« Wallou », « mektoub » : la séquence inattendue de Mélenchon qui fait réagir la droite

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 13/03/2026
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Lors d’un meeting organisé le 10 mars 2026 à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a surpris son auditoire en utilisant plusieurs mots issus de l’arabe dialectal dans son discours. Une séquence très commentée qui relance les débats sur l’assimilation, la langue française et la stratégie électorale du leader de La France insoumise.

À Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon s’essaie à l’arabe dialectal et relance le débat sur l’assimilation

Le leader de La France insoumise poursuit son ancrage dans les territoires urbains populaires. Lors de son dernier rassemblement francilien, Jean-Luc Mélenchon a surpris son auditoire en transformant son meeting politique en démonstration linguistique très commentée. Une séquence qui relance le débat sur l’assimilation et sur la place de la langue française dans la vie publique.

Un meeting transformé en « cours de vocabulaire »

Le mardi 10 mars 2026, au gymnase Auguste-Delaune de Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a ponctué son discours de plusieurs mots issus de l’arabe dialectal. Le tribun a notamment utilisé les termes « wallou » (rien), « mektoub » (destin) ou encore « hchouma » (honte).

Mais l’ancien candidat à la présidentielle ne s’est pas contenté de simples références. À plusieurs reprises, il a expliqué le sens de ces mots à son auditoire, transformant la tribune en une sorte de cours de vocabulaire improvisé. Pendant près d’une heure et vingt minutes, le public a réagi par des applaudissements et des acclamations, selon plusieurs comptes rendus de presse.

Pour ses partisans, cette séquence illustre sa volonté de parler le langage des quartiers populaires. Pour ses détracteurs, elle symbolise au contraire une stratégie politique assumée visant à flatter certains électorats.

La « créolisation », pilier de sa vision politique

Cette démarche s’inscrit dans la théorie de la « créolisation », concept développé par l’écrivain et poète Édouard Glissant et repris depuis plusieurs années par Jean-Luc Mélenchon.

Dans son livre Jamais résignés, publié en 2022, il défend l’idée que la société française se transforme par le mélange des cultures et des populations. Lors du meeting, il a ainsi lancé à la foule :
« Ne croyez pas que c’est une mode, c’est le mektoub, c’est ce qui est écrit par la force des choses et de nos mélanges. »

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L’initiative intervient également dans un contexte politique particulier. La Seine-Saint-Denis constitue l’un de ses bastions électoraux : lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2022, il y avait recueilli 49,09 % des voix, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Une séquence qui alimente la polémique

La séquence n’a pas tardé à provoquer des réactions politiques. Plusieurs responsables de la droite et du Rassemblement national ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « dérive communautariste ».

Des critiques formulées notamment les 11 et 12 mars 2026 pointent une stratégie jugée dangereuse pour la cohésion nationale et pour l’unité linguistique du pays.

Pour certains observateurs, cette évolution reflète simplement les transformations culturelles de la société française. Pour d’autres, elle pose une question plus large : jusqu’où la vie politique peut-elle intégrer des références culturelles extérieures sans remettre en cause le cadre républicain ?

Une chose est certaine : avec cette séquence très commentée à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon semble vouloir faire de cette rhétorique l’un des marqueurs de sa tournée annoncée dans les quartiers populaires au printemps 2026.

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