Présidentielle 2027 : pour François Bayrou, tous les candidats sont des "menteurs"

Publié par Matthieu Chauvin
le 16/06/2026
François Bayrou
abacapress
© Liewig Christian/Pool/ABACA
À quelques jours de la parution de son nouvel ouvrage, François Bayrou fustige l'irresponsabilité des candidats à l'élection présidentielle de 2027 face au gouffre de la dette publique française.

François Bayrou monte au créneau pour secouer le débat public national. L'ancien Premier ministre, bien qu'en retrait de la course à l'Élysée, décide d'affronter directement la situation financière désastreuse du pays. Son constat alarmiste vise les prétendants au pouvoir, accusés de masquer la réalité des comptes aux électeurs français.

L'offensive contre une classe politique dans le déni

Le lancement de son nouvel ouvrage, Alerte sur la France qui vient, attendu en librairie le 18 juin 2026, s'accompagne d'une attaque médiatique virulente contre le silence des candidats. Neuf mois après son départ de Matignon et sa défaite inattendue aux élections municipales de mars 2026, le leader centriste endosse un costume de lanceur d'alerte. Le message envoyé est net : il ne se présentera pas à l'élection présidentielle de 2027, mais refuse catégoriquement de fermer les yeux face à l'urgence économique.

Interrogé sur France Inter et, cité par Le Figaro, il assure : "Ce n’est pas les annonces de non-candidature qui ont encombré les ondes. Et si j’étais candidat en même temps, que penseraient les Français ? (...) Ils penseraient que moi aussi je suis adhérent à ce parti TPMG : 'tout pour ma gueule'."

Personne n'aurait retenu "sa" leçon 

Son constat sur l'état des finances publiques se veut particulièrement sévère, pointant du doigt une irresponsabilité généralisée. Il rappelle une réalité souvent écartée des discours de campagne en soulignant que "la France n’a pas remboursé un centime de sa dette depuis 50 ans", selon les propos rapportés par nos confrères. "Tous ces gens qui commentent, ils demandaient sans cesse des dépenses supplémentaires. Jamais personne n’est monté à la tribune pour dire 'il faut faire des économies'. Marine Le Pen demandait au moment du Covid 10 milliards de plus, le Parti socialiste qui demandait qu’on ouvre tout grand les vannes de la dépense publique."

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François Bayrou fustige une véritable addiction nationale aux dépenses publiques, une habitude dispendieuse largement partagée par l'ensemble de la classe politique, de la majorité comme des oppositions. Historiquement, la dette publique est passée de seuils parfaitement gérables à une situation critique qui menace aujourd'hui la souveraineté nationale.

Le risque d'une tutelle financière pour l'économie française

L'ancien premier Ministre s'interroge sur ce mutisme calculé des candidats à la magistrature suprême. Il dénonce une stratégie électorale pernicieuse, exclusivement bâtie sur des promesses de dépenses non financées. Les prétendants à l'Élysée éluderaient systématiquement les réformes structurelles pourtant indispensables pour assainir les comptes de la nation. François Bayrou cible notamment l'absence de courage politique concernant les régimes de retraites, le périmètre de la fonction publique ou encore l'application d'un véritable choc de simplification administrative.

Les candidats pour 2027 ? Une "Académie des menteurs"

L'exigence de l'ancien chef du gouvernement se résume à un appel viscéral à la vérité économique. Il exhorte les acteurs du débat présidentiel à abandonner la facilité pour affronter la réalité des chiffres sans trembler. "Nous sommes dans l'Académie des menteurs. Personne n'ose dire aux Français que le modèle social tel qu'il est financé aujourd'hui est à bout de souffle", assène-t-il avec force sur la radio de service public.

"Sébastien Lecornu a accepté de renoncer à la réforme des retraites, je ne l’aurais jamais fait." Une mise en demeure adressée sans filtre à tous ceux qui aspirent à diriger le pays demain.

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