Ces trois actrices françaises réclament l'annulation de la tournée de Patrick Bruel

Publié par Julien Pinardi
le 22/04/2026
Patrick Bruel
abacapress
© Castel Franck/ABACA
La polémique s’intensifie autour de la tournée de Patrick Bruel, visée par une pétition massive exigeant son annulation suite à la multiplication des accusations de violences sexuelles.

Lancée sur les routes pour célébrer ses classiques, la tournée de Patrick Bruel fait désormais l'objet d'une contestation grandissante. Alors que la parole se libère dans le monde culturel, des figures publiques s'organisent pour demander des comptes à l'industrie musicale face aux allégations visant le chanteur.

Une pétition d'ampleur pour annuler la venue de Patrick Bruel

Mise en ligne le mardi 21 avril 2026 par le collectif "Salon Féministe", une pétition vise spécifiquement l'ensemble des dates de l'artiste. Le mouvement fédère rapidement des personnalités médiatiques, à l'image des actrices Anna Mouglalis, Anouk Grinberg et Corinne Masiero, ainsi que la chanteuse Pomme et la militante Alice Coffin. En interpellant directement les organisateurs et les pouvoirs publics, les signataires souhaitent mettre un terme à ce qu'elles qualifient de "célébration d'un agresseur présumé", selon la formule employée dans le texte du collectif.

Pétition Salon féministe

Le poids des accusations et les enquêtes judiciaires

Les revendications s'appuient sur un calendrier judiciaire lourd. À Paris, une plainte a été déposée en mars 2026 par Daniela Elstner, directrice d'Unifrance, dénonçant une "tentative de viol et agression sexuelle " lors d'un festival mexicain en 1997, rapporte Le Parisien. En parallèle, une instruction reste ouverte à Saint-Malo à la suite d'une plainte pour viol datant de septembre 2024. Enfin, la justice belge a initié une procédure fin mars 2026. Cette démarche fait suite au récit de l'ancienne attachée de presse Karine Viseur, qui décrit une "déferlante de caresses" non consenties dans les couloirs de la RTBF, selon Libération.

Le bras de fer entre justice et impunité culturelle

La situation soulève un débat récurrent sur la place des artistes mis en cause. Les militantes estiment que la justice ne peut statuer sereinement si le chanteur continue de se produire sur les scènes francophones. La défense brandit la présomption d'innocence. Maître Christophe Ingrain déclare à l'AFP que son client n'a "jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel" et qu'il "affirme n'avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel." Du côté des producteurs, la fermeté est de mise. À Salon-de-Provence, Daniel Devoux refuse toute déprogrammation et assure à La Provence : "Il est hors de question de déprogrammer un artiste aujourd'hui."

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Un tournant pour l'industrie du spectacle musical

Avec des dates prévues dans 48 villes, la tournée met les municipalités sous forte pression. Les militantes somment les mairies de prendre position en faveur des droits des femmes. Le nom même du spectacle, "Alors Regarde 35" est désormais détourné par le mouvement pour inciter le public à regarder la réalité des plaintes en face. Cette mobilisation illustre l'empreinte grandissante de la vague "MeToo" dans la musique, où la distinction entre l'œuvre et l'homme vacille de plus en plus face aux actions militantes.

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