15 septembre : le jour où la robe de Marilyn fit voler un mariage en éclats... et où les premiers chars d'assaut changèrent la guerre
15 septembre 1954 : Le courant d'air de Marilyn Monroe qui fit scandale et ruina un mariage
Dans la moiteur nocturne de Manhattan, en ce 15 septembre 1954, le cinéaste Billy Wilder installe ses caméras à l'angle de la 52ᵉ rue et de Lexington Avenue pour mettre en boîte une séquence du film Sept ans de réflexion. Le concept semble d'une désarmante simplicité : Marilyn Monroe, éclatante dans une robe plissée ivoire, s'arrête innocemment sur une grille d'aération du métro pour savourer le passage d'une rame souterraine et rafraîchir ses jambes.
Mais la communication du studio a été trop efficace : entre trois et cinq mille badauds survoltés et une meute de photographes encerclent le périmètre. À chaque bouffée d'air tiède soulevant la robe au-dessus des cuisses de l'actrice, la foule hurle, siffle et applaudit avec frénésie. La scène est rejouée quatorze fois au milieu de ce pandémonium. Devant un tel vacarme, Billy Wilder doit vite se rendre à l'évidence : le son comme l'image captés cette nuit-là sont totalement inexploitables. L'inoubliable plan qui entrera dans l'histoire du cinéma sera en réalité entièrement retourné plus tard, dans le calme feutré des plateaux de Hollywood.
Dans l'ombre des projecteurs, un autre drame se noue. Joe DiMaggio, héros du baseball américain et mari jaloux de la star, assiste à la scène, mortifié et furieux de voir son épouse offerte aux regards concupiscents de la foule. La querelle qui éclate entre eux quelques heures plus tard dans leur chambre de l'hôtel St. Regis est d'une violence inouïe. Le couple, déjà au bord de la rupture, ne s'en relèvera jamais : moins d'un mois après cette nuit mouvementée, Marilyn Monroe déposera officiellement une demande de divorce.
15 septembre 1894 : La naissance de Jean Renoir, artisan d'un cinéma humaniste
En ce jour de fin d'été 1894, sur les hauteurs bohèmes de la butte Montmartre à Paris, voit le jour un enfant baigné dès le berceau dans la lumière artistique : Jean Renoir. Fils cadet du maître impressionniste Auguste Renoir, il grandit au milieu des toiles lumineuses, des modèles et des chevalets. Rien ne le prédestine pourtant à devenir le pionnier d'un art mécanique tout juste naissant, qui bouleversera profondément le siècle à venir.
Devenu réalisateur après avoir été blessé dans l'aviation lors de la Première Guerre mondiale, Jean Renoir impose un regard révolutionnaire sur le 7ᵉ art. Avec des chefs-d'œuvre patrimoniaux comme La Grande Illusion en 1937 ou La Règle du jeu en 1939, il donne ses lettres de noblesse au réalisme poétique. Sa maîtrise des plans-séquences, sa profondeur de champ et son infinie tendresse pour les failles humaines font de lui une référence incontournable, admirée plus tard par les jeunes cinéastes de la Nouvelle Vague, François Truffaut en tête, qui le consacrera comme "le patron" du cinéma français.
Mais avant que la pellicule n'immortalise ses récits d'humanité et les traumatismes du front, le premier conflit mondial allait d'abord devoir inventer, dans la boue et le fracas, des machines terrifiantes destinées à briser l'impasse des tranchées.
15 septembre 1916 : L'apparition des premiers chars de combat dans la boue de la Somme
À l'aube du 15 septembre 1916, au cours de la bataille de Flers-Courcelette dans la Somme, le paysage dantesque de la Première Guerre mondiale bascule dans une nouvelle dimension. Pour la toute première fois de l'Histoire militaire, les troupes britanniques engagent des engins blindés chenillés : les légendaires chars Mark I. Conçus dans le plus grand secret sous l'appellation d'emprunt de "réservoirs" (tanks), ces colosses d'acier de près de trente tonnes ont pour mission d'écraser les rideaux de barbelés et de pulvériser les nids de mitrailleuses ennemis.
Sur le plan tactique immédiat, l'opération s'avère mitigée. Sur la cinquantaine d'engins acheminés sur le front, une grande partie tombe en panne mécanique ou s'enlise dans les cratères de boue avant même de croiser le fer. Pourtant, l'impact psychologique est dévastateur pour les fantassins allemands, stupéfaits et terrifiés face à ces forteresses roulantes vomissant le feu. Cette apparition sur le sol picard constitue l'acte de naissance de la guerre mécanisée, appelée à dicter le destin de toutes les grandes batailles du XXᵉ siècle.
Si le grondement des moteurs et la fureur des armes ont longtemps déchiré le continent européen, c'est pourtant un tête-à-tête d'une rare intimité, organisé des décennies plus tard dans une demeure champenoise, qui allait définitivement enterrer la haine entre d'anciens ennemis jurés.
15 septembre 1958 : La rencontre de Colombey-les-Deux-Églises, creuset de l'amitié franco-allemande
Les 14 et 15 septembre 1958, une page capitale de la diplomatie mondiale s'écrit dans la quiétude de La Boisserie, la maison familiale de Charles de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises. Fraîchement revenu aux affaires, le fondateur de la Vᵉ République décide de briser tous les usages protocolaires en recevant chez lui, en toute intimité, le chancelier ouest-allemand Konrad Adenauer. Ce dernier devient ainsi le tout premier et unique chef de gouvernement étranger à dormir sous le toit privé du Général.
