16 septembre : le jour où le dernier roi de France s’éteignit sur le trône… et où Arsenal diffusa le premier match de foot de la télévision
16 septembre 1937 : Le tout premier match de football télévisé... disputé entre collègues
En cette fin d'été 1937, la toute jeune division télévision de la BBC cherche à repousser les frontières de son savoir-faire technique depuis ses studios de l'Alexandra Palace, au nord de Londres. Les caméras électroniques sont encore des colosses capricieux et la diffusion en direct d'un événement sportif en extérieur relève de la gageure absolue. Pour tenter l'impensable, les ingénieurs britanniques jettent leur dévolu sur le stade d'Highbury : c'est tout simplement l'enceinte de football la plus proche de leurs antennes émettrices.
Mais pour cette première mondiale, pas question d'attendre un grand derby londonien ni une prestigieuse finale de FA Cup. L'enjeu technique étant trop risqué, la rencontre organisée est une simple opposition de pré-saison entre l'équipe première d'Arsenal et… sa propre équipe réserve ! Durant une quinzaine de minutes, soigneusement intercalées entre un bulletin d'actualités et un dessin animé pour meubler l'antenne, quelques milliers de privilégiés découvrent sur leur minuscule écran cathodique des silhouettes en noir et blanc courir après un ballon de cuir.
L'Histoire n'a pas retenu le score de cette confrontation fratricide, mais le diffuseur britannique valide son test haut la main et les supporters des Gunners peuvent au moins se vanter d'une certitude historique : ce jour-là, c'est bien Arsenal qui a gagné.
16 septembre 1824 : La mort de Louis XVIII, le dernier monarque français à s'éteindre sur son trône
Dans la chambre royale du palais des Tuileries, un silence lourd enveloppe les derniers instants d'un homme à bout de souffle. Rongé depuis des années par la goutte et une gangrène galopante qui paralyse ses jambes, Louis XVIII s'éteint à l'âge de 68 ans. Frère cadet de Louis XVI, monté sur le trône à la chute de Napoléon Ier en 1814 puis rétabli après les Cent-Jours, le souverain avait passé son règne à manœuvrer sur une ligne de crête étroite, cherchant à concilier les acquis de la Révolution et la dignité de l'Ancien Régime à travers la Charte constitutionnelle.
La disparition de ce prince pragmatique constitue une singularité absolue dans l'histoire de France. Louis XVIII est en effet le tout dernier souverain français à mourir en exercice, dans son lit et ceint de sa couronne. Avant lui, Louis XVI avait péri sous le couperet de la guillotine ; après lui, tous ses successeurs sans exception – Charles X en 1830, Louis-Philippe en 1848 et Napoléon III en 1870 – seront balayés par des insurrections populaires et condamnés à l'exil.
Avec sa disparition, la couronne échoit à son frère cadet, le comte d'Artois, qui devient Charles X. Chef de file des "ultras", partisans d'un retour sans concession à l'absolutisme d'Ancien Régime, le nouveau roi va rapidement braquer l'opinion publique et précipiter la monarchie des Bourbons vers sa chute finale six ans plus tard.
Si le vieux monarque laissait derrière lui les rivages paisibles de la monarchie constitutionnelle, c'est sur des flots bien plus tumultueux et impitoyables que la France allait, un siècle plus tard, pleurer un autre de ses illustres enfants.
16 septembre 1936 : Le tragique naufrage du « Pourquoi-Pas ? » et la fin du commandant Charcot
Au large des côtes occidentales de l'Islande, à proximité du récif d'Álftanes, la mer d'Islande est déchaînée en cette aube tragique. Pris au piège d'un violent coup de vent qui a brisé ses machines, le célèbre trois-mâts barque d'exploration polaire Pourquoi-Pas ? IV est projeté avec une violence inouïe contre les hauts-fonds rocheux. À son bord se trouve une légende nationale : le médecin et explorateur Jean-Baptiste Charcot, 69 ans, figure tutélaire de l'océanographie et pionnier des glaces antarctiques et arctiques.
