Affaire Patrick Bruel : le témoignage accablant d'une attachée de presse
Seize ans après les faits présumés lors d'un passage en Belgique, une prise de parole fragilise un peu plus l'image publique de la star. Alors que l'artiste dément fermement toute contrainte dans toutes les plaintes qui le visent, ce récit glaçant s'ajoute à un dossier judiciaire déjà lourd.
Une promotion cinématographique qui bascule à Bruxelles
En 2010, la jeune Karin Viseur accompagne Patrick Bruel pour la tournée promotionnelle du film Comme les cinq doigts de la main. Le contraste s'avère saisissant : à l'écran, l'acteur incarne un frère protecteur vantant les valeurs familiales, mais en coulisses, l'ambiance devient oppressante. L'attachée de presse belge décrit un climat pesant instauré dès les premiers échanges.
"Quand il désirait me parler, il devait d’office me toucher, me prendre par l’épaule ou par la taille et être à dix centimètres de moi (…). Je me suis simplement dit qu’il ne voulait peut-être pas que tout le monde entende ce qu’il pouvait dire", confie-t-elle à La Dernière Heure. De retour à l'hôtel, le chanteur se montre plus insistant, lui glissant un sans équivoque "Tu me plais bien", tout en précisant refuser de passer la nuit seul, selon les informations de Public.
Le récit de l'agression : "De force, il m'a emmenée dans les toilettes"
Les événements dégénèrent dans les locaux de la chaîne belge RTBF. L'interprète aurait tenté d'imposer un contact physique. "Il m'a prise dans ses bras et a voulu m'embrasser. Je disais non, tout en gardant le sourire… Tu ne sais pas comment réagir." Puis : "Il m’a attrapée par les hanches, il a essayé d’abaisser mes bas collants, a baladé ses mains, les remontant sous ma robe" se souvient Karin Viseur.
Il lui demande ensuite où se trouvent les toilettes. "Je l'y ai conduit. Et de force, il m'a prise et m'a emmenée dans l'une d'entre elles. Il m'a embrassée, mis la main aux fesses, à nouveau sous ma robe", détaille-t-elle auprès de La DH. Prise au piège par la sidération, Karin Viseur avoue avoir mis des années à réaliser la gravité des abus, soulignant la difficulté de tenir tête à une personnalité si adulée. "Même si je me rendais bien compte que c’était de l’abus, je n’ai pas su directement mettre les mots sur ce qu’il s’était passé (…). J’étais jeune dans le métier… et quand quelqu’un est autant adulé, c’est difficile de croire qu’il puisse être comme ça."
La défense de Patrick Bruel : Un démenti catégorique
Face à cette interview choc, le camp de l'artiste riposte sans tarder. Par l'intermédiaire de son avocat, Me Christophe Ingrain, le sexagénaire rejette l'intégralité des accusations. Sur le plateau de Tout beau tout n9uf, le conseil affirme que son client "n’a jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel" et martèle qu'il n'a "jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel."
Si la défense assure que Patrick Bruel se dit "profondément attristé par les souffrances que l’on perçoit à la lecture des témoignages" (selon Public), elle conteste farouchement toute infraction pénale.
Une tourmente judiciaire et médiatique globale en 2026
Cette mise au point s'inscrit dans un climat de suspicion généralisée. Selon Mediapart, huit femmes ont désormais pris la parole pour dénoncer des agissements survenus entre 1992 et 2019. L'étau se resserre avec deux plaintes officielles en cours, dont celle de Daniela Elstner pour une tentative de viol en 1997 et une enquête ouverte à Saint-Malo. Malgré de précédents classements sans suite, la multiplication de ces témoignages relance le débat sur l'existence d'un éventuel système prédateur.
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