14 septembre : le jour où Champollion perça le secret des hiéroglyphes… et où Grace de Monaco emprunta un virage fatal

Champollion déchiffrant la pierre de Rosette.
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En ce 14 septembre, placé sous le signe de la Sainte-Croix, le fil du temps déroule une fresque où triomphes de l'esprit et drames du destin se croisent avec intensité. Tandis qu'à Paris un érudit déchiffrait enfin le murmure millénaire des pharaons, la Riviera française devenait à deux époques différentes le théâtre de disparitions d'icônes aussi brutales qu'inoubliables.

14 septembre 1822 : Champollion ressuscite la parole des pharaons

En ce début d'automne 1822, dans son modeste logis parisien, un homme frôle l'épuisement à force d'obstination. Jean-François Champollion, prodige polyglotte passionné par l'Orient, se penche fiévreusement sur des estampages d'inscriptions gravées sur les parois du temple d'Abou Simbel, tout juste rapportés des rives du Nil. Depuis l'Antiquité tardive, l'écriture égyptienne demeure une énigme impénétrable, considérée à tort par les érudits comme un chapelet de purs symboles mystiques et hermétiques.

Le déclic se produit lorsque le savant isole un cartouche royal et décompose minutieusement les glyphes : un disque solaire pour le dieu Râ, un signe inconnu qu'il associe au copte "mes" signifiant "engendrer", et deux caractères "s". D'un souffle, la prononciation jaillit : "Râ-mes-sou", Ramsès ! En confirmant aussitôt son hypothèse sur le cartouche de Thoutmôsis, le voile tombe enfin. L'écriture pharaonique n'est pas uniquement idéographique : elle est un système complexe à la fois figuratif, symbolique et phonétique. Submergé par l'émotion de sa découverte, Champollion traverse Paris au pas de course, pousse la porte du bureau de son frère en criant : "Je tiens mon affaire !", avant de s'effondrer en syncope pour cinq jours de coma léthargique.

L'acte de naissance de l'égyptologie moderne venait d'être signé, restituant d'un coup trois mille ans d'histoire humaine à notre compréhension. Mais si la gloire immortalisait alors le nom de Champollion, un siècle plus tard, c'est une autre légende qui allait voir son génie tragiquement broyé sur les routes de la Côte d'Azur.

14 septembre 1927 : Le dernier envol fatal d'Isadora Duncan à Nice

Voiture de course vintage des années 1920 sur la Promenade des Anglais.
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Sur la promenade des Anglais, la douceur de la Riviera n'annonçait en rien la brutalité du destin. Isadora Duncan, la célèbre danseuse américaine qui a dépoussiéré l'art scénique en rejetant la rigidité du ballet classique au profit d'une gestuelle libre et inspirée de l'Antiquité, s'apprête à faire une promenade nocturne. Vêtue d'une longue écharpe de soie peinte à la main, elle prend place sur le siège passager d'une décapotable de course, une Amilcar GS conduite par un jeune admirateur.

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Quelques mètres à peine après le démarrage, le souffle de la vitesse fait voleter l'étoffe fluide hors de la carrosserie basse. Le tissu s'engouffre dans la roue arrière à rayons métalliques et s'y enroule instantanément. La tension est si violente et foudroyante que la soie brise net les vertèbres cervicales de la danseuse, avant de l'éjecter sur le bitume sous les yeux horrifiés des témoins. Isadora Duncan s'éteint sur le coup à l'âge de 50 ans, victime d'une parure devenue instrument de mort.

La disparition de cette pionnière de la danse moderne suscita une vive émotion internationale, gravant sa mort tragique dans les annales du XXe siècle. Trois décennies plus tard, cette même date du 14 septembre allait pourtant accueillir un événement tourné vers la paix et la reconstruction européenne.

14 septembre 1958 : La rencontre de La Boisserie scelle la réconciliation franco-allemande

Charles de Gaulle et Konrad Adenauer marchant à Colombey en 1958.
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Le 14 septembre 1958, une page diplomatique majeure s'écrit dans la plus stricte intimité à Colombey-les-Deux-Églises. Rappelé au pouvoir pour surmonter la crise algérienne et bâtir la Ve République, Charles de Gaulle prend une initiative sans précédent : inviter le chancelier ouest-allemand Konrad Adenauer dans sa maison familiale de La Boisserie. Jamais auparavant le Général n'avait ouvert son sanctuaire privé à un dirigeant étranger, préférant d'ordinaire les cadres solennels de la République.

L'enjeu est immense. Adenauer, 82 ans, redoutait ce militaire imposant qu'il soupçonnait de nationalisme intransigeant et de tiédeur vis-à-vis de la construction européenne. Pourtant, loin des ors parisiens et des lourdeurs protocolaires, la magie opère. Au fil de longues promenades dans le parc et d'échanges feutrés au coin du feu, les deux hommes découvrent une convergence de vues éclatante. Tous deux partagent l'angoisse de la guerre froide et la volonté absolue de mettre un terme définitif à trois conflits fratricides en moins d'un siècle.

