Immigration : Édouard Philippe, en visite à Mayotte, tape du poing sur la table

Publié par Matthieu Chauvin
le 21/08/2026
Edouard Philippe
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En déplacement à Mayotte ce 21 août 2026, Édouard Philippe a dévoilé un programme migratoire d'une fermeté inédite pour la présidentielle 2027.

Le candidat du parti Horizons veut répondre à l'urgence de l'archipel par des annonces retentissantes. Entre suspension des droits fondamentaux et refonte des institutions, l'ancien Premier ministre affiche son intention de transformer en profondeur la gestion migratoire outre-mer. Ce positionnement illustre un tournant stratégique majeur dans sa campagne.

Un programme de rupture assumé face à la crise migratoire

Édouard Philippe, suivi dans un reportage du JT de TF1, propose "l'interruption, pendant la durée du prochain quinquennat, de l'ensemble des demandes d'asile qui pourraient être formulées sur le territoire", comme celles "liées au regroupement familial" a-t-il affirmé ce 21 août 2026, assumant une position d'autorité inédite.

Le candidat préconise un renforcement massif de la surveillance maritime pour intercepter les embarcations clandestines, les kwassa-kwassa. Pour traiter ces flux, il suggère l'ouverture d'un centre de retour situé en Afrique de l'Est. Ce mécanisme d'externalisation permettrait de renvoyer les migrants interceptés avant leur arrivée sur le sol français. "Mayotte est l'un des plus jeunes départements de France, l'un des départements qui est le plus confronté à des difficultés considérables" a-t-il déclaré à nos confrères.

Le maire du Havre souhaite aussi supprimer purement et simplement le droit du sol sur l'île. Cette décision irait plus loin que les restrictions introduites par la loi du 10 septembre 2018, qui exigeait la présence régulière d'un parent depuis trois mois. Selon lui, cette abrogation totale reste indispensable pour neutraliser l'attractivité du territoire face à la pression venue des Comores.

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Les enjeux politiques et le défi constitutionnel

En adoptant cette ligne stricte, l'ancien locataire de Matignon cherche à saturer l'espace politique entre la majorité présidentielle et le Rassemblement National. Il tente d'imposer sa crédibilité sur la question migratoire, un sujet d'attention fort pour l'électorat de droite. Mais ils s'en est défendu lorsqu'on lui a suggéré un éventuel calcul électoral : "Je mets au défi quiconque de venir à Mayotte et de ne pas parler de l'immigration."

La mise en œuvre de telles propositions se heurte toutefois au droit en vigueur. Édouard Philippe appelle à réviser l'article 73 de la Constitution pour instaurer une différenciation législative absolue à Mayotte. Cette modification permettrait de suspendre localement l'application des traités internationaux, comme le droit d'asile, sans s'exposer à la censure du Conseil constitutionnel. Il appelle ainsi à "adapter notre dispositif juridique" plutôt que de "revenir sur les grands principes de la République", toujours sur TF1.

Ce durcissement sécuritaire s'appuie sur le diagnostic d'une crise sociale profonde. D'après les chiffres de l'Insee, près de 50 % de la population résidant sur l'île ne possède pas la nationalité française. Les écoles, les maternités et les hôpitaux frôlent la saturation totale. "La situation est telle qu'il faut assumer des mesures qui ne sont pas de droit commun", a déclaré le candidat d'Horizons. Le cadre actuel semble, à ses yeux, incapable d'endiguer la dégradation des conditions de vie des habitants.

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