Le navire, pourtant habitué aux pires tourments des mers polaires, est disloqué par les lames. Charcot, dans un geste de dévouement héroïque devenu célèbre, prend le temps de libérer une mouette apprivoisée qui voyageait avec l'équipage avant de s'enfermer sur sa passerelle pour sombrer avec son bâtiment. Sur les quarante hommes embarqués – marins d'élite et scientifiques chevronnés –, un seul et unique miraculé parvient à regagner la côte à la nage : le timonier Eugène Gonidec.
La nouvelle du désastre plonge la France dans une profonde affliction. Le gouvernement de Léon Blum décrète des funérailles nationales qui sont célébrées en grande pompe à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Charcot laissait derrière lui des décennies de données cartographiques et océanographiques inestimables, posant les fondations de la recherche polaire française moderne qui inspirera plus tard Paul-Émile Victor.
Alors que les profondeurs marines emportaient le grand explorateur polaire, un autre homme d'État allait, quelques décennies plus tard, affronter une tempête politique d'une gravité inédite pour la nation.
16 septembre 1959 : Le général de Gaulle ouvre la voie à l'autodétermination de l'Algérie
À vingt heures précises, les postes de télévision et de radio diffusent une prise de parole solennelle très attendue. Vêtu de son uniforme militaire, le président Charles de Gaulle s'adresse aux Français depuis le palais de l'Élysée. Le conflit algérien, qui déchire le pays depuis près de cinq ans, paralyse la diplomatie française et mine la toute jeune Ve République née de la crise de mai 1958. C'est ce soir-là que le chef de l'État prononce pour la toute première fois le mot décisif qui va faire basculer le cours des événements : l'"autodétermination".
Face aux caméras, de Gaulle propose aux populations d'Algérie de choisir librement leur destin une fois la paix revenue, en leur soumettant trois options claires : la sécession pure et simple conduisant à l'indépendance, la francisation totale par une intégration complète à la métropole, ou l'association en partenariat étroit avec la France. En reconnaissant aux Algériens le droit de disposer d'eux-mêmes, le Général rompt définitivement avec le dogme séculaire de "l'Algérie française".
Ce discours agit comme un électrochoc sur l'échiquier politique. S'il ouvre la voie aux négociations qui mèneront aux accords d'Évian et à l'indépendance proclamée en 1962, il provoque également la fureur des partisans du statu quo colonial, annonçant les soubresauts sanglants de la semaine des barricades à Alger et la création clandestine de l'OAS.
Si les discours politiques de l'Élysée résonnaient avec fracas dans les mémoires, c'est le silence brutal de la plus grande voix lyrique du monde qui allait endeuiller la capitale française dix-huit ans plus tard.
16 septembre 1977 : L'ultime soupir parisien de Maria Callas, l'éternelle "Divina"
Dans le feutre feutré de son vaste appartement du 36 avenue Georges-Mandel, dans le XVIe arrondissement de Paris, la plus grande diva du XXe siècle rend son dernier souffle à l'âge de 53 ans. Terrassée par un arrêt cardiaque dans la solitude d'un quotidien désormais retiré de la scène, Maria Callas laisse derrière elle un vide immense dans le monde musical. Née à New York de parents grecs, elle avait choisi la capitale française comme dernier refuge après les tumultes d'une vie sentimentale brisée et le déclin progressif de son instrument vocal.
Surnommée La Divina, la Callas n'était pas seulement une soprano au timbre inimitable ; elle avait littéralement réinventé l'art lyrique moderne en ressuscitant le bel canto italien de Bellini, Donizetti et Rossini, tout en lui insufflant une intensité dramatique digne de la tragédie antique. De Norma à Tosca, chaque incarnation scénique de l'artiste devenait un événement total, où le chant se fondait dans une présence physique magnétique.
Ses obsèques à l'église orthodoxe Saint-Étienne de Paris attirent une foule d'admirateurs anonymes et de personnalités artistiques venus saluer une légende immortelle. Conformément à ses dernières volontés, ses cendres seront plus tard dispersées dans les eaux bleues de la mer Égée, scellant l'adieu à un âge d'or de l'opéra.
Tandis que la Diva rejoignait le firmament de la musique, c’est vers le ciel lui-même et la sauvegarde de notre atmosphère que les regards des dirigeants du monde entier allaient se tourner exactement dix ans plus tard.
