Rima Hassan jugée le 26 février : un procès aux enjeux politiques majeurs

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 24/02/2026
RIMA HASSAN
Autre
À l’approche des élections municipales de 2026, le procès de Rima Hassan soulève des questions majeures sur la liberté d’expression, la responsabilité publique et les conséquences d’une éventuelle condamnation sur son avenir politique.

Le 26 février prochain, Rima Hassan comparaîtra devant la justice française pour apologie du terrorisme. Une date qui ne passe pas inaperçue : l’audience interviendra à quelques mois du lancement de la campagne des élections municipales de 2026. Figure engagée sur la question palestinienne et régulièrement invitée dans les débats publics, la militante se retrouve aujourd’hui au cœur d’une affaire judiciaire qui pourrait peser lourd sur son avenir politique.

Les poursuites portent sur des propos tenus publiquement, dans un contexte marqué par de fortes tensions liées au conflit au Proche-Orient. En droit français, l’apologie du terrorisme est un délit sévèrement sanctionné. Il s’agit de la présentation ou de la justification d’actes terroristes ou de leurs auteurs. Si elle était reconnue coupable, Rima Hassan pourrait encourir une peine d’inéligibilité et une peine de prison. À ce stade, la justice n’a pas encore tranché et la présomption d’innocence s’applique pleinement.

Une intervention tendue à Lyon

L’affaire a pris une dimension supplémentaire après les incidents survenus à Lyon lors d’une intervention de Rima Hassan dans une université. Invitée à s’exprimer dans un amphithéâtre, sa venue avait suscité de vives réactions en amont. Des opposants à sa prise de parole s’étaient mobilisés, estimant que certaines de ses positions relevaient d’une forme de complaisance à l’égard d’organisations considérées comme terroristes.

Le jour de l’événement, la tension est rapidement montée aux abords du campus. Des rassemblements ont eu lieu, opposant partisans et détracteurs. Des perturbations ont été signalées, obligeant les organisateurs à adapter le dispositif de sécurité. Si l’intervention a finalement pu se tenir, elle s’est déroulée dans un climat électrique, révélateur de la polarisation du débat. À Lyon, comme ailleurs, la question de la liberté académique et de la liberté d’expression s’est invitée au cœur de la controverse.

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Pour ses soutiens, les tentatives d’empêcher son intervention illustreraient une volonté de faire taire une voix critique sur la situation à Gaza. Pour ses opposants, la tenue même de la conférence poserait problème au regard du contexte sécuritaire et des sensibilités liées au terrorisme. Ces tensions locales ont contribué à nationaliser davantage le débat.

Un procès à l’ombre des municipales

La tenue du procès à quelques mois des municipales n’est pas neutre. Même si Rima Hassan n’a pas officiellement déclaré de candidature, son nom circule dans certains cercles politiques et associatifs. Une éventuelle condamnation assortie d’une inéligibilité aurait des conséquences immédiates. À l’inverse, une relaxe pourrait être perçue comme une forme de validation judiciaire de sa ligne de défense.

Au-delà de son cas personnel, l’audience pose une question plus large : où se situe la frontière entre expression politique, dénonciation d’un conflit international et infraction pénale ? Depuis les attentats qui ont frappé la France ces dernières années, la justice applique avec vigilance les dispositions relatives à l’apologie du terrorisme. Mais chaque dossier est examiné à l’aune de son contexte précis, des mots employés et de leur portée réelle.

Dans un climat politique déjà marqué par les crispations identitaires et les débats sur la laïcité, l’immigration et la sécurité, cette affaire pourrait devenir un marqueur supplémentaire des divisions françaises. Le 26 février, le tribunal devra trancher en droit. Mais dans l’opinion, le débat, lui, est déjà largement engagé.

 
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