"Tout blancs, tout moches" : la nouvelle sortie de Jean-Luc Mélenchon, qualifiée de "raciste" par le RN

Publié par Matthieu Chauvin
le 19/03/2026
Jean-Luc Mélenchon
abacapress
© Lafargue Raphaël/ABACA
Au lendemain du premier tour des municipales de mars 2026, Jean-Luc Mélenchon a provoqué une onde de choc en qualifiant ses détracteurs de "tout blancs, tout moches", embrasant ainsi la campagne de l'entre-deux-tours.

Le 18 mars 2026, le leader insoumis célébrait la victoire de son candidat en banlieue parisienne, trois jours après un premier tour marqué par une forte abstention. À quelques jours du scrutin final prévu le 22 mars 2026, il s'est fendu d'un nouveau dérapage verbal qui a depuis généré des milliers de vues sur les réseaux, rapporte Le Figaro. Les réactions politiques s'enchaînent fustigent la stratégie électorale de La France Insoumise

Un meeting sous tension à Saint-Denis

La campagne de l'entre-deux-tours prend une tournure volcanique. Mercredi, Jean-Luc Mélenchon tenait un grand rassemblement militant à Saint-Denis pour fêter la victoire de son nouveau maire Bally Bagayoko. Ce candidat insoumis a remporté l'élection dès le premier tour avec le soutien du Parti Communiste Français, comme le rapporte le site d'information locale Actu.fr. Son leader, aborde un de ses thèmes favoris : "À Saint-Denis la 'Nouvelle France' est affirmée, vous comprenez ce que ça veut dire."

Haranguant la foule depuis la tribune, le fondateur de La France Insoumise entame une digression sur l'architecture du monument historique local, inspirée selon lui par celle du monde musulman suite aux croisades. "Vous avez vu les histoires que je me suis faites avec les réacs ? Bah oui, pas moyen de faire la basilique de Saint-Denis si vous n’aviez pas demandé aux musulmans comment on fait. Ils se sont tous mis à hurler."

Il poursuit, puis conclut d'un : "Il a bien fallu un jour qu’il y en ait un ou une qui se mette debout sur ses pattes à l’autre bout du continent africain pour qu’à la fin vous soyez ici en train de faire les malins, tout blanc, tout moche que vous êtes." Sans oublier d'égratigner les Goths (ancêtres des peuples nordiques et germaniques, pour simplifier. "Ils ont le front de me dire que 'Non, non pas du tout, ce sont les goths qui ont inventé les arcs brisés.' Ça ne va pas, les Goths ils étaient juste capables de briser les arcs et c’est tout." Son auditoire est hilare. Garen Shnorhokian, journaliste et éditorialiste pour le média de droite nationaliste Frontières, a publié la vidéo en premier.

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L'opposition féroce autour du concept de créolisation

La formule provocatrice du leader de gauche ravive la bataille idéologique autour de la créolisation. Inspiré des travaux du philosophe Édouard Glissant, ce concept théorique sert de socle à Jean-Luc Mélenchon pour définir les contours d'une nouvelle France. Il l'oppose à la vision traditionnelle de l'identité nationale promue par le bloc conservateur.

La riposte adverse a fusé en quelques heures. En direct sur les plateaux des chaînes d'information en continu, Jordan Bardella a fustigé l'émergence d'un " racisme anti-blancs" qu'il estime institutionnalisé au sein du mouvement insoumis. La droite républicaine et le centre abondent dans le même sens, refusant toute complaisance. Bruno Retailleau a ciblé l'ancien candidat à la présidentielle en affirmant que "Jean-Luc Mélenchon est le premier danger de la démocratie française." Selon le sénateur, la rhétorique insoumise nourrit un projet de sécession territoriale.

Jean-Philippe Tanguy, cadre du RN, a réagi violemment sur X, publiant également la vidéo et qualifiant Jean-Luc Mélenchon de "raciste" et "antisémite."

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Une stratégie électorale qui fracture la gauche

Cette séquence politique tendue illustre une tactique assumée par l'état-major insoumis : rassembler les quartiers populaires et la jeunesse des métropoles. Pour y parvenir, le mouvement prend le risque de délaisser l'électorat rural et les zones périurbaines. Cette orientation stratégique froisse le reste du camp progressiste.

Les alliés socialistes expriment leurs vives réserves face à cette ligne dure, redoutant une rupture. Dans les colonnes du magazine Alternatives Économiques, François Ruffin pointe un "tractage différencié" qui cible uniquement les habitants des grandes villes et des banlieues. Le député alerte sur le risque de construire un « bloc identitaire à l'envers » qui déchirerait le pays.

À l'approche du second tour décisif prévu le 22 mars 2026, cette nouvelle polémique alimente l'inquiétude des électeurs. La polarisation du débat public menace la cohésion nationale au cœur même des communes. Les scrutins locaux de proximité se transforment en affrontements nationaux sur la question de l'identité.

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