Rima Hassan : elle dépose plainte après des fuites lors de sa garde à vue

Publié par Matthieu Chauvin
le 09/04/2026
Rima Hassan
Autre
L'eurodéputée LFI Rima Hassan a officiellement déposé plainte suite à la divulgation d'informations dans la presse pendant sa garde à vue, provoquant l'intervention immédiate du ministère de la Justice.

L'affaire secoue les sphères politique et judiciaire. Alors que l'élue de La France insoumise répondait aux questions des enquêteurs au début du mois d'avril, des détails précis de son audition se sont retrouvés sur la place publique presque instantanément. Face à cette situation problématique qui remet en cause la confidentialité des procédures, le gouvernement tente d'éteindre l'incendie.

Rima Hassan réplique en justice contre les fuites médiatiques

Le mercredi 8 avril 2026, l'eurodéputée Rima Hassan a officiellement engagé des poursuites pour "violation du secret professionnel" et "violation du secret de l'enquête." Cette action fait suite aux révélations explosives publiées par Le Canard Enchaîné. L'hebdomadaire affirme que le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, aurait échangé par messagerie en direct avec des journalistes pendant l'audition de la militante propalstinienne. Ces révélations médiatiques ont immédiatement enflammé les réseaux sociaux.

Au cœur de la discorde figurent des allégations portant sur la découverte de "drogues de synthèse" dans les effets personnels de l'élue lors d'une fouille. Le parquet a très rapidement nuancé cette information, tandis que la défense dément fermement toute infraction. L'entourage de la parlementaire affirme qu'il s'agissait uniquement de produits légaux à base de CBD, dénonçant une déformation malveillante des faits.

Le ministère de la Justice sous pression saisit l'inspection

Face à l'ampleur de la controverse, le Garde des Sceaux est monté au créneau pour clarifier la position de l'exécutif. Lors de son intervention à l'Assemblée nationale, rapportée par Le Parisien, Gérald Darmanin a déclaré : "J'ai fait mon travail depuis ce matin (mercredi). L'Inspection de la justice est saisie." Pour rappel, l'élue était entendue le 2 avril 2026 pour "apologie du terrorisme", suite à une publication sur le réseau social X concernant Kozo Okamoto, célèbre terroriste de l'Armée rouge japonaise, responsable d'un attentat meurtrier en 1972 à l'aéroport de Lod, en Israël.

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La Chancellerie défend activement son porte-parole face aux critiques. Selon TV5 Monde, Sacha Straub-Kahn rejette des allégations mensongères et insiste sur sa mission : "faire preuve de pédagogie (...) pour faire comprendre notre action (...) aux journalistes qui le souhaitent." Il a également précisé que ses échanges "n'abordent jamais le fond des dossiers." Pris pour cible par plus de 300 messages menaçants, le magistrat a de son côté déposé plainte pour diffamation et injures antisémites.

Les répercussions politiques et judiciaires autour du secret de l'enquête

Sur le plan strictement juridique, la protection des investigations repose sur l'article 11 du Code de procédure pénale. Toute entorse à cette règle expose son auteur à une peine d'un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. Le parquet de Paris a d'ailleurs ouvert une enquête distincte pour faire toute la lumière sur l'origine de ces indiscrétions.

Cette polémique exacerbe fortement les tensions entre l'appareil d'État et le parti de la gauche extrême. Maître Vincent Brengarth, avocat de l'eurodéputée, a déclaré au micro de Brut : "Nous pensons qu'elles [les fuites] ont été planifiées (...) pour porter atteinte à l'image, à la réputation de Rima Hassan." Désormais, l'Inspection générale de la justice doit établir si des agents ont outrepassé leurs prérogatives. Les conclusions de cette investigation détermineront d'éventuelles sanctions, tout en posant la question d'une possible annulation des actes de la garde à vue si la procédure s'avère viciée.

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