/ Le discours de Robert Badinter du 17 septembre 1981 qui allait mener à l'abolition de la peine de mort.
Jour de la Saint Renaud, ce 17 septembre alors que la voix vibrante de Robert Badinter s’élève à la tribune pour bannir la peine de mort et que les entrailles du Mont-Cenis s'ouvrent enfin au chemin de fer, Paris est meurtri par l'un des attentats les plus sanglants de son histoire contemporaine, rue de Rennes. Dans l'ombre de ces secousses, une célèbre multinationale américaine orchestrait ce même jour une discrète manœuvre pour gommer ses véritables racines dans l'Hexagone.

17 septembre 1979 : L'incroyable coup de balai de McDonald's sur ses débuts français

Inauguration festive d'un McDonald's en France à la fin des années 1970.
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Le 17 septembre 1979, une foule compacte et curieuse se presse dans le flambant neuf centre commercial des Halles, à Strasbourg. Entre les effluves de frites dorées et les ballons colorés, la chaîne américaine McDonald's célèbre avec éclat l'inauguration de ce qu'elle proclame fièrement être son tout premier établissement en France. Une plaque commémorative en bronze est même scellée pour graver cet instant dans le marbre, et aujourd'hui encore, la communication officielle de la marque salue la cité alsacienne comme le berceau hexagonal du Big Mac. Pourtant, cette belle légende d'entreprise repose sur un mensonge soigneusement orchestré.

Pour découvrir le véritable pionnier du burger à la française, il faut en réalité rembobiner jusqu'au 30 juin 1972 et poser ses valises à Créteil. À cette époque, le siège de Chicago ne croit absolument pas au potentiel du fast-food au pays de la gastronomie et confie sans sourciller un contrat en or à un homme d'affaires visionnaire, Raymond Dayan. Bénéficiant d'une redevance dérisoire de 1,5 % sur les ventes, l'entrepreneur ouvre quatorze restaurants parisiens qui cartonnent instantanément. Pris de court par ce succès phénoménal, les dirigeants américains tentent de renégocier les parts du gâteau. Devant le refus catégorique de Dayan, la firme engage une féroce bataille judiciaire pour faute d'hygiène supposée et le déchoit de ses licences.

Pour contourner le bras de fer juridique qui s'enlise devant les tribunaux jusqu'en 1982, le géant américain décide de repartir de zéro en ouvrant son "propre" premier restaurant officiel à Strasbourg le 17 septembre 1979. Condamné à changer d'enseigne, Raymond Dayan rebaptisera ses restaurants sous la marque O'Kitch, avant de les céder plus tard au belge Quick. D'un simple trait de plume corporatif, la firme aux arches dorées venait d'effacer sept années d'histoire et le nom de l'homme qui avait initié les Français au goût du fast-food.

17 septembre 1981 : Le vibrant plaidoyer de Robert Badinter contre la peine de mort

En ce début d'après-midi du 17 septembre 1981, une tension presque palpable règne sous la coupole du Palais Bourbon. Robert Badinter, nouveau garde des Sceaux du gouvernement de François Mitterrand, s'avance vers la tribune de l'Assemblée nationale. L'avocat et intellectuel sait que la partie est loin d'être gagnée dans les cœurs : les sondages révèlent alors qu'une écrasante majorité des Français reste attachée à la peine capitale, traumatisée par de récents faits divers sordides. Mais pour Badinter, il ne s'agit pas de flatter l'opinion, mais de guider la nation vers un sursaut moral inaliénable.

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Pendant près de deux heures, d'une voix grave et pénétrante, le ministre déploie une argumentation magistrale où l'humanisme le dispute à la rigueur philosophique. Il dénonce l'illusion de l'exemplarité du châtiment suprême, rappelle l'horreur irrémédiable de l'erreur judiciaire et fustige une "justice d'élimination" indigne d'une grande démocratie. Lorsque résonne sa formule historique, "Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue", l'hémicycle est saisi d'émotion. Dès le lendemain, le 18 septembre, le texte est adopté par 363 voix contre 117, avant que la loi promulguée le 9 octobre 1981 ne relègue définitivement la guillotine aux oubliettes de l'histoire.

Cet héritage juridique et moral demeure aujourd'hui encore l'un des plus grands jalons humanistes de la Ve République, gravé au cœur de la Constitution. Si les joutes oratoires et les combats d'idées modèlent le destin des peuples, d'autres révolutions s'accomplissent au fond des roches et à la force des bras.

