Le travail des ministres passé au crible. Agacé par le manque de visibilité de sa politique sur le terrain, le chef de l'Etat a menacé les membres du gouvernement d'un remaniement.
Emmanuel Macron furieux : la violente soufflante qu’il a passé à ses ministresAFP
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"J’aurais pu changer tout le monde autour de la table". Le ton est donné. Lors du séminaire gouvernemental du 11 septembre dernier, Emmanuel Macron a fait virulemment savoir à certains de ses ministres qu’il n’était pas satisfait de leur travail, révèle Le Figaro.

I l suit en effet scrupuleusement l’avancée de leurs dossiers et réformes clés via une application mobile, nommée "tableau de bord de la transformation publique". Insatisfait et impatient d’obtenir des résultats, le président de la République s’est irrité à huis clos.

"Si vous ne changez pas, je vous change ! Vous avez deux mois pour donner du sens à ce que vous faites, le communiquer et suivre l’exécution des réformes".

Une application pour remédier au manque de suivi de ses ministres

"Le message est passé avec netteté et clarté", souligne avec un léger sourire une secrétaire d’État. "Le président de la République et le Premier ministre veulent voir où on en est des changements dans la vie quotidienne des Français. La réforme doit arriver sur la table de salon de Mme Michu", précise-t-elle.

Si l’application n’est pas accessible au public, l’outil interne de suivi, mis en place pour pallier les lacunes des ministres, a également été décliné sur un site Internet, à destination des Français.

Les remontrances ont aussi déferlé ce lundi 16 septembre au soir, dans les jardins du ministère des Relations avec le Parlement. Lors de son intervention, Emmanuel Macron est revenu sur le projet de loi bioéthique, "texte de tous les dangers". Il a également rappelé les "quatre priorités de l’agenda de réalisation : le travail, l’écologie, les retraites et le régalien", note le quotidien.

Immigration, crise : le chef de l’Etat fait la morale aux membres du gouvernement

Quant au débat sur l’immigration au Parlement, le locataire de l’Élysée entend en "dépasser les clivages et les tabous". "Si nous ne le regardons pas en face, nous le subirons", a-t-il prévenu. Il appelle également à ne pas être un "parti bourgeois" sur cette thématique en affirmant que "les bourgeois n’ont pas de problème avec cela : ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec".

Le président de la République revient également sur les tensions qui se sont créées ces derniers mois : "Nous sortons d’une crise politique, sociale, profonde. Les vents ne sont pas de face, mais de traverse. Il faut être précautionneux. Les inquiétudes sont là. Si nous avons tenu bon, nous devons nous garder de toute forme d’arrogance et d’une prudence qui nous conduirait à l’immobilisme. "

"Ce qui est mortel en politique, c’est la division"

Discordes, schismes… Les élections municipales sont aussi au cœur des remontrances. "Quand certains disent que les commissions d’investiture sont illégitimes, ils oublient qu’ils en sont issus. Ce qui est mortel en politique, c’est la division. Je sais les tensions qu’il y a. Vous êtes nés d’un dégagisme qui a construit son propre dégagisme", a pointé Emmanuel Macron.

Il rappelle d’ailleurs, non sans fermeté, que le seul adversaire doit rester le Rassemblement national : "Vous n’avez qu’un opposant sur le terrain: le Front national. Il faut confirmer cette opposition car ce sont les Français qui l’ont choisie. "

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