16 septembre 1987 : La signature du protocole de Montréal, un sursaut planétaire pour sauver l'ozone
Au milieu des années 1980, l'annonce par les scientifiques de l'apparition d'un "trou" colossal dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique provoque une onde de choc planétaire. L'humanité découvre soudain que son bouclier naturel contre les rayons ultraviolets mortels du soleil est en train de s'amincir sous l'action des chlorofluorocarbures (CFC), ces gaz omniprésents dans les réfrigérateurs et les aérosols. Face à la menace sanitaire et écologique, vingt-quatre nations et la Communauté économique européenne se rassemblent au Canada pour poser un geste historique.
Le 16 septembre 1987, ces États paraphent le protocole de Montréal, un accord contraignant visant à réduire drastiquement, puis à bannir définitivement, la production des substances responsables de la destruction de l'ozone stratosphérique. Pour la première fois dans l'histoire des relations internationales, les gouvernements du monde entier acceptent d'imposer des contraintes industrielles lourdes au nom de la protection d'un bien commun invisible mais vital.
Le protocole de Montréal demeure à ce jour le traité environnemental le plus efficace jamais ratifié, ayant permis de stopper l'élargissement de la brèche et d'amorcer la régénération progressive de la couche protectrice terrestre. Pour perpétuer ce succès diplomatique sans équivalent, les Nations unies ont consacré le 16 septembre comme la Journée internationale de la protection de la couche d'ozone, rappelant qu'une mobilisation collective face aux périls écologiques est non seulement nécessaire, mais parfaitement réalisable.
16 septembre : Sainte Edith
Fille du roi d'Angleterre Edgar le Pacifique et de sainte Wulfthryth, sainte Édith de Wilton naît vers l'an 961. Dès sa jeunesse, sa mère l'emmène au monastère de Wilton où elle est éduquée dans la foi, les lettres et les arts. Malgré son rang princier, la jeune fille choisit de renoncer aux fastes de la cour pour consacrer pleinement sa vie à Dieu.
Reconnue pour sa douceur, sa grande charité envers les indigents et son humilité, elle refuse fermement la couronne d'Angleterre qui lui est offerte après le meurtre de son demi-frère, le roi saint Édouard le Martyr. Préférant la vie monastique aux honneurs terrestres, elle fait ériger une chapelle dédiée à saint Denis au sein de son abbaye. Sainte Édith meurt prématurément le 16 septembre 984, à l'âge de 23 ans.
Les saints du jour
Outre sainte Édith, plusieurs autres figures spirituelles sont célébrées le 16 septembre :
- Saint Corneille, pape du IIIe siècle qui a guidé l'Église avec miséricorde face aux persécutions romaines.
- Saint Cyprien, évêque de Carthage et brillant théologien, mort en martyr la même époque que son ami le pape Corneille.
- Sainte Euphémie de Chalcédoine, jeune vierge martyrisée au début du IVe siècle sous l'empereur Dioclétien.
- Sainte Ludmila, duchesse de Bohême et grand-mère de saint Venceslas, considérée comme la première sainte slave après avoir été assassinée en 921.
- Saint Ninian, évêque du Ve siècle considéré comme le premier apôtre de l'Écosse.
Les célébrités portant ce prénom
- Édith Piaf : figure légendaire de la chanson française, surnommée "la Môme" et interprète mondialement connue de titres tels que La Vie en rose et Non, je ne regrette rien.
- Edith Wharton : romancière américaine de renom, première femme à obtenir le prix Pulitzer de la fiction en 1921 pour son œuvre Le Temps de l'innocence.
- Édith Cresson : femme politique française, première femme à avoir été nommée Première ministre en France (de 1991 à 1992).
- Edith Cavell : infirmière britannique héroïque de la Première Guerre mondiale, célèbre pour avoir soigné sans distinction les blessés des deux camps et aidé des soldats alliés à s'échapper.
- Édith Scob : comédienne française de cinéma et de théâtre, inoubliable interprète au visage masqué dans le film classique Les Yeux sans visage de Georges Franju.
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