17 septembre 1871 : Le tunnel du Fréjus dompte les Alpes

Photo d'époque montrant le tunnel achevé entouré des ouvriers.
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Le 17 septembre 1871 marque l'aboutissement d'un rêve d'ingénieur que beaucoup jugeaient irréalisable : percer les Alpes de part en part. Ce jour-là, sous les acclamations des délégations française et italienne, est inauguré le tunnel ferroviaire du Fréjus, également appelé tunnel du Mont-Cenis. S'étirant sur plus de douze kilomètres sous le massif alpin, cette voie ferrée relie désormais Modane, en Savoie — rattachée à la France seulement onze ans auparavant —, à la commune piémontaise de Bardonnèche. Pour la première fois dans l'histoire humaine, le voyage transalpin ne dépend plus des caprices de la météo hivernale ni des cols périlleux.

Ce colossal chantier, étalé sur quatorze années d'efforts continus, a constitué une prouesse technologique sans équivalent au XIXe siècle. Les ouvriers et ingénieurs ont dû braver la poussière suffocante, les éboulements et des températures infernales au cœur de la montagne. Le salut de l'entreprise est venu d'une innovation révolutionnaire : la perforatrice à air comprimé conçue par l'ingénieur piémontais Germain Sommeiller, permettant d'accélérer drastiquement le percement et d'alimenter les galeries en oxygène, là où les méthodes traditionnelles auraient nécessité des décennies de forage manuel.

L'inauguration du Fréjus ouvrit une ère nouvelle pour le commerce et la circulation des personnes à travers l'Europe, réduisant les distances et rapprochant les nations. Mais le progrès et les voies urbaines, si chèrement bâtis pour relier les hommes, deviennent parfois le théâtre d'une barbarie aveugle qui frappe sans prévenir.

17 septembre 1986 : L'effroyable attentat de la rue de Rennes ensanglante Paris

Devanture brisée du magasin Tati à Paris en septembre 1986.
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Le mercredi 17 septembre 1986, à 17 h 20, le quartier animé de Montparnasse bascule dans l'horreur en une fraction de seconde. Une charge explosive, dissimulée dans une poubelle municipale de voirie fixée sur le trottoir, détonne avec une violence inouïe devant l'entrée du grand magasin Tati, au 140 de la rue de Rennes. La déflagration pulvérise les vitrines, déchiquette le mobilier urbain et projette des éclats d'acier et de verre à des dizaines de mètres à la ronde, fauchant une foule composée en grande partie de passants et de familles venus faire leurs emplettes de rentrée.

Le bilan est dramatique : sept personnes perdent la vie et cinquante-cinq autres sont grièvement blessées. Cette attaque constitue le paroxysme d'une série noire d'attentats qui terrorise la capitale depuis plus d'un an, revendiquée au nom d'un mystérieux "Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient". L'enquête minutieuse de la police française permettra de remonter jusqu'au réseau islamiste pro-iranien piloté par Fouad Ali Saleh, opérant sur fond de guerre Iran-Irak et de tensions géopolitiques extrêmes autour de la détention d'otages français au Liban.

Ce carnage de la rue de Rennes a profondément transformé la société française, précipitant le lancement du tout premier plan Vigipirate et instaurant un renforcement durable des dispositifs antiterroristes dans l'espace public. Pourtant, face aux assauts de la violence ou aux outrages du temps qui menacent d'anéantir les cités, certains esprits consacrent toute leur existence à protéger et à rebâtir la pierre.

17 septembre 1879 : Le dernier souffle d'Eugène Viollet-le-Duc, le père de notre patrimoine

Portrait ancien en noir et blanc d'Eugène Viollet-le-Duc à son bureau.
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Le 17 septembre 1879 s'éteint à Lausanne, à l'âge de 65 ans, une figure tutélaire de l'art et du patrimoine français : Eugène Viollet-le-Duc. Lorsqu'il débute sa carrière sous la monarchie de Juillet, la France regarde avec un souverain mépris son héritage médiéval, laissant ses joyaux gothiques s'effondrer dans l'indifférence générale ou sous les coups de pioche des démolisseurs. Poussé par son ami Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments historiques, ce dessinateur et théoricien d'une créativité débordante va entreprendre de sauver ce que l'histoire menaçait d'engloutir.

Pendant près de quatre décennies, Viollet-le-Duc applique sa vision audacieuse de la restauration, selon laquelle il s'agit de "rétablir un édifice dans un état complet qui peut n'avoir jamais existé à un moment donné." Sous son impulsion renaissent la basilique de Vézelay, les remparts crénelés de Carcassonne, l'imposant château de Pierrefonds et, par-dessus tout, la cathédrale Notre-Dame de Paris. C'est lui qui imagine et dresse sa spectaculaire flèche de bois et de plomb, entourée des statues des douze apôtres, dont l'effondrement tragique lors de l'incendie de 2019 rappellera au monde entier le génie de son concepteur.

