Canicule : pourquoi certains hôpitaux refusent les climatiseurs et ventilateurs personnels des patients

Publié par Sarah Martin
le 26/06/2026
Canicule : pourquoi certains hôpitaux refusent les climatiseurs et ventilateurs personnels des patients
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Familles et soignants se retrouvent pourtant souvent démunis face aux règles administratives bloquant l'apport de matériel électrique.
Alors qu'une polémique éclate à l'hôpital de Colombes, de nombreux patients se voient interdire l'usage de dispositifs de rafraîchissement personnels malgré des températures dépassant les 30 °C en chambre.

Alors qu'une polémique éclate à l'hôpital de Colombes ce 26 juin 2026, de nombreux patients se voient interdire l'usage de dispositifs de rafraîchissement personnels malgré des températures dépassant les 30 °C en chambre.

La montée du mercure expose les personnes hospitalisées à des risques de déshydratation sévère. Familles et soignants se retrouvent pourtant souvent démunis face aux règles administratives bloquant l'apport de matériel électrique.

Un refus de climatiseur mobile à l'hôpital de Colombes

À l'hôpital de Colombes, la famille d'une patiente de 83 ans vient d'essuyer un refus catégorique en tentant d'installer un climatiseur acheté à ses frais. Les proches s'inquiétaient de voir le thermomètre atteindre 35 °C dans la chambre. Cet incident met en lumière une tension palpable. 

D'un côté, les équipes soignantes redoutent les coups de chaud. De l'autre, la direction administrative campe sur ses positions. L'établissement justifie ce blocage en invoquant des contraintes techniques majeures. Les responsables s'appuient sur le règlement intérieur imposé par l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et les groupements hospitaliers territoriaux.

Les raisons de l'interdiction des appareils personnels

La première justification concerne la vétusté des réseaux et le risque d'incendie. Les hôpitaux fonctionnent avec des installations électriques complexes. Le branchement d'appareils gourmands en énergie menace de provoquer des surcharges. Ces disjonctions risquent de compromettre les dispositifs de soin en réanimation, voire de déclencher des départs de feu.

Le risque sanitaire constitue un autre argument. Selon les recommandations du Haut Conseil de la santé publique, les ventilateurs brassent l'air et déplacent les poussières, favorisant la dispersion de virus respiratoires. Les réservoirs d'eau des rafraîchisseurs font notamment redouter des épidémies de légionellose. Enfin, l'institution met en avant le principe d'équité. L'administration refuse de créer une discrimination financière entre les malades capables de s'équiper et les autres.

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Alternatives autorisées et obligations des établissements

Malgré ces restrictions, l'hôpital conserve des obligations légales avec le Plan Bleu. L'arrêté du 7 juillet 2005 impose aux établissements sanitaires et médico-sociaux de disposer d'au moins une pièce rafraîchie maintenant une température de 25 °C. Les structures doivent garantir l'accès à cette zone climatisée quelques heures par jour pour les patients fragiles. Lors de la canicule de 2003, la chaleur dans les anciens hôpitaux fut d'ailleurs un facteur aggravant de la surmortalité chez les personnes âgées.

Pour soulager un malade, les familles conservent le droit d'utiliser des brumisateurs et des linges humides. Les petits ventilateurs USB ou à piles sont souvent tolérés, avec l'accord du cadre de santé. Le règlement type hospitalier encadre la pratique : "L'introduction d'appareils électriques personnels est soumise à l'autorisation préalable du directeur de l'établissement après avis des services techniques."

Une dérogation demeure possible si l'appareil neuf est validé par le service biomédical pour attester de sa conformité. 

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