Cette entrevue fondatrice scella une confiance mutuelle inaltérable et posa les jalons du couple franco-allemand, qui trouvera son accomplissement cinq ans plus tard avec le traité de l'Élysée. Toutefois, les routes sinueuses du Midi allaient de nouveau endeuiller la scène internationale vingt-quatre ans plus tard.

14 septembre 1982 : Le rocher monégasque pleure la princesse Grace

Accident Grace Kelly

Le monde retient son souffle lorsque l'annonce officielle retentit depuis le Centre hospitalier de Monaco : la princesse Grace succombe à ses blessures à l'âge de 52 ans. La veille, la Rover 3500 qu'elle conduisait aux côtés de sa fille cadette Stéphanie avait manqué un virage en lacet sur la route départementale reliant La Turbie à la Principauté, avant de basculer dans un ravin à flanc de montagne.

Sous son nom de jeune fille, Grace Kelly, elle avait régné sur l'âge d'or d'Hollywood, muse fétiche d'Alfred Hitchcock et récompensée d'un Oscar, avant de tout abandonner en 1956 pour épouser le prince Rainier III. En un quart de siècle, sa grâce immaculée, sa distinction et son engagement caritatif avaient métamorphosé le destin du petit État méditerranéen, captivant l'affection du public français qui la considérait comme une figure familière et bienveillante.

Sa disparition soudaine provoqua une onde de choc planétaire et plongea la France dans une vive émotion, prélude à des funérailles retransmises dans le monde entier. Mais six ans jour pour jour après ce deuil princier, une toute autre trajectoire prenait racine dans le sud de la France, destinée à faire briller les couleurs nationales au sommet de l'Olympe.

14 septembre 1988 : La naissance de Martin Fourcade, géant du sport tricolore

Le 14 septembre 1988, à Céret, au cœur des Pyrénées-Orientales, naît Martin Fourcade. Rien ne prédisposait alors ce petit Catalan à devenir le souverain absolu des pistes enneigées du grand Nord. C'est en marchant dans les traces de son frère aîné Simon que Martin découvre le biathlon, cette discipline scandinave exigeant l'effort cardiaque intense du ski de fond combiné à l'infaillible lucidité requise pour le tir à la carabine.

Armé d'une éthique de travail implacable et d'un sang-froid d'acier face aux cibles, Fourcade va tout simplement écraser sa discipline pendant près d'une décennie. Sextuple champion olympique – avec les titres glanés aux Jeux de Vancouver en 2010, de Sotchi en 2014 et de Pyeongchang en 2018 – et treize fois couronné champion du monde, il réalise également l'exploit inégalé de remporter sept gros globes de cristal consécutifs en Coupe du monde.

En hissant son nom au panthéon des sportifs français les plus titrés de l'histoire olympique, Martin Fourcade a offert au biathlon une popularité inédite auprès du grand public, illustrant à merveille comment ce 14 septembre continue d'inscrire des destins hors normes dans la légende.

14 septembre : Sainte Croix

La fête de la Sainte Croix, plus communément appelée l'Exaltation de la Sainte-Croix ou la Croix Glorieuse, ne commémore pas une personne en particulier, mais l'instrument du supplice et du salut du Christ. Selon la tradition chrétienne, la "vraie Croix" a été découverte à Jérusalem vers l'an 326 par sainte Hélène, la mère de l'empereur Constantin. Pour abriter cette précieuse relique, Constantin fit édifier la basilique du Saint-Sépulcre, solennellement consacrée le 14 septembre 335. Plus tard, en 628, l'empereur Héraclius récupéra la Croix qui avait été dérobée par les Perses et la rapporta triomphalement à Jérusalem. Cette fête célèbre ainsi la victoire de la vie sur la mort et l'amour sacrificiel incarné par la Croix dans la foi chrétienne.

Les saints du jour

En plus de l'Exaltation de la Sainte-Croix, l'Église commémore le 14 septembre d'autres figures spirituelles :

  • Saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople et docteur de l'Église, mort en exil le 14 septembre 407.
  • Saint Materne, premier évêque attesté de Cologne au IVe siècle, également lié aux sièges de Trèves et de Tongres.
  • Saint Albert de Jérusalem, patriarche latin et légat apostolique, assassiné le 14 septembre 1214.
  • Sainte Notburga, servante tyrolienne du XIIIe siècle, vénérée comme sainte patronne des paysans et des servantes.
  • Saint Gabriel-Taurin Dufresse, évêque et missionnaire français, martyrisé par décapitation en Chine en 1815.

Les célébrités portant ce prénom

Le prénom Croix ou sa déclinaison hispanique très courante, Cruz, est porté par plusieurs personnalités notables :

  • Croix Bethune, footballeuse internationale américaine.
  • Cruz Beckham, chanteur et mannequin britannique, fils de David et Victoria Beckham.
  • Cruz Bustamante, homme politique américain et ancien lieutenant-gouverneur de Californie.
  • Cruz Martínez, musicien et producteur mexicano-américain, membre du groupe Los Kumbia Kings.
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