Critiqué par certains pour ses partis pris audacieux, Viollet-le-Duc a néanmoins inventé la conscience patrimoniale contemporaine et offert une seconde jeunesse à l'imaginaire médiéval. Cet art de ressusciter le passé et de composer des univers inoubliables trouve un écho singulier chez les bâtisseurs d'histoires et les maîtres de l'écriture.

17 septembre 1931 : La naissance de Jean-Claude Carrière, orfèvre du cinéma mondial

C'est dans le petit village héraultais de Colombières-sur-Orb que voit le jour, le 17 septembre 1931, l'un des stylistes les plus féconds et admirés de la culture française : Jean-Claude Carrière. Fils de viticulteurs languedociens devenu normalien et historien de formation, cet homme aux mille talents va s'imposer comme le plus prodigieux scénariste du septième art, maniant la langue avec une virtuosité, une malice et une liberté intellectuelle qui marqueront des générations de cinéphiles.

Sa rencontre avec Luis Buñuel au début des années 1960 donne naissance à un compagnonnage artistique mythique de près de deux décennies, accouchant de chefs-d'œuvre surréalistes comme Belle de jour ou Le Charme discret de la bourgeoisie. Mais l'appétit créatif de Carrière ne connaît pas de frontières : il prête sa plume acérée aux thrillers sensuels de Jacques Deray (La Piscine, Borsalino), collabore avec Volker Schlöndorff pour Le Tambour, Jean-Luc Godard, ou encore Jean-Paul Rappeneau pour l'inoubliable adaptation de Cyrano de Bergerac.

Couronné par de prestigieux Césars et distingué à Hollywood par un Oscar d'honneur pour l'ensemble de son œuvre, Jean-Claude Carrière a également œuvré comme dramaturge aux côtés de Peter Brook et fondé la prestigieuse école de cinéma La Fémis. Jusqu'à sa disparition en 2021, ce conteur insatiable n'a cessé de rappeler que l'art d'écrire consiste à offrir un miroir lucide aux mystères et aux contradictions de l'âme humaine.

17 septembre : Saint Renaud

Saint Renaud vécut à la fin du XIe siècle et au début du XIIe siècle. Attiré très jeune par une vie d'oraison et de dépouillement, il décida d'abandonner les vanités du monde pour embrasser la vie érémitique. Il rejoignit d'abord saint Robert d'Arbrissel, le futur fondateur de l'abbaye de Fontevraud, dans la forêt de Craon en Mayenne, un lieu qui rassemblait alors de nombreux anachorètes.

Désireux de vivre une solitude encore plus rigoureuse, Renaud s'enfonça ensuite dans la forêt de Mélinais, située près de La Flèche, dans le département actuel de la Sarthe. Il y mena une existence d'austérité absolue, rythmée par la prière continuelle, la pénitence et le travail manuel. Attirés par sa réputation de sainteté et de sagesse, quelques compagnons vinrent le rejoindre, donnant naissance à une petite communauté monastique. Saint Renaud s'éteignit paisiblement dans son ermitage aux alentours de l'an 1104.

Les saints du jour

En plus de saint Renaud, l'Église catholique fait mémoire de plusieurs autres figures de la foi le 17 septembre :

  • Sainte Hildegarde de Bingen, religieuse bénédictine du XIIe siècle, mystique, savante, compositrice et proclamée docteure de l'Église.
  • Saint Robert Bellarmin, jésuite italien du XVIe-XVIIe siècle, cardinal, grand théologien et également docteur de l'Église.
  • Saint Lambert de Maastricht, évêque du VIIe siècle et martyr, assassiné pour avoir défendu les biens de l'Église et les mœurs chrétiennes.
  • Saint Satyre, frère aîné de saint Ambroise de Milan, loué pour son intégrité et sa grande piété fraternelle.

Les célébrités portant ce prénom

Voici quelques personnalités contemporaines notables portant le prénom Renaud :

  • Renaud (Renaud Séchan), auteur-compositeur-interprète incontournable de la scène musicale française.
  • Renaud Capuçon, violoniste virtuose français de renommée internationale.
  • Renaud Lavillenie, athlète français spécialiste du saut à la perche, champion olympique en 2012.
  • Renaud Donnedieu de Vabres, homme politique français, ayant exercé la fonction de ministre de la Culture.
  • Renaud Muselier, homme politique et médecin français, président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
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