Entre ces deux géants d'un âge mûr, qui ont chacun traversé les épreuves sanglantes de trois guerres entre la France et l'Allemagne, la méfiance initiale cède très vite la place à une sincère estime mutuelle. Au cours de longues conversations au coin du feu et de promenades dans le parc, ils scellent une réconciliation historique et jettent les bases du futur "moteur franco-allemand". Cette entrevue fondatrice aboutira cinq ans plus tard à la signature du traité de l'Élysée, ancrant pour les générations futures la paix et l'intégration européenne.
Tandis que les deux hommes d'État partageaient le verre de la fraternité pour sceller la concorde européenne, il faudra attendre la fin du siècle pour que le quotidien festif des Français voie sa propre consommation de boissons strictement réglementée au volant.
15 septembre 1995 : Le seuil d'alcoolémie au volant abaissé à 0,5 g/l en France
Le 15 septembre 1995 marque un changement de cap sociétal d'envergure sur les routes de France. C'est en ce jour qu'entre officiellement en vigueur le décret gouvernemental abaissant le taux maximal d'alcoolémie autorisé au volant de 0,7 g/l à 0,5 g/l de sang (soit 0,25 mg par litre d'air expiré). Dans un pays viscéralement attaché à son patrimoine viticole et à la convivialité des repas de famille arrosés, cette décision suscite à l'époque de vives controverses et l'ire de nombreux professionnels de la restauration.
Malgré les réticences culturelles, cette réforme s'impose rapidement comme le socle moderne de la sécurité routière en France. Elle accélère une mutation profonde des comportements individuels, encourageant le recours au conducteur désigné et réduisant de façon spectaculaire le nombre d'accidents mortels au fil des ans. Près de trois décennies plus tard, cette limite de 0,5 g/l demeure la référence indéboulonnable protégeant chaque jour des milliers d'usagers de la route.
Mais si les Français apprenaient alors à dompter leurs excès sur le bitume, c'est une tout autre ivresse, financière et débridée, qui allait provoquer un krach sans précédent à l'échelle planétaire quelques années plus tard.
15 septembre 2008 : L'effondrement de Lehman Brothers et l'embrasement de la finance mondiale
À l'aube du 15 septembre 2008, la planète économique se réveille sous le choc d'un cataclysme absolu. Prise au piège des crédits immobiliers toxiques issus de la crise des subprimes, la vénérable banque d'affaires américaine Lehman Brothers dépose le bilan avec un passif vertigineux de plus de 600 milliards de dollars. Les images des traders désemparés quittant le siège new-yorkais avec leurs cartons sous le bras font instantanément le tour du monde, matérialisant la plus colossale faillite bancaire de toute l'Histoire.
Le refus du gouvernement américain de sauver l'institution déclenche une panique foudroyante sur l'ensemble des marchés boursiers. La confiance entre les banques s'évapore en quelques heures, asséchant brutalement les circuits du crédit mondial. En France comme dans toute l'Europe, l'onde de choc plonge l'économie réelle dans une récession d'une violence inédite depuis les années 1930, entraînant une flambée du chômage, des faillites en cascade et la crise des dettes souveraines.
Ce séisme sans égal a contraint les États et les banques centrales à réinventer dans l'urgence la régulation financière internationale. Quinze ans après la chute de Lehman Brothers, les séquelles politiques, économiques et sociales de cette journée noire continuent de façonner en profondeur les équilibres de notre monde contemporain.
15 septembre : Saint Roland
Saint Roland, souvent identifié au bienheureux Roland de Médicis, vécut en Italie au XIVe siècle. Issu de la célèbre et noble famille des Médicis de Milan, il choisit de renoncer très tôt à ses privilèges, à ses richesses et aux honneurs du monde pour vouer son existence à la contemplation et à Dieu.
Attiré par une vie de solitude, il se retira dans les forêts sauvages des Apennins, dans la région de Parme. Roland y mena une vie érémitique particulièrement austère durant près de vingt-six années. Vêtu de simples peaux de bêtes, sans toit fixe et se nourrissant uniquement de baies sauvages, d'herbes et de racines, il s'imposa un vœu de silence presque total afin de maintenir son esprit en prière constante. Roland s'éteignit paisiblement en 1386. Sa réputation de sainteté et les récits de miracles attribués à ses prières traversèrent les siècles, conduisant l'Église catholique à officialiser sa béatification au XIXe siècle sous le pontificat de Pie IX.
Les saints du jour
Le 15 septembre est principalement dédié à la mémoire de Notre-Dame des Douleurs, fête liturgique consacrée à la compassion et aux souffrances de la Vierge Marie associée au sacrifice du Christ.
En ce jour, l'Église catholique honore également :
- Saint Nicomède, prêtre et martyr à Rome au Ier siècle.
- Sainte Catherine de Gênes, grande mystique italienne du XVe siècle, reconnue pour ses traités spirituels et son dévouement auprès des malades.
- Saint Valérien, martyr à Tournus en Bourgogne au IIe siècle.
- Saint Émile, jeune diacre hispanique mort en martyr à Cordoue en 852.
Les célébrités portant ce prénom
- Roland Garros (1888-1918) : aviateur français pionnier de l'aéronautique, qui a donné son nom au célèbre stade et au prestigieux tournoi de tennis sur terre battue.
- Roland Barthes (1915-1980) : philosophe, écrivain, sémiologue et critique littéraire français incontournable du XXe siècle.
- Roland Emmerich (né en 1955) : réalisateur, scénariste et producteur allemand, spécialiste des films catastrophe hollywoodiens tels qu'Independence Day, Godzilla ou Le Jour d'après.
- Roland Giraud (né en 1942) : acteur français populaire au cinéma et au théâtre, connu pour son rôle marquant dans la comédie Trois hommes et un couffin.
- Roland Magdane (né en 1949) : humoriste, comédien et auteur français réputé pour ses nombreux spectacles de one-man-show.
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