Propos racistes contre le nouveau maire de Saint-Denis : le ministre de l'Intérieur réagit

Publié par Matthieu Chauvin
le 30/03/2026
 Laurent Nuñez
abacapress
© Blondet Eliot/ABACA
Suite aux propos polémiques tenus sur CNews comparant le maire de Saint-Denis à un "chef de tribu", le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a exprimé sa vive indignation ce lundi 30 mars 2026.

Alors que le nouveau maire insoumis de Saint-Denis Bally Bagayoko a fait l'objet de déclarations très commentées sur le plateau de CNews, les réactions s'enchaînent au sommet de l'État pour condamner cette intervention. La sphère politique exige des mesures fortes face à une situation jugée inacceptable. Un nouveau dérapage pour la chaîne d'information continue de Vincent Bolloré.

L'événement : Laurent Nuñez exprime son soutien face à une séquence choc

Le ministre de l'Intérieur a tenu à réagir publiquement face à la controverse. Lundi 30 mars 2026, Laurent Nuñez a déclaré être "très choqué" par ces propos, assurant apporter son "soutien" à l'élu francilien. La polémique trouve sa source lors d'une émission diffusée sur la chaîne 14 de la TNT les 27 et 28 mars 2026. 

Invité à commenter l'actualité politique, le psychologue Jean Doridot a évoqué l'édile en affirmant : "L'homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu [...] il y a un chef", cité par TV5 Monde. Cette saillie verbale a immédiatement provoqué une vague d'indignation qui est remontée jusqu'au plus haut niveau de l'exécutif. Emmanuel Macron avait d'ailleurs condamné par avance ce type de discours lors d'une allocution le 13 février 2026, soulignant que "dans la France des Lumières, le free speech (liberté d'expression) s'arrête au racisme et à l'antisémitisme", précise Public Sénat.

Le décryptage : un climat médiatique et politique sous haute surveillance

La cible de ces déclarations, Bally Bagayoko, est une figure politique locale très observée. Devenu le premier maire issu de La France Insoumise à remporter l'élection dès le premier tour à Saint-Denis, il subit des attaques régulières de la part de ses détracteurs depuis sa prise de fonction. L'association des termes "tribu" et "grands singes" à cet élu de la République est qualifiée de racisme flagrant par de nombreux parlementaires et associations

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Cet incident survient dans un environnement déjà particulièrement tendu pour la chaîne d'information en question. L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) maintient une surveillance resserrée sur le canal. En février 2026, l'instance a sanctionné le média par deux amendes financières importantes pour des propos discriminatoires tenus à l'été 2025. Le régulateur rappelle constamment les chaînes à leurs obligations concernant la non-discrimination et la maîtrise absolue de leur antenne.

La conséquence : vers une riposte judiciaire et législative

La confrontation se déplace logiquement sur le terrain pénal. Face à la gravité des mots prononcés, Bally Bagayoko a rapidement annoncé le dépôt d'une plainte pénale pour injure raciale publique. Selon les textes en vigueur issus de la loi du 29 juillet 1881, ce délit spécifique expose son auteur à de lourdes sanctions, comprenant une peine maximale d'un an d'emprisonnement assortie de 45 000 euros d'amende. La société civile s'organise également en réponse à cette diffusion. Un large rassemblement visant à dénoncer les actes de racisme et l'ensemble des discriminations est planifié pour le samedi 4 avril 2026 sur le parvis de l'hôtel de ville de Saint-Denis. 

Du côté de la place Beauvau, ce dossier brûlant met en lumière la nécessité d'accélérer l'examen du projet de loi "RIPOST", actuellement porté par Laurent Nuñez. Ce futur arsenal législatif prévoit de sévir plus durement contre les troubles à l'ordre public. Il pourrait ainsi intégrer une peine d'inéligibilité considérablement renforcée pour les auteurs de propos incitant à la haine, matérialisant une volonté politique affirmée par le Président de la République au début de l'année.

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