Rima Hassan placée en garde à vue pour "apologie du terrorisme"

Publié par Matthieu Chauvin
le 02/04/2026
Rima Hassan
abacapress
© Poitout Florian/ABACA
Nouveau scandale politique pour La France insoumise avec le placement en garde à vue, ce jeudi 2 avril 2026, de l'eurodéputée Rima Hassan suite à un tweet citant un célèbre militant et terroriste propalestinien.

L'élue européenne se retrouve à nouveau dans la tourmente. La convocation de Rima Hassan fait suite à une publication en ligne ayant suscité une très vive indignation dans l'ensemble de la classe politique française. L'affaire relance immédiatement les tensions et les clivages autour des prises de position du mouvement de gauche radicale sur le conflit au Proche-Orient. 

Une interpellation par la police judiciaire

Depuis la matinée du jeudi 2 avril 2026, l'eurodéputée de La France insoumise est entendue sous le régime de la garde à vue. L'audition se déroule au sein des locaux de la police judiciaire parisienne, selon une information confirmée par Le Figaro. L'élément déclencheur de cette tempête politico-judiciaire remonte au 26 mars 2026. Ce jour-là, Rima Hassan publie un message sur ses réseaux sociaux citant nommément le Japonais Kōzō Okamoto. Ce militant extrémiste est tristement célèbre à travers le monde pour être le cerveau idéologique et opérationnel du massacre de l'aéroport de Lod perpétré en Israël en 1972

Cette attaque indiscriminée avait causé la mort de 26 personnes, parmi lesquelles de très nombreux pèlerins portoricains. La procédure judiciaire a été officiellement lancée après un signalement déposé par le député du Rassemblement National, Matthias Renault. Le parlementaire a directement saisi le pôle national de lutte contre la haine en ligne, justifiant une action immédiate des autorités. D'après lui, dans le post de Rima Hassan qui a été effacé depuis, on pouvait lire : "Kōzō Okamoto : j’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir."

L'apologie du terrorisme devant la loi

La justice s'appuie sur une base juridique stricte. Selon les termes précis de l'article 421-2-5 du Code pénal, l'apologie du terrorisme consiste à présenter des actes terroristes ou les auteurs de ces actes sous un jour favorable, ou à porter sur eux un jugement de valeur résolument positif. La simple évocation de Kōzō Okamoto pose un problème majeur aux yeux des magistrats en raison de l'extrême radicalité du personnage historique. En tant qu'ancien membre de l'Armée rouge japonaise agissant pour le compte du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), son action terroriste reste associée à un bain de sang. 

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Face à la gravité des accusations, la direction de La France insoumise fait bloc derrière son élue européenne. À travers un communiqué officiel relayé par l'AFP, le parti politique dénonce une "criminalisation de la liberté d'expression" systématique. Les cadres insoumis pointent du doigt une "instrumentalisation politique" évidente de la justice française, en s'appuyant notamment sur le souvenir des précédentes convocations de leurs dirigeants vécues au cours de l'année 2024.

Sanctions pénales et impact sur le mandat

Les autorités françaises ne badinent pas avec les incitations à la haine dématérialisées. La loi pénale prévoit des sanctions particulièrement lourdes pour ce type d'infraction lorsqu'elle utilise des moyens de diffusion massifs. En cas de condamnation ferme pour apologie du terrorisme sur un réseau en ligne, la peine maximale grimpe jusqu'à 7 ans d'emprisonnement ferme et 100 000 euros d'amende. La position de Rima Hassan soulève par ailleurs le débat technique de son immunité parlementaire. 

Bien que la garde à vue soit autorisée par les textes pour les nécessités d'une enquête en cours, l'ouverture d'un véritable procès nécessitera obligatoirement une procédure de levée de son immunité votée par le Parlement européen de Strasbourg. Cette arrestation illustre parfaitement les tensions grandissantes au sein de la société autour de la guerre au Proche-Orient. À titre indicatif, le ministère de l'Intérieur précise que les signalements officiels pour apologie du terrorisme ont explosé avec une hausse de plus de 300 % depuis les attaques d'octobre 2023. Les publications en ligne font désormais l'objet d'un contrôle extrêmement rigoureux.

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