Léa Seydoux : ses révélations sur le harcèlement moral subi sur un tournage

Publié par Julien Pinardi
le 20/05/2026
Léa Seydoux
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© Maréchal Aurore/ABACA
Treize ans après la Palme d’or pour "La Vie d’Adèle", Léa Seydoux, présente au Festival de Cannes, est revenue ce mercredi 20 mai 2026 sur le harcèlement moral subi sur le tournage.

En pleine effervescence cannoise, l'actrice revient avec force sur la genèse de l'œuvre qui a propulsé sa carrière internationale. Si ce drame romantique a marqué l'histoire du septième art par son intensité, il a également laissé des cicatrices profondes chez ses interprètes principales. 

Un témoignage choc en plein Festival de Cannes

Présente sur la Croisette pour défendre ses nouveaux projets, notamment les films "L'Inconnue" et "Gentle Monster", Léa Seydoux a profité de la lumière médiatique du festival pour revenir sur une étape charnière de sa vie personnelle et professionnelle. Treize ans après le sacre du film d'Abdellatif Kechiche, la comédienne lève le voile et qualifie désormais très ouvertement les méthodes du réalisateur. "C'était une manipulation… Un harcèlement moral. C'est extrêmement dur de tourner avec des metteurs en scène qui sont manipulateurs", confiait-elle sans détour au micro de Brut ce 19 mai 2026.

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"La Vie d’Adèle" : les coulisses d'un tournage traumatisant

Derrière la reconnaissance internationale et cette Palme d'or historique décernée exceptionnellement au réalisateur ainsi qu'aux deux actrices principales en 2013, se cachait une ambiance de plateau délétère. La star française évoque une pression psychologique constante et des méthodes de direction usantes. La gêne ressentie lors de certaines prises de vue intimes reste vive dans sa mémoire.

"Parfois, il y a des regards qui vous mettent mal à l'aise", précise-t-elle à Brut. Prise au piège de ses obligations légales, l'actrice souligne la difficulté de s'extraire de cette dynamique : "À partir du moment où on signe un contrat et qu'on est engagé on ne peut pas le quitter."

De la victime à la femme d'influence : son combat pour le droit de regard

Fortement marquée par cette épreuve, Léa Seydoux a radicalement modifié sa façon d'aborder son métier et ses rôles. Elle exige depuis des clauses de nudité strictes pour s'assurer une protection contractuelle systématique sur tous ses plateaux. Malgré la dureté du système décrit, elle refuse catégoriquement d'endosser le statut de proie.

"C'est un monde misogyne [...] Je ne suis jamais la victime", déclare-t-elle dans les colonnes de Madame Figaro. Faisant preuve de recul face à cette situation, elle maintient une certaine ambivalence artistique concernant le cinéaste, reconnaissant auprès de Brut que "c'est aussi quelqu'un qui a énormément de talent et c'est un grand directeur d'acteur."

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Un cri d'alarme sur l'industrie du cinéma

Ce témoignage tranchant dépasse le simple cadre de son expérience personnelle pour cibler un sexisme systémique bien ancré. La comédienne dénonce les attentes disproportionnées qui pèsent sur les femmes devant la caméra, en comparaison avec leurs homologues masculins. "C'est parce que ce qu'on demande aux actrices. On leur demande d'être sensibles, fragiles, désirables", analyse-t-elle de façon pragmatique pour Madame Figaro. Ces révélations relancent frontalement le débat sur les limites de la direction d'acteur et l'impératif de respecter l'intimité des comédiens lors de la mise en boîte de scènes à caractère sexuel.

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