Procès Sarkozy : Claude Guéant se défend des accusations de son ancien patron
L'ambiance était particulièrement tendue devant la cour d'appel de Paris. Condamné en première instance, Nicolas Sarkozy tente d'obtenir sa relaxe dans l'épineux dossier du financement présumé de sa campagne présidentielle de 2007. Une tâche rendue nettement plus ardue par les récentes déclarations inattendues de son ancien ministre de l'Intérieur, qui viennent semer le doute sur la ligne de défense maintenue par l'ex-président.
Sarkozy rejette les accusations de Guéant et inversement
L'audition de l'ancien président ce mercredi 29 avril 2026 a pris une tournure dramatique avec la lecture publique des attestations rédigées par Claude Guéant. Empêché de se déplacer pour des raisons de santé selon les informations rapportées par Le Figaro, l'ancien bras droit a tout de même fait parvenir des courriers explosifs les 11 et 26 avril 2026. Ces documents torpillent la version martelée par son ancien patron. Dans ces lettres relayées par le quotidien Libération, le haut fonctionnaire n'hésite pas à écrire : "Je suis désolé de dire que là encore Nicolas Sarkozy se trompe." Ce témoignage par écrit soulève d'ailleurs des interrogations juridiques, puisqu'il ne permet pas de contre-interrogatoire direct à la barre du tribunal.
Face à cette offensive inattendue, Nicolas Sarkozy a immédiatement balayé les accusations. D'après l'AFP, il a suggéré une confusion liée à l'âge ou une certaine amertume de son ex-collaborateur. L'ancien locataire de l'Élysée a répliqué avec un ton lapidaire : "Je ne dis pas que M. Guéant ment. Sa mémoire a évolué." Et d'ajouter : "Pour des faits qui ont 19 ans, la mémoire de chacun peut évoluer."
Le lourd dossier Senoussi soupçonné de cacher un pacte de corruption
Le point de friction majeur repose sur un événement précis : le dîner officiel du 25 juillet 2007 organisé à Tripoli. Selon la récente attestation de Claude Guéant, citée par Le Parisien, l'ex-président lui aurait expressément demandé de traiter la situation judiciaire d'Abdallah Senoussi en glissant : "Claude, voyez cela." Comme le rapporte TF1 Info, Nicolas Sarkozy affirme au contraire qu'il n'a jamais n'a jamais missionné son ancien bras droit "pour s'occuper du sort judiciaire du beau-frère de Mouammar Kadhafi."
Ce proche dignitaire, de l'ex-dictateur, porte un effroyable passif criminel. Il a été condamné par contumace à la perpétuité par la justice française pour son implication directe dans l'attentat du vol DC-10 d'UTA perpétré le 19 septembre 1989, un attentat tragique ayant coûté la vie à 170 personnes, dont 54 Français.
Pour les magistrats instructeurs, l'enjeu s'avère immense. L'accusation considère que cet examen clément du dossier judiciaire libyen représentait l'une des contreparties exigées en échange d'un financement occulte pour la campagne victorieuse de 2007.
Une défense fragilisée et un risque de prison avéré pour l'ancien président
La fin de ce front uni historique complique sérieusement la stratégie de défense de Nicolas Sarkozy. Cette rupture intervient alors qu'il a déjà écopé, en septembre 2025, d'une lourde peine de cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs. Cette fracture publique écorne un peu plus le bilan de sa présidence auprès des électeurs et fragilise ses derniers soutiens politiques.
Le procès en appel doit continuer de rythmer l'actualité judiciaire jusqu'au 3 juin 2026, avec un délibéré final fermement attendu pour le mois de novembre 2026. À 71 ans, Nicolas Sarkozy joue son honneur et sa liberté. Il cherche à tout prix à éviter un nouveau séjour derrière les barreaux, après avoir passé 20 jours à la prison de la Santé en 2025 à la suite du prononcé de son premier jugement.
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