Fonction publique, sécurité, retraite... : le programme d'Alain JuppéAFP
Arrivé deuxième au soir du premier tour de la primaire, l'ancien Premier ministre devra davantage convaincre pour l'emporter face à François Fillon dimanche prochain.
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L'emploi

Un temps le favori des sondages, Alain Juppé est finalement arrivé loin derrière François Fillon. Désormais au pied du mur, le maire de Bordeaux compte s'engager, dans l'entre-deux-tours, dans un "combat projet contre projet" avec l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Mais quel est son projet ?

Sur le thème de l'emploi, Alain Juppé veut sortir des 35 heures pour fixer à 39 heures la durée légale du temps de travail hebdomadaire, tout en laissant la possibilité aux entreprises de déterminer cette durée par la négociation. Un allongement de la durée de travail qui concerne la fonction publique. Le maire de Bordeaux entend rendre plus flexible le contrat de travail, en prévoyant d'inclure des motifs prédéterminés de rupture d'un CDI qui seraient déterminés par la loi. Pour relancerl’emploi et "inciter les entreprises à embaucher", Alain Juppé veut aussi "diminuer le coût du travail peu qualifié"en supprimant toutes les cotisations patronales pour les emplois rémunérés au smic. Une telle mesure permettra, selon lui, de créer200 000 emplois. 

Il souhaite également, comme son challenger, supprimer l'ISF, et baisser la pression fiscale des entreprises, tout en augmentant la TVA de 1 point.

Fonction publique

Alain Juppé souhaite supprimer 250 000 à 300 000 fonctionnaires, soit moitié moins que François Fillon. 

Chômage et retraite

Alain Juppé propose une dégressivité des allocations-chômage, avec toutefois un plancher de 870 euros mensuels.

Il propose, comme François Fillon, de relever à 65 ans l'âge légal de départ à la retraite.

Familles

Alain Juppé souhaite un allégement de l'impôt sur le revenu en direction des familles, de l'ordre de 2 milliards d'euros, et relever le plafond du quotient famillial de 1 500 à 2 500 euros. 

Education

Le maire de Bordeaux veut lutter contre le décrochage scolaire, notamment par le biais d’évaluations régulières dès la maternelle et d’une réduction du nombre d’élèves par classe en maternelle et au CP. Il souhaite par ailleurs mieux rémunérer les enseignants et améliorer leur formation initiale.

Par ailleurs, Alain Juppé est opposé à la suppression du collège unique et à la sélection à l’entrée de l’université, préférant mettre l’accent sur l’orientation des élèves pendant leur scolarité.

Sécurité

Alain Juppé souhaite supprimer les réductions automatiques de peines et revenir sur les peines de substitution qui sont prononcées pour tous les condamnés à moins de 2 ans de prison. Il souhaite également rétablir les peines plancher et construire 10 000 places de prison pendant le quinquennat. Alain Juppé veut par ailleurs mettre 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires sur le terrain au terme du quinquennat.

Mariage homosexuel

Contrairement à François Fillon, le maire de Bordeaux ne souhaite pas réécrire la loi Taubira. 

Laïcité

Contrairement à François Fillon, Alain Juppé ne veut pas de nouvelle loi sur le port des signes religieux, et donc pas de texte qui interdirait le burkini sur les plages. Il souhaite cependant créer un délit d'entrave à la laïcité dans les services publics pour mettre fin aux dérives dans des services publics.

Le maire de Bordeaux veut "un accord entre la République et l’Islam de France", sous la forme d’une charte qui comprendra plusieurs volets : prêches en français, formation des imams, transparence sur le financement des lieux de culte, dans le but d’isoler et de fermer les mosquées radicales.

Europe et internationale

Contrairement à François Fillon, le maire de Bordeaux n'est pas prorusse. S'il est toutefois favorable à un dialogue avec Moscou, il n'est pas tendre à l'égard de Poutine, lui reprochant ses bombardements sur Alep, en Syrie, et sa collaboration avec Bachar el-Assad. Alain Juppé s'oppose à une intervention sur le sol syrien.

Au niveau européen, le candidat milite pour une "Europe de la défense" et pour la fin de l'élargissement de l'Union européenne. Enfin, pour lutter contre une "Europe menacée de dislocation", les pays doivent être unis pour "ne pas devenir les vassaux des grandes puissances qui nous entourent." En outre, il propose de "consolider la zone euro en harmonisant les